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Chapitre final

sidérer comme une cause de supériorité décisive (*). »

Il faut dire en outre que le général Jomini est le premier à reconnaître qu'en certains cas par* ticuliers le tir d'adroits et vaillants carabiniers peut rendre d'immenses services, directement ou indirectement.

A cet égard, l'histoire de la défense de l'Aar contre l'armée de l'archiduc Charles, racontée par l'auteur du Précis dans ses Guerres de la Révolution, est hautement probante. Elle est de plus fort honorable pour les deux compagnies de carabiniers zurichois qui y eurent le premier rôle.

Le 16 août 1799, l'archiduc Charles d'Autriche, voulant passer l'Aar, près de Dôttingen, avec son armée, ordonna la construction de deux ponts de pontons, dans la nuit du 16 au 17. Un fort brouillard favorisait ce projet, d'ailleurs assez mal étudié quant aux ancrages.

Il n'y avait de l'autre côté de l'Aar, à Petit- Dôttingen, que deux compagnies de carabiniers zurichois et, plus en arrière, un peu d'infanterie française.

(*) Brochure de 1866 citée, pages 12-14.

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Vers 10 heures du matin, le brouillard se dissipa. Aussitôt les pontonniers autrichiens commencèrent à tomber sous les balles des carabiniers de Zurich, cachés derrière quelques murailles en ruines.

Les Autrichiens dirigèrent vainement le feu de plusieurs batteries de gros calibre sur la place où se tenaient les carabiniers. Après la perte de presque tous ses pontonniers, l'armée autrichienne était forcée d'abandonner son projet.

Le meilleur tireur, qui abattait son homme coup sur coup, était le jeune sergent-major d'une des compagnies, nommé Brândli, plus tard colonel fédéral. Il tirait avec plusieurs carabines, que ses camarades ne faisaient que charger.

« Ainsi quelques centaines de bons tireurs, ^> favorisés par le hasard, firent avorter une des » opérations les mieux combinées de cette guerre » et la République recueillit autant de fruit de » leur intrépidité que du gain d'une bataille (*). »

Un exemple également frappant, quoique d'autre genre, des éminents services que peut rendre une sûre balle de carabine est celui du tirailleur tenessien qui, au matin du i^^ juillet 1863, près

(*) Jomini, Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution. Tome 12-. Lirre XV, Chap. XC, pages 87-91.

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