Sanacherib, 647. Sarac ou Chinaladan
Ces princes, réduits d'abord à Ninive, à son territoire et à une fkibla partie de la Médie, hors d'état d'attaquer encore Babylone et les Mèdes, cherchent à réparer leurs pertes en subjuguant les royaumes plus faibles de Syrie, d'Israël et de Juda, qui, par leurs rivalités et leurs guerres continuelles, offrent l'occasion de s'immiscer dans leurs affaires. La Syrie était partagée alors en trois petits États, Damas, Gessur et Hamath. Teglath-Phalasar envahit Damas et Geseur en 755 et 752; Sanacherib et Asar-Haddon incorporèrent Hamath à'ieur empire en 712 et 680. Salmanasar s'unit aux Cypriotes et aux cités maritimes de la Phônicie pour tenter la conquête de Tyr ; mais il échoua au siège de cette ville. Le royaume d'Israël fut démembré, d'abord par Teglath-Phalasar, qui s'empara du pays de Galaad, de la Galilée et du territoire de Nephtali, 742. Samarie fut prise, et son roi Osée emmené
. (1) On (rowe leurs noms dans le Canon aa^onomique de Ptolémée; les roici : Nabanasar, Nadius, Ghozirus , PÔrus, Ilalaius, Mardokeropadus, Arkeanus , B^libus, Aphro- MdittS , RigebelaB , tfosesi-Mot daka».
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en captivité, par Salmanasar, 718. Malgré une révolte postérieure, le royaume d'Israël ou des dix tribus fut dès lors acquis aux souverains de Ninive, qui transportèrent sa population à l'orient du Tigre, et la remplacèrent par un mélange de divers peuples. Ils préludèrent par des spoliations à des attaques plus sérieuses contre le royaume de Juda., Teglath-Phalasar, imploré par Achas, exigea de lui une somme énorme, lé soumit au tribut, et lui enleva, avec le port d'Elath, le commerce de l'Afrique et de l'Inde, 755. Sanacherib prit à Ezéchias toutes ses places fortes, excepté Jérusalem. *De la Judée soumise, il marcha contre l'Egypte : les rois d'Egypte et d'Ethiopie, Séthos et Thamra, le combattirent, et il perdit toute son armée dans la suite de cette expédition, 707. Ces circonstances permirent aux Juifs de se relever; mais Asar-Haddon vainquit Manassès, l'emmena captif, et réduisit le royaume de Juda à un état voisin de la sujétion.
Cet accroissement de force inspira aux rois de Ninive ou d'Assyrie l'idée de replacer sous leurs lois Babylone et la Médie , naguèr^détachées de leur empire, et de lui rendre ses anciennes hmites et son ancienne splendeur. La vingt-septième année de son règne, 680, Asar-Haddon s'empara de Bal)ylone, et la réunit avec son territoire à l'Assyrie. Saosduchéus, ou Nabuchodonosor I, poursuivit d^abord le cours des prospérités de son prédécesseur. L'an 655, il vainquit et détruisit dans les plaines de Ragau l'armée des Mèdes , tua leur roi Phraorte de sa main, et prit Ecbatane. Avant de s'être affermi en Médie, il tourna ses armes contre l'occident, résolu à tout dompter jusqu'à la Méditerranée et à attaquer ensuite l'Egypte. Son général Holopherne dévasta» les royaumes de Tyr, de Sidon, de Syrie, et répandit au loin l'épouvante.
Mais il trouva sa perte devant Béthulie : les peuples subjugués se révoltèrent alors; Saosduchéus perdit toutes ses conquêtes, fut vaincu par Cyaxare, roi des Mèdes, et assiégé jusque dans Ninive. La décadence de l'empire continua sous Sarac ou Chinaladan , qui se rendit méprisable par sa mollesse, et laissa sans opposition les Scythes ravager ses États. Tous les voisins de Ninive, attaqués ou dépouillés par elle depuis cent ans, se réunirent, les uns pour conjurer par sa destruction les craintes qu'elle leur avait inspirées, les autres pour briser son joug, tous pour se venger. Nabopolassar, gouverneur de Babylone pour Sarac, engagea les peuples de son gouvernement à se révolter contre ce prince, s'allia d'abord avec les Scythes, ensuite avec le roi des Mèdes Cyaxare I et avec son fils Astyage, prit Ninive, la détruisit.
BABYLONB ET I<{1NIVE. 69
et força Sarac à se donner ia mort, 623. Cette catastrophe mit fin au royaume de Ninive ou d'Assyrie proprement dit; mais les Babyloniens héritèrent de ce dernier nom, et le perpétuèrent encore pendant près d'un siècle. '
§ V. •— Histoire des empires de Bahylone et de JVinive réunis , jusqu'à la conquête de Cyrus,
Nabopolassar l réunit les deux empires de Ninive et de Babylonè, et fixe le siège du gouvernement dans cette dernière ville. Il est vaincu par Néchao, roi d'Egypte, perd Carchémis ou Circésium, et plusieurs autres villes. Enhardies par son malheur, la Syrie et la Palestine, qui de la domination ninivite étaient passées sous la sienne, secouent son joug, 607. Il abandonne le gouvernement à son fils Nabopolassar II, lequel lui succède deux ans plus tard.
605-562. Nabopolassar II y Nabuchodonosor //.—Il met à exécution tous les projets des rois ninivites, dont il tient le sceptre. Il bat Néchao à Circésium, s'empare deux fois de Jérusalem, ruine cette ville, emmène les Juifs en captivité, se rend maître de Tyr après un siège de onze ans, 572, et, pendant la durée du siège, soumet les Sidoniens, les Ammonites, les Moabites, les Iduméens. Il entre en Egypte et la parcourt en vainqueur : la peste l'en chasse"; mais il n'en sort qu'après avoir enlevé d'immenses richesses qu'il emploie à agrandir et à embellir Bahylone. Vers*la fin de sa vie, il tombe dans une noire mélancolie et dans une espèce de folie qui ne lui permettent plus de gouverner. Pendant les sept années que dure ce mal, la reine Nitocris administre l'Assyrie.
La grandeur de l'empire chaldéo-babylonien finit avec Nabuchodonosor. Chacun de ses indignes successeurs ajoute à l'affaiblissement de l'empire, jusqu'à ce qu'il tombe au pouvoir des Perses. En mourant, Nabuchodonosor laissait deux fils, Évilmerodacet Labynit. Évilmeradae lui succède, 562-560, exerce un odieux despotisme, et est assassiné par des conjurés la troisième année de son règne. La couronne sort alors pour quelque temps de la famille de Nabuchodonosor. Nenglissor^ 560-555, en vient à une rupture avec les Mèdes; il est vaincu et tué dans une bataille contre Cyrus. Laborosoarchod , 555, est assassiné, au bout de quelques mois, par un parti attaché à la famille de Nabuchodonosor. Cette faction défère la couronne à Labynit ou Nabonid , second fils de Nabuchodonosor, 554. Labynit se souille de honteux
70 PRÉCIS DB L'HUTOIRS AlfCIBKNE.
0Keè8, entre dans une ligue formée par les Lydiéud et \m tg^tlens (Montre les Mëdes et les Perses, et domine à Babylone juêciu'à la pHâe dé <^tte ville par Gyrus» en 538» A< P.