ROYAUME DE SYRIE. HZ
de guerre; mais ses préparatifs immenses ne servirent qu*à rendre sa défaite plus honteuse. Plus occupé de ses plaisirs que des travaux du siège, il fut surpris par Achab, et son armée mise en pleine déroute. L'année suivante, il mit sur pied des troupes encore plus nombreuses, dans l'espoir de détruire Samarie. Une bataille livrée entre les deux princes coûta cent mille hommes à Ben-Hadad. Vingt-sept mille qui avaient survécu ftirent écrasés sous les murs d'Aphec, où ils avaient cherché un asile (1). BenrHadad, pour calmer le courroux d'Achab, se reconnut son tributaire, et promit de faire jouir les Israélites, dans Damas, des mêmes privilèges qui leur étaient assurés dans Samarie. L'alliance entre les deux peuples ne ftit pas de longue durée : Achab , pour punir la révolte des Syriens, s'unit à Josaphat, roi deJuda. Les rois d'Israël et de Juda , trompés par de faux prophètes, en vinrent aux mains, près de Ramoth de Galaad, avec les Syriens : Achab y perdit la vie , et Ben-Hadad affranchit son peuple du joug auquel il était soumis depuis le siège de Samarie , 888. Sa vieillesse fut attristée par de grands revers qu'il essuya en attaquant de nouveau les Israélites. Il périt de la main d'Hazaël, un de ses officiers, qui s'empara du trône de Damas, 876» BeDhHadad II avait , par l'éclat de son règne, tellement excité l'admiration de ses sujets, qu'ils le mirent au rang de leurs principales divinités. Son meurtrier Hazaël se fit facilement pardonner le crime qui l'avait élevé au rang suprême ; après sa mort , il reçut les honneurs divins, et sa statue , comme celle de Ben-Hadad II , était encore l'objet de la vénération des Syriens du temps de l'historien Josèphe (2). Le règne d'Hazaël avait été rempli de guerres continuelles qu'il eut à soutenir contre les rois de Juda et d'Israël. Il avait fait des conquêtes au delà du Jourdain, s'était rendu maître des tribus de Ruben et de Gad, et avait saccagé Jérusalem sans s'être laissé désarmer par les riches présents que lui avait offerts le roi Joas. Le port d'Élath , sur la mer Rouge , dont il s'était emparé, fut une de ses conquêtes les plus importantes. Après Hazaël , le trône fut occupé par son fils Ben-Hadad III, i833 , qui , dans les premières années de son règne , laissa déchoir la Syrie du degré de puissance oti elle était parvenue. Joas et Jéroboam H reprirent la supériorité sur ce prince, et l'assujettirent à leur payer un tribut. Les Syriens de Damas respirèrent pendant les troubles qui ensanglantèrent Israël après la mort de Jéroboam U ; mais ils ne purent reconquérir leur indé-
(0 Troisième Livre des iloti , chap. 20.
(2) Joséphe, Histoire des Juifs, Ht. IX, chap. U. Quatrième livre de* Rois, chap. 8,
ili PRÉCIS BK l'hISTOIRB ANCI£l(|nî.
pendance : Mazin fut leur dernier roi. Le royaume de Damas succomba BOUS les efforts réunis d'Achass , roi d'Israël, et de Théglath-Phalassar, 732, Élatii conserva la colonie syrienne qui avait été établie dans ses murs par Razin; on la retrouve longtemps après la destruction du royaume de Syrie.
5" Moya^me 4$ Mamath au d*Émé$e. — Las rois de Hamaih ne sont presque pas connus dans Thistoire; il est môme impossible de déterminer le lieu où leur oapitato était située. On regarde Tohi comme le premier roi de Hamatb ; son refus de reconnaître la suprématie d'Hadar- £zer Texposa aux attaques de ce prince. Tohi tnxrva un proteeteur dans David , à qui il fit offrir de magnifiques présents par son fils Jeram (1). Joram, qui fut vraisemblablement son successeur, consentit à payer un tribut aux rois de Jérusalem. Lorsque le royaume de Damas s'éleva, les Hamathiens subirent une nouvelle domination; plus tard ils furent soumis par Sanachérib et Assarhaddon, arrachés à leur patrie, et transportés dans les villes du royaume d'Israël (2), 713, 680.
4* Boyaume de Gesâur. — Les princes de Gessur paraissent avoir eu beaucoup moina de puissance que les autres rois de Syrie : on ne doit ks considérer que comme des eheis de tribus, incapables, à cause du peu d'étendue de leur territoire, de se soustraire à la domination des rois de Jérusalem ou de Damas. Josèphe ne leur donne pas le titre de rois , et dit seulement qu'ils étaient une des principales familles du pays où ils étaient établis. Dans l'Écriture, Tholmai est appelé roi de Gessur. Il donna asile à Absalon, qui s'était éloigné de la cour de son père David, après avoir donné la mort à Ammon (3). Gessur, comme les autres contrées de la Syrie, subit tous les changements de maître auxquels eUes furent succe^ivement exposées, et passa en dernier lieu sous la domination des Assyriens » 753.
g IL — JiQyQmi!^ di Troie.
La guerre de Trcrie est généralement regardée 0&mme la première époque des lempi historiques de la Grèce. Les événements qni la précèdent appaittoanent anx tenais héroïques de eette contrée. Ce n'est guère qu'après lamine du royaume de Priam que Ton commence à accueillir avec quelque con^nce tes traiditioDs fV(i nous sont pstrvenues sur ces temps reculés. Nous devons cependant faire oh*
(t) Deuxième Livre det Boit^ chap. 8.
(2) Quatrième Livre des Bois, chap. 17,
(3) Josèphe , Histoire des Juifs, liv. VU, chap. 8. Dêuxiim$ Litf d&i hHs , ebap. 3 : iiMlofi , /IJiMi Maêeha fUiœ Tholmai regii Gessur.
ROYACMB m taoïB. ils
fmyet que ks ëoriTaiDs de l'antiquité nous ont traosmia sur ce grand événement les notions les plus contraires. Après les avoir comparées , on s'aperçoit qu'il est diificile d'en former un ensemble complet , et Ton est amené k conclure qu'il n'y a de certain que les hostilités des Grecs contre les Troyens. Homère est la plus grave -autorité pour cette guerre mémorable : cependant il n'a pas été suivi par un grand nombrjB d'écrivains , dont nous avons conservé les ouvrages , ou au moins quelques fragments. Hérodote (1), Platon (2) , Stésichore (3), Philostrate (4), et beaucoup d'autres , diffèrent en plusieurs points du récit d'Homère. Ils ne croient pas qu'Héitoe ait été jamais à Troie. Le témoignage d'Héi^ete est d'autant plus curieux que eet historien, grand admirateur d'Homère, le justifie de ne pas avoir dit qu'Hélène fut reteaue en Egypte pendant toute la guerre de Troie , parce que la vérité eût été moins favorable à. l'épopée que la fiction (6). Dion Chrysostôme, qui vivait du temps de Trajan , s'éloigne davantage encore de la tradition généralement admise. H affirme (6) qu'Hélène, du consentement de Tyndare, son père, de CastOT et Pollux , ses frères, épousa Alexandre Paris , fils de Priam , et que ce lut cette préférence, donnée à un prince étranger sur des prétendants grecs, qui irrita ces derniers et leur fit prendre les armes contre les Troyens. La politique n'aurait pas été étrangère à cette guerre : Priam , par le mariage de son fils avec une princesse lacédémonienne , s'était ouvert une entrée dans le midi du Péloponèse; il pouvait envahir la Grèce , se rendre maître de la mer. Les princes grecs , réunis d'abord par la crainte , furent excités par le désir de se prémunir contre les attaques de Priam, et ensuite par le désir de s'emparer de ses richesses. Ce fut cette double considération qui aurait donné lieu à la confédération des princes de la Grèce contre les Troyens.
Des contradictions non moins frappantes se sont élevées sur le résultat de la guerre. Hellanicus (7), historien antérieur à Hérodote, racontait que l'ancienne Ville d'Ilium était la même que celle qui subsistait de son temps. Les Troyens , nou& apprend Strabon, soutenaient que leur ville n'avait jamais été détruite (8). Il est vrai que ce savant géographe n'adopte pas cette assertion qui flattait 1^ vanité d'un peuple déchu de sa grandeur. Le même Dion Chrysostôme la soutient de la manière la plus formelle; il affirme que les Troyens furent constamment vainqueurs de leurs ennemis, qu'Hector donna la mort à Achille et à Ajax ; qu'il incendia leur flotte , qu'il imposa aux Grecs un tribut, et que ces derniers, pour expier l'injustice de leur attaque, offrirent un cheval.de bois à Pallas de Troie. Leméii» auteur, à l'appui de cette oplnicm qu'il nous semble impossible d'admettre, met en parallèle le sort des Grecs et celui des Troyens. Il oppose aux Gmcs dépouillés de leurs trônes, dispersés sur des mers inconnues , et ressemblant plutôt à des vaincus qu'à des vainqueuss, les chefs des Troyens , Énée et Hector,
(1) Hérodote, Kv. U, cbap. ti3 etsuiv. ^ (2) Plalonis de MeptêbHcd, lib. IX, p. 788 M. Fieino, Praiicorarti , 1603, foi. ^ (3) Ëjasdera Phtedrut, p. 12I9. — (4) PhitostrAli 4t 9Ud ApolHnii Thuamêii tib« W. — (5) Héfodoie, liv. 11 , ciiap. il 9. — (6) Dionis Clirywstoini oraiio XI, — (T) Strabon, Géographie, liv. XUl, S 37. — (8) Strabon, iM.
il6 PRÉCIS DE l'hISTOIRK ANCIENNE.
paisibles possesseurs de la Troade après la guerre , et transmettant leurs royaumes à leurs descendants.
Nous sommes loin de regarder comme incontestables les faits isolés qui nous sont fournis par quelques auteurs de l'antiquité ; il faudrait, si l'on adoptait leur opinion , raconter la guerre de Troie de manière à contredire toutes les idées reçues,. Tel n'a pu être notre but : nous avons seulement voulu avertir qu'il y avait une grande diversité dans les témoignages historiques sur les causes et le résultat de l'expédition des Grecs contre les Troyens , et que la critique peut s'exercer utilement sur une époque que l'on regarde avec raison comme la limite entre les temps héroïques et les temps historiques de la Grèce. Cependant , dans le peu que nous avons à dire sur le royaume de Troie , nous nous attacherons au récit d'Homère et de Diodore de Sicile, qui Ta suivi (i).
L'origine du royaume de Troie, comme celle de la plupart des peuples de l'antiquité, se perd dans la nuit des temps, et est environnée de traditions fabuleuses. Dardanus, le premier roi de Troie, est regardé pai* la fable comme fds de Jupiter : il avait vu le jour dans l'île de Samothrace. Ayant abandonné sa patrie, à cause de la moil de son frère Jason , il s'établit sur les côtes de l'Asie Mineure , dans la Petite Phrygie, où régnait Teucer, dont il épousa la fille Battée. Après la mort de Teucer, Dardanus régna sur toute la contrée à laquelle il donna son nom , construisit un palais dans le lieu occupé plus tard par la ville de Troie, et fonda la colonie des-Dardaniens dans la Thrace. Son successeur Erichthonius transmit la couronne à Tros , qui donna son noçi à ses sujets, appelés depuis Troyens. /lus , fils de ce dernier, fut le fondateur de la citadelle d'Ilium , et père de Laomédon , qui régnait à Troie lors de l'expédition des Argonautes. L'infidélité de Laomédon envers Hercule causa sa perte. Le héros grec , ayant équipé une escadre de six vaisseaux, surprit la capitale de son royaume, et immola à sa vengeance Laomédon et tous ses enfants, à l'exception de Priam, qu'il mit sur le trône. La prise de Troie par Hercule, 1334*, arriva soixante-quatre ans avant sa destruction par Agamemnon.
Priam succéda à Laomédon, n'étant pas encore sorti de l'enfance. Les traditions conservées par les poètes, et qui sont presque les seules
(i) Diodore de Sicile, Histoire univenelle , liv. lY, § 30. Voyez aussi Des Vignoles , Chronologie de V Histoire sainte, tome 11 , liv. Vl, chap. 5, et l'extrait d'un Mémoire de Barigny sur la différence des traditions sur Hélène et sur la guerre de Troie, imprimé dans le 29* volume des Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. On peut en outre consulter le 5« volume de la même collection, page 53 ; le tome 6, page 425, le tome i4, page 40i, et le 2« tome de la notice des luanuscrits de la Bîblioibéque du Roi, page 231.
ftOTACHE DB LYDIE. iil
qui nous soient arrivées sur ces temps reculés, attribuent à ce prince une grande puissance. Il serait difficile d'assigner les limites de son royaume, et même les rapports qu'eurent les Troyens avec les divers États de l'Asie. Pendant le siège de leur ville ils reçoivent des secours des Assyriens, commandés par Teutamus,, que les poètes disent fils de l'Aurore,, et des Lydiens, qui paraissent avoir été tributaires du royaume de Troie. L'expédition d'Hercule avait laissé des semences de haine entre les Troyens et les Grecs. Alexandre ou Paris, l'un des fils de Priâm, étant passé en Grèce, viola l'hospitalité qu*il avait reçue à la cour de Ménélas, roi d'une partie du Péloponèse, enleva son épouse Hélène, fille de Tyndare, et la conduisit à Troie, contre laquelle il souleva, par cet outrage ou par cette vengeance, tous les rois du continent et des îles de la Grèce. Agamemnon, roi de Mycènes, fut choisi pour chef d'une expédition dont les préparatifs durèrent dix ans.
La guerre de Troie, chantée par Homère, est l'événement le plus important des temps héroïques. Cette ville fut détruite de fond en comble par les Grecs, 1270, après un siège de dix ans. Les Troyens qui survécurent à la ruine de leur patrie furent réduits en esclavage par les vainqueurs. Quelques débris de ce peuple restèrent en Asie, et formèrent, sous les princes de la branche d'Assaracus, frère d'Ilus, un petit état qui subsista encore quelque temps.
S UL — JRoyaume de Lyéh.
Le royaume de Lydie fut pendant plusieurs siècles l'un des plus puissants de l'Asie Mineure. Fondé à une époque fort ancienne, mais qu'il est impossible de préciser, il embrassa successivement tous les pays qui s'étendaient depuis la mer Egée jusqu'au fleuve Halys, qui le bornait à l'orient. LesCiliciens et les Lyciens avaient échappé à la domination des rois de Lydie. L'histoire de ces princes est fort obscure ; elle présente des faits évidemment fabuleux , qu'une critique sévère ne peut pas admettre. Josèphe (i) prétend que Lud, un des enfants de Sem, a jeté les premiers fondements du royaume de Lydie; Eusèbe adopte cette origine (2) qui est combattue par quelques critiques. Ils se fondent sur le témoignage de plusieurs historiens de l'antiquité, qui tous affirment que , dans les premiers temps, la Lydie était appelée Maeonie, du nom de Mseon, son premier roi, et que ce fut Lydus, fils d'Atys, qui donna
(1) Biitoire de* Juifi^ Ht. I, chap. 6.
(2) Ettsebii Csiariensit Chronici par$ priori p. no. Veneliis, 1813.
lis PRÉCIS INB L*HISTOIRE AKCI£NNE.
à cette contrée le nom sous lequel elle fut désignée dans la suite. Homère et Strabon regardent les Maeoniens et les Lydiens comme une seule nation. Hérodote, qu'il faut toujours consulter quand il est question de l'origine des anciens peuples, dit aussi que Lydus donna son nom au peuple sur lequel il régna, et qui, avant lui, était appelé Msonienâ (1). Un historien de Lydie, Xanthus, cité par plusieurs écrivains, et entre autres par Denys d'Halicarnasse (2), donne pour premier roi aux Lydiens Manès, qu'il dit fils de Jupiter. Dans le langage des anciens, le commencement des temps historiques est présenté comme le commencement du genre humain ; quand ils ignorent l'histoire des temps reculés d'une contrée, ils la placent, pendant ces mêmes temps, sous la domination des dieux. Le premier homme qu'ils font apparaître comme leur suecesseur est nécessairement fils de quelque divinité.
Un point sur lequel la critique moderne est d'accord avec les historiens de l'antiquité, c'est que trois dynasties ont successivement occupé le trône de Lydie depuis son origine jusqu'à Crésus, qui en ftit le dernier roi. La durée du règne des rois de cette dynastie a donné lieu à des discussions dont la plupart sont insolubles « parce que nous ma&quons de renseignements positifs, et que ceux qui nous sont parvenus se combattent et détruisent ainsi la certitude historique que l'on voudrait en vain établir pour cette contrée importante de l'Asie Mineure.
Dynastie des Atyades , 1579-1219. — Manès ^ que Fréret(3) croit être le même que Maeon, est le premier roi de Lydie; on lui attribue ia fondation de la ville de Manésiuni, et l'établissement du culte de la mère des dieux , à laquelle on donnait aussi le nom de Cyèéle , ^'^géistis , etc. Cotys, Alys et Lydus ont succédé à ce prince, et ont régné, les uns après les autres, pendant l'espace .de cent ans environ. Sous le règne d'Atys, la Lydie fut affligée pendant dix-huit ans d'une grande famine. Pour se distraire des maux qui les accablaient, les Lydiens inventèrent les dés , les osselets , la balle et plusieurs autres sortes de jeux. Ils jouaient alternativement un jour entier pour tromper la faim qui les pressait. Le lendemain, ils mangeaient au lieu de jouer. Mais la famine ne faisant qu'empirer, Atys divisa ses sujets en deux classes, et les fit tirer att sort pour savoir celle qui devait rester en Lydie, et celle qui devait aller chercher ailleurs sa subsistance. Son fils Tyrrhénus se mita la tête de
(1) Hérodote , liv. I, chap. 7.— (2) Denys d'Halicarnasse, ÂniiqvkUéi romainet, lir, I.
(3) Recherches sur la chronologie de l'histoire de Lydie , par Fréret, Mémoires de rAcadémie des inscriptions et belles-lettres , tome S. Voir dans le même Yolatne un Mémoire de Tabbé Sévin, sur fAtilotre de lyéie.
ftOtiUftS DE lYDtË. m
rêÉnigratîDâ» et conduisit la colonie dans cette contrée de lltedie qui depuis fut appelée Tyrrhénie (4). Après Atys, on trouve L^âuà, qui fit des conquêtes en Syrie; ffermon onAdramys ; Jlcymuà, dont le règne fit jouir ses sujets des douceurs d'une paii inaltéraile; Camblite , qui se perça de son épée, en présence de ses sujets, de désespoir d'avoir donné la mort à sa femme; et Tmolus, qiie Ses violences sacrilèges firent exécrer des Lydiens, et qui mourut, jeté Sur deà pieux par un taureau ftirieux. Théocli/mêHe, /ordim»^, la t-eine Omphule et Pyîéihênè, sont les derniers des Atyades qui aient occupé lé trône de Lydie. Sous le règne d'Ompbate, Hercule, vendu comme esclave, parut à lacotlr de cette princesse. La valeur qu'il déploya contre les Cercopes, lirigands qui désolaient le royaume, attira sur lui l'attention d'Omphale. Le héros grec passa trois aiis auprès de la reine de Lydie ; il en eut uîl fils , nOmmé Agélaûs ou Lamon par les historiens, et que quelques-uns d'entre eux ont regardé comme la tige des Mermnades. Les Héraclides, qui Sont restés pendant einq cents ans les maîtres de la Lydie , tiraient leur origine d'un autre fils, fruit des amours d'Hercule Avec une esclave d'Omphale nommée Malis.
Dynciêtie des fféradideSy 1219-708. — On ignore par quelle révolution les Atyades furent précipités du trône sur lequel Montèrent les Héraclides. Il est vraisemblable que la chute du royaume de Priam, qui était maître d'une grande partie de l'Asie Mineure, donna lieu à l'affranchissement de plusieurs États et de plusieurs villes. Les Atyades virent leur puissance s'affaihUr ; il se forrtia contre eux des conjurations qu'ils n'eurent pas la force de réprimer, Argon^ ou J^rùfif à la faveur des guerres qui déchirèrent presque tous les états de l'Asie Mineure, et des oracles qui légitimaient son ambition, s'empara du trône, et fut le chef d'jme dynastie qui, pendant cinq cent cinq ans, fut en possession du royaume de Lydie. L'histoif e a conservé le souvenir de l'avènement et de lamine de la dynastie' des Héraclides; elle a marqué leur durée; mais elle ne nous a transmis aucun événement important qui les concerne, et nous ne savons que les noms des quatre derniers rois de cette famille, Ardys, ffalyatte, Mélès et Candaule,
Dynastie des Mermnades^ 708-547. — Gygès, berger des troupeaux de Candaule^ parvient à la couronne en donnant la mort à son roi. H fait la guerre aux habitants de Smyrne et de Milet, s'empare de Colophon et subjugue la Troade : il règne trente-huit ans. Sous les règnes
(1) Hérodote, liv. I, chap. 94.
iâû PRfiCIS |>s l'histoirb akcobnnb.
à'jirdys^ 670-^21, eXde Sadyatte, 621-610, la guerre est contint contre les Milésieos, qui perdent Priène.
610. — HalyaUe soutient une guerre sanglante, qui dure six ans, contre Cyaxare, roi de Médie. Pendant que de part et d'autre on combat avec acharnement, une éclipse (1) de soleil change tout à coup le jour en une nuit profonde, 601, 20 septembre. Les deux peuples, effrayés d'un phénomène qui leur est inconnu, mettent bas les armes et concluent la paix. Les Scythes, ^i avaient envahi l'Asie, et qu'Halyatte avait reçus dans son royaume, en sont chassés par ce prince. Il attaque ensuite les Milésiens, et cherche à les réduire par la famine.
559. — Crésas , fils et successeur d'Halyatte, réunit à ses états la plus grande partie de l'Asie Mineure. Ses richesses étaient immenses, et sa cour le rendez-vous des sages et des savants de la Grèce. Les conquêtes de Cyrus à l'orient, la réunion des états de Médie et de Perse, font trembler Crésus pour la possession de ses états , et le rendent l'auxiliaire du roi d'Assyrie. Crésus est vaincu dans une première action par les Perses. Poursuivi par Cyrus, il est atteint sous les murs de Sardes, et perd la bataille de Thymbrée, la couronne et la liberté, 547. La Lydie entière est conquise par les Perses, et devient une des plus importantes provinces de leur monarchie. G.