CHAPITRE Vm
•Histoire des royaumes de Syrie, de Troie et de Lydie, depuis leui" formation jusqu'à leur destruction par les Assyriens , les Grecs et les Perses.
S ï. Royaume de Syrie»
On ne trouve , dans la collection des Mémoires de TAcadémte royale des inscriptions et belles-lettres, aucune dissertation critique sur ThiStOire de raseiéd royaume de Syrie. Cette contrée est restée presque inconnue aux modernes , qui n'ont eu , pour Tétudier , que des documents incomplets puisés dans Jotèphe , dans les Livres saints et dans les fragments de Nicolas de Damas ^ recueillis par Valois (1). On sait cependant qu'il n'a pas existé de nation plus ancienne que
(i) Voyez Joséphe, Histoire des Juifs, à partir da livre VU; les quatre livres des Rois dans Vancien Testament, et le recueil dans lequel Henri de VàIoîs a fonda les frafCDentsde Kicolai d6 Dândàft atéè ceat â« ^ael^ties écrivains t Utmrpta $» éoHw"
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les âyrieosi piiiMîàl]» sent les premiers qui aient habité la Syrie après le délu|{e. Mm Josèphe, ce furent les enfants de Gham qui occupèrent la Syrie et tous iea pays qui s'étendent depuis TÀmanus et le Liban jusqu'au golfe Arabique et à la mer Erythrée, Ils sont nommés Syriens ou Araméens par Strahon et dans la chronique â^Eusèbe (1). Plutarque nous fait connaître une tradition mythologique qui leur donnait pour fondateur Syru$ , fils d'Apollon et de la nymphe Syn(ïpe (2).
Il parait certain que les tSyriens ont été gouvernés dans Torigine par des 6hèf« Ils famille auxquels eâ à donné le titre de n^s , et qu'ils ont conservé eett# formé de geuvemement jusqu'au temps de Saûl , 1080. Quelques villes , comme Gabaon et Damas, paraissent avoir adopté , dans an temps incertain, un gouvernement démocratique I malgré l'exemple des peuples voisins soumis à des monarchies. Cette diversité de gouvernements fut une des causes de leur faiblesse et de leur facile conquête par les Assyriens*
On ne connaît ni les lois ni l'ancienne religion des Syriens. On sait que dans deS temps postérieurs, 876, ils déifièrent Ben-Hadad //, un de leurs plus grands rœs. Lorsque la nation fut conquise par Thëglath-Phalassar, 733, elle perdit, avec son indépendance , la religion qu'elle avait conservée , et elle adopta les eroyances et les usages de ses vainqueurs.
L« plus riohe et le plus «célèbre des temples syrien! était à Hiérapolis; il fui pillé par Grasstts lors de son expédition contre left Parthœ.
Le caractère de» Syriens parait avoir été le même à toutes les époques de leur histoire $ ils n'ont montré que par intervalles cette énergie qui constitue les nations et assure leur durée : amollis par les richesses dont leur pays abondait, et par les douceurs de la vie qu'elles leur procuraient, ils furent rarement capables de résister aux attaques des ennemis qui les environnaient. On rapporte d'eux un usage qui nous apprend avec quelle faiblesse ils supportaient les chagrins domestiques. Lorsqu'ils avaient perdu leurs proches , ils se dérobaient à la lumière, et se cacliaient pendant Sept jours dans des antres profonds , qu*ils remplissaient de leurs cris plaintifs.
Il n'y a pas eu peutrétre en Asie de peuple qui ait plus ftâeienliement établi deâ relations oommercialo» avec l'Inde. I/Euphrate les mettait en rapport avec les tr^us qui habitaient sur les rites oriontales de M fl«uve. Par le port d'Élath, àffaX un de leurs rois se rendit maître , ils étendirent leur commerce vers les parties méridionales de l'Arabie , de l'Ethiopie et de rA&ique$ mais cette prospérité ne fut que passagère. Après l'avoir perdue» ils continuèrent à être, sans profit
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UmeU Constantini AuQwiini Pwrphyrogenetm ^ gr. lat, 1646, in-4o. Les auteurs de I^istoire universelle, et Des Yignoles, dans sa Gtironologie de l'Histoire sainte, nous ont été d'uB grand seeoarfl poaf répandre qnelqae lamière sur les faits de l'iiistoite de Syrie.
(1) Strabon, Géographie , liv. XIIL Eusebii Pampliili Ckrùmcorum Cmonum libri duo, liber prier, cap. 16.
<a) Platarque, Vie de Lueuitue, S 33.
lit PRÉCIS DS l'hISTOIBB AlfCISNlfE.
pour eux, les dépositaires des richesses de l'Asie que les Assyriens et les Phéniciens se partagèrent , les premiers par la conquête,' les seconds par la supériorité de leur industrie.
La Syrie comprenait une vaste étendue de pays, et touchait à l'Euphrate, au mont Taurus , à la Méditerranée , à la Phénicie , à la Palestine et à l'Arabie déserte. Dans son acception la plus étendue, elle ne comprenait pas seulement les provinces en deçà de FEupbrate, mais aussi la Mésopotamie et la Babylonie , ainsi que TAfisyrie proprement dite. Les auteurs grecs et romains confondent souvent la Syrie avec TAssyrie. La Syrie, d'après les limites que Ton doit lui assigner, était divisée en quatre principaux royaumes, qui sont ceux de Sobah ou de Sophène , de Damas ^ d'Hamath ou d'Emèse, et de Geseur. Ces quatre royaumes furent conquis, en grande partie, par les Israélites, aux temps de David et de Salomon; mais, après leur mort, le royaume de Gessur se releva, pour tomber ensuite sous la domination des Assyriens.
lo Royaume de Sobah. — Nohob est le premier roi connu de Sophène. Il est vraisemblable que, dans le onzième siècle avant J.-C., tout le pays fut réuni sous l'autorité d'un seul roi, et que ce roi fut Rohob, contemporain de Saûl. Hadar-Ézer, son fils et son successeur, eut l'ambition de régner seul sur toute la Syrie; mais ayant été vaincu dans deux batailles par David , il lui abandonna les richesses de ses villes les plus opulentes et une partie de son territoire (1). Il essaya quelques années après de réparer sa défaite, en s'alliant aux peuples qui habitaient au delà de l'Eupbrate. Plus malheureux encore dans cette tentative que dans la première, il perdit quarante mille hommes, avec le général qui les commandait, se reconnut tributaire de David, et fut le dernier roi de Sobah (2) , 1030. ^
2*» Royaume de Damas. — Rezom , d'abord allié d'Hadar-Ézer, l'abandonna lorsqu'il le vit ôaiis l'adversité, et fonda le royaume de Damas sur les ruines de celui de Sophène. Il sut faire tourner à son profit la faiblesse de Salomon, et se rendre redoutable aux sujets de ce monarque. Hezion , Labremon et Ben-Hadad /w régnèrent après lui. Ben-Hadad II, 900-^76, le plus célèbre de ces princes, fit la guerre aux Israélites et assiégea Samarie avec une nombreuse armée. Il était suivi de trente-deux rois chargés d'inspecter ses chariots et ses machines
(1) Joséplie, Hittoire des Juifs , liv. VIT, chap. 5.
(2) DeuseiéJM Uwre des Boit, chap. 8.