‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 49 sur 63 · Chapitre final · texte numérisé non relu

Chapitre final

Plus haut, nous avons dévoilé les causes multiples qui ont rendu le blocus de Paris possible ; or il arrivera rarement que le foyer de la défense d'un état se trouvera investi dans d'aussi fâcheuses conditions que l'a été Paris, après les nombreux désastres que les armées françaises avaient subis dans les Vosges, sur la Moselle et sur la Meuse.

Pour défendre Paris, on n'avait que des armées improvisées, peu propres à tenir la campagne, et elles étaient commandées par des généraux que les revers avaient rendus trop circonspects pour entreprendre des opérations sérieuses.

Pendant cette longue lutte, plus glorieuse qu'utile, on s'est borné, conformément aux préceptes établis pour la défense des places, à faire des sorties qui ne devaient amener d'autres résultats que de grossir le nombre des morts et des blessés et d'affaiblir continuellement le moral des chefs et des troupes.

Pour s'opposer à Tinvestissement d'une grande position fortifiée, on commence par abandonner tous les préceptes prescrits pour la défense des places ordinaires :

Au lieu de se borner à prendre des dispositions pour opposer une défense passive (pied à pied), on se prépare surtout pour une défense active ;

Au lieu de détruire les ponts qui se trouvent dans la position ou sous le feu de son canon (comme cela s'est fait à Metz et à Paris), on en construit de nouveaux, afin de pouvoir porter promptement l'armée d'une rive à l'autre ; ^

392 Chapitre final

Au lieu de couvrir la position d'inondations (comme à Anvers), on enlève tous les obstacles qui pourraient servir à l'assaillant, pour couvrir une partie de sa contrevallation ou à paralyser l'offensive du défenseur;

Au lieu de loger l'armée chez les habitants, on la campe entre Tenceinte et la ceinture des forts, toujours prête à prendre les armes et à se mettre en campagne ;

Au lieu de faire des sorties, qui éveillent dans l'esprit de la troupe Vidée démoralisante d'un prompt retour vers la ville, on entre franchement en campagne; on perce la ligne de contrevallation , on là prend ensuite à revers, on pivote ainsi autour du camp, et, avec ses forces réunies, on combat successivement les fraclions isolées de l'ennemi.

Une armée, de 80 à 100 mille hommes, renfermée dans un camp retranché bien conditionné, loin de s'y laisser bloquer, battra, si son chef est habile et entreprenant, celui qui tentera de l'y enfermer.

Voilà les préceptes qui doivent prévaloir dans te tracé et dans la défense des grandes positions fortifiées.

Les vues ci-dessus de l'officier supérieur belge étant dûment enregistrées comme utile complément au Chapitre VI du Précis, passons aa Chapitre suivant.

Le Chapitre VII du Précis, traite, on le sait^

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