Chapitre final 37T
ruineux impedimenta, serait un grand gain à tous égards.
Au reste, sur ce sujet souvent discuté, nous partageons les vues exprimées par le lieutenantcolonel belge Vandewelde dans des pages qui, bien qu'un peu absolues en quelques passages, sont en somme frappées au coin d'une grande justesse ; aussi croyons-nous utile d'en reproduire ici les extraits ci-après :
L'idée de supprimer les forteresses-frontières pour concentrer la défense artificielle autour du centre de puissance de l'état, est une conception nouvelle ou plutôt démontrée à nouveau par la rapidité avec laquelle les dernières invasions ont eu lieu ('),., i
Autrefois, avant d'entrer en campagne, on était obligé d'établir de grands dépôts sur la frontière de l'état qu'on avait l'intention d'envahir. L'établissement de ces dépôts demandait du temps, dévoilait le& projets et retardait les opérations, ce qui permettait au défenseur de prendre ses mesures en conséquence.
Aujourd'hui, à l'aide de la vapeur, on peut non seulement réunir promptement une armée, mais aussi l'alimenter au jour le jour, et, par conséquent, entrer en campagne sans avoir rassemblé des approvisionnements sur la frontière de l'état qu'on veut attaquer^
(*) Rappelons notre note de la page 349 ci-dessus.
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et môme l'envahir sans établir de grands dépôts, des bases passagères.
C'est en opérant ainsi que les Prussiens ont obtenu, dans les deux dernières guerres, leurs succès inouïs.
A la suite d'un rapide résumé des guerres dès Louis XIV à 1871, l'auteur de la Défense des % états à polygone concentré (*) conclut comme
; suit :
V La multiplicité des voies ordinaires et les chemins
ï de fer sont venus donner un si facile accès à Tinva-
i \ sion et une si grande mobilité aux armées, que les
;> forteresses-frontières, et môme les grandes positions
; • fortifiées, situées dans l'intérieur du pays, en dehors
des grandes directions stratégiques, n'ont plus aucune
• valeur quant et la défense générale d'un pays
Les dernières guerres ont dévoilé deux choses dont on doit sérieusement tenir compte : que la vapeur permet d'alimenter les armées au jour le jour, même en pays ennemi, et que, par conséquent, pour Voffen- ^ sive comme pour la défensive^ on peut se passer de
places de dépôt sur la frontière; et aussi, que rétablissement de ces dépôts en première ligne, expose Télat à être immédiatement privé de ses ressources militaires, comme l'a été la France en août 1870, après avoir ^r perdu ses places de la frontière de l'Est.
I? Les places servant de grands dépôts ne présentant
ï O Bruxelles 1873. Une broch. in-8«, pages 7, 14, «0.