CHAPITRE V
Notionfl «ur le0 ABâyri^nB et les Babyloniens.
I. Gouvernement. ■— Chez les Assyriens, la royauté était absolue, le gouvernement despotique, et par suite aussi funeste aux peuples qu'une monarchie tempérée leur aurait été avantageuse. Non-seulement leâ sujets ne possédaient aucuns droits politiques, mais ils n'étaient pas même assurés de la jouissance de leurs droits comme hommes, de la liberté de leurs personnes et de la sûreté de leurs propriétés : c'est ce que prouvent, entre beaucoup d'autres, les exemples de Qobrias et Gadatas. En Assyrie, comme en Egypte, on avait essayé de mettre un frein au despotisme, par la religion et par les institutions religieuseà r les prêtres, sans cesse consultés paç les princes, exerçaient une puissante influence ; mais, comme en Egypte, ce frein était souvent impuissant. ^
II. Mêligion. -* La religion des Assyriens, conforme en plusieurs points à celle des Égyptiens primitifs, consistait principalement dan* le culte de la nature en général, et des astres en particulier. Us avaient personnifié, soit la nature, soit ses divers attributs et ses forces. Ils appelaient sa puissance productrice Mylitta ( Vénus), et à l'exemple de la plupart des peuples orientaux, à l'exemple des habitants de Cypre, d*Amathonte, de Paphos, de Phénicie, d'Egypte, de Sicca-Venerîa, ôolonie phénicienne, ils lui rendaient un culte dont découlaient de monstrueux excès, une dissolution de mœurs effrénée. Ils adoraient ùannés comme dieu immatériel, comme organisateur intellectuel? et le Soleil^ qu'ils appelaient Bel ou Baal , comme organisateur et viviflcateur de la matière. Après le soleil venaient, dans l'ordre de leurs divinités, les planètes Man^ Vénus ^ Mercure^ Saturne, Jupiter, auxquelles les prêtres chaldéens prétendaient qu'un dieu suprême avait délégué le Soin de gouverner le monde. Le soleil et les planètes avaient â leur tour, sous leur commandement, cinq étoiles subalterûeé ehargéeô d'entretenir les
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rapports entre le ciel et les honunes. Pour rapprocher d*eux ces dieux inférieurs, les prêtres avaient inventé des talismans, sur lesquels la figure des étoiles était représentée en petit. Selon eux, ces images participaient, au moyen de certaines cérémonies, à la puissance des dieui, dont elles étaient la représentation. L'adoration des astres conduisit les Assyriens aux erreurs de Tastrologie judiciaire, à Topinion qu*on pouvait prédire à un homme sa destinée future, par l'inspection des astreè èôus lesquels il était né. Les éclipses, les tremblements de terre, les apparitions de comètes étaient aussi pour les empires, les rois, les particuliers, des présages heureux ou funestes, que les prêtres chaldéens se chargeaient d'interpréter. Le complément de la rehgion des Assyriens se trouve dans les hommages qu'ils rendaient aux héros ou demi-dieux, parmi lesquels ils rangèrent plusieurs de leurs rois. Nemrod et Belus obtinrent les premiers cet honneur, et leurs noms et surnoms indiquent qu'on les regardait comme fils du soleil, ou que même, par la suite des temps, on les confondit avec le soleil (Bel ou Baal).
IIL Sciences^ arU, industrie^ ûommerce. — L'observation continueDe des astres , favorisée par le climat et par Inexistence de la tour de Babel, conduisit de bonne heure les Chaldéens à inventer l'astronomie. A une époqije inconnue, mais très-reculée, ils trouvèrent Tannée solaire de trois cent soixante-cinq jouré; ils y ajoutèrent même les cinq heures et ^ les^minutes de surplus. Alexandre envoya à Aristote un registre d'observations astronomiques non interrompues, lesquelles remontaient, dit-on, à une antiquité de dix-neuf cent trois années. La médecine, encore dans son enfance, s'essaya, chez les Assyriens, par des expériences dont un homme de génie devait former plus tard un système. On exposait les malades à la vue des passants, pour s'informer de ces derniers s'ils n'avaient pas été attaqués d'un mal pareil, et pour apprendre par quels remèdes ils s'en étaient délivrés. Ceux qui guérissaieftt plaçaient, dans le temple du dieu de la médecine, un tableau otï ils indiquaient les remèdes auxquels ils devaient la santé. Hippocrate fit transcrire ces observations et en profita. Les Assyriens réussirent mc&pe dans les arts d'utihté et d'agrément, et n'ont été surpassés en ce genre que par les Grecs. La musique ne leur fut pas inconnue, puisque, dans le butin fait par Cyrus, il est fait mention de deux musiciennes. La tour de Babel, les palais, les fortifications, les ponts, les quais, les jardins suspendus de Babylone et de Ninive, attestent leurs progrès dans l'architecture. Comme chez les Égyptiens, leurs monuments étaient gigantesques, preuve certaine qu'une population tout entière employait
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, des millions de bras obéissants à les élever, sur le premier ordre d'un madtre suprême, qui, par la nature du gouvernement, ne rencontrait pas d'obstacles insurmontables dans ses projets de constructions. Comme les Égyptiens aussi , les Assyriens restèrent étrangers à la légèreté et à l'élégance des formes ; leur architecture n'a pas plus consacré d'ordre à part, que leur musique n'a établi de mode. Dès l'antiquité la plus reculée , ils possédèrent l'art : 1« de tisser les laines et de les rehausser par des filets d'or; 2° de battre l'or et de dorer les métaux et le bais ; 5<» de jeter en fonte l'airain, l'argent, l'or, et de former des figures où l'on trouvait une parfaite imitation de la nature; 4" de sculpter le bois, la pierre, le marbre ; 5* d'appliquer la peinture sur le bois et la pierre. Le commerce actif que faisaient les Babyloniens par le Tigre et l'Euphrate leur permettait d'échanger les produits excédants de leur sol fertile et de leurs manufactures contre les denrées dont ils manquaient, et qu'ils demandaient aux habitants des provinces voisines ou aux étrangers. Tandis qu'on ne trouvait dans les autres parties de l'empire assyrien que des bourgades et un petit nombre de villes sans industrie, sans commerce, l'Assyrie proprement dite et la Babylonie eurent des cités immenses, fortifiées avec un "soin particuher; une population nombreuse, livrée aux échanges, aux travaux industriels, à la culture des arts et des sciences; parce que la sûreté, les besoins, les plaiSrs du monarque et de sa cour, auxquels tout se rapportait, le demandaient ainsi.
IV. Coutumes et mœurs. — La polygamie était permise. Les plus belles filles étaient, dit-on, vendues à l'enchère, et le prix qui en>provenait distribué, comme dot, à ceux qui voulaient épouser les autre?. Les femmes de Babylone jouissaient d'une entière hberté. Cette circonstance, jointe au culte honteux de Mylitta, avait corrompu leurs mœurs d'nne manière dégradante. Les funérailles, en Assyrie, n'avaient aucune ressemblance avec celles des Égyptiens ni des Grecs; tandis que les premiers embaumaient les corps, et que les seconds les brûlaient, les Assyriens les livraient à la terre. ' A. P.
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