‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 51 sur 63 · Chapitre final Wî · texte numérisé non relu

Chapitre final Wî

ment paraît bien autrement importante ; il n'est pas douteux que la supériorité des fusils d'infanterie, plus que toute autre cause, peut exercer une influence morale sur la masse de^^ fantassins qui, par son nombre, constitue en définitive la principale force de l'armée. On verra des régiments d'infanterie se ruer sur une batterie de canons, rayés ou non rayés, sans même faire usage de leurs fusils, si ce n'est pour la bayonnette ; mais si l'un de ces régiments était lancé, avec de mauvaises armes, contre un régiment qui aurait douze mille balles à lui envoyer par minute, il n'y retournerait pas deux fois, ou il le ferait mollement, en sorte que toute impulsion deviendrait difficile.

» Sans doute les modifications de l'armement exigeront aussi quelques modifications de tactique, non pas dans les principes et le but des grandes manœuvres , qui restent immuables , mais dans la manière de les mettre à exécution; vérités dont les batailles de Gitschin et de Sadowa ont donné de nouvelles preuves.

» Quoiqu'il en soit, il ne faudrait pas s'exagérer l'importance d'un fin tir à la cible et lui attribuer de l'influence sur les batailles, en dehors de quelques cas exceptionnels.

» Aucun militaire expérimenté ne saurait

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admettre que des troupes formées en lignesdéployées ou en colonnes , engagées avec l'ennemi, s'amusent à viser un adversaire, comme on vise le noir d'une cible ; elles n'en auraient pas le temps ni le sang-froid voulu, soit à , . / qu'elles exécutent des feux de bataillon, de pelo-

(jl^e^ (v c ^^y* j.Qj^ Q^ ^3 billebaude. D'ailleurs, cela n'est point fi^i^y^''^^ ^ nécessaire , vu qu'une ligne ou une colonne Va^ ^ ennemie présente une surface assez considé-

rable pour ne pas exiger la précision du tir à la cible.

» Sans prétendre en revenir au temps où les généraux ordonnaient aux troupes d'emporter les positions ennemies sans tirer un coup de fusil, on peut croire que le tir à la cible ne fera jamais gagner des batailles. Les Autrichiens auraient eu 30 mille habiles tireurs Tyroliens à Sadowa, qu'ils n'en auraient pas moins été battus, du moment où l'extrême droite de leur ligne se trouva assaillie et débordée par une armée entière. Ce sont de pareilles manœuvres qui sont les plus sûres causes de la victoire. ^ » En définitive, ce tir à la cible étant avanta-

geux et donnant en même temps au soldat confiance en son arme et une récréation agréable, on ne peut qu'y applaudir, sans le con-

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