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CHAPITRE IX

Histoire des Mèdes et des Perses depuis Arbacès jusqu'à la mort de Cyrus ,

La chronologie d'Ussérius a considérablement abrégé la durée de l'empire des Mèdes. Dans le système qu'il a adopté, il a voulu concilier le récit de Ctésiasavec celui d'Hérodote ; mais il a confondu les noms de quelques rois, a changé la durée de leur règne , et a rendu ainsi inadmissible sa chronologie sur cette partie de l'histoire. Eusèbe , s'étayant de l'autorité de Diodore de SicUe , a présenté une suite de rois différente de celle que l'on trouve dans Usçérius ; la chronologie d'Ëusèbe n'est pas sans quelques difficultés. Plusieurs critiques, frappés des dilTérences qui existent dans les catalogues de ces rois , les ont discutées avec beaucoup de sagacité. Des Yignoles s'est livré à un examen approfondi de cette partie de l'histoire ; il nous a convaincus qu'après Arbacès, qui est généralement regardé

(0 BUe «Tait été prédite par Thaïes de Milet.

royàumb des kèdbs; ctrus. 121

comme le premier roi des Mèdes , il fallait placer cinq princes qni régnent successivement avant Déjocès. Mais en suivant le système qui nous parait démontré par Des Yignoles, il faut clianger la chronologie du premier empire d*Âssyne : ce n'est plus en 759 que Sardanapale est renversé du trône; Fempire d'Assyrie finit à une époque plus reculée*

En adoptant le canon chronologique de Des Yignoles , nous renverserions la chronologie que nous avons suivie , et qui est généralement adoptée pour l'empire des Assyriens ; il faudrait nous livrer à une discussion compliquée sur la différence des noms des rois et sur la durée de leur règne, et examiner l'opinion d'Eusèbe , qui, le premier, avait essayé de jeter quelque lumière sur des temps fort obscurcis par les récits incomplets des anciens historiens. Un tel travail nous semble contraire au but que nous nous sommes proposé. Une semblable dissertation trouverait mieux sa place dans un écrit séparé que dans un ouvrage destiné à l'enseignement élémentaire de l'histoire. Il doit nous suffire d'avertir que la chronologie que nous suivons présente évidemment une lacune sur les premiers temps de la monarchie des Mèdes, et que la destruction du royaume de Sardanapale devrait être placée dans le neuvième, au lieu de l'être dans le huitième siècle avant l'ère chrétienne (1).

On explique le silence des historiens anciens, et la lacune adoptée par les critiques modernes , par l'absence de faits historiques depuis le règne d'Arbacès jusqu'à celui de Déjocès. On ne peut comparer la stérilité de cette partie de l'histoire qu'à la stérilité de l'histoire d'Assyrie , dans l'intervalle écoulé depuis Ninyas jusqu'à Sardanapale. Des Yignoles, en rétablissant le canon chronologique des rois mèdes, ne propose aucun fait de quelque importance qui se rapporte au règne des cinq rois qui sont omis dans la chronologie d'Ussérius.

Tout le monde sait qu'Hérodote et Xénophon diffèrent beaucoup dans le récit de quelques faits qui appartiennent à l'histoire des Mèdes et des Perses. Dans le premier, Cyrus succède à Astyage, en le dépouillant violemment du trône. Dans le second , Astyage m^rt naturellement, et a pour successeur son fils, Cyaxarell, qui n'est pas nommé par Hérodote. Il est possible cependant de concilier ces deux historiens si opposés, en disant qu'Hérodote a pensé qu'il importait peu à l'intérêt de la vérité et au plan de son ouvrage de faire mention de Cyaxare, dont le règne fut tout entier rempli par les victoires de Cyrus ; que ce dernier , ayant réellement gouverné le royaume du vivant de son oncle, d'après le témoignage de Xénophon lui-même, avait dû paraître le véritable roi à l'historien grec; mais que Xénophon, voulant présenter dans Cyrus le modèle des rois et des guerriers , a dû omettre la spoliation d'Astyage et l'usurpation de son trône, qui auraient dégradé son héros; que les plaintes qu'il prête souvent à Cyaxare contre Cyrus, pour avoir attiré sous ses drapeaux tous les soldats mèdes , attestent suffisamment

(1) Diodore de Sicile, Bùioire universelle , liv. II , S 22. — Hérodote, liv. 1, $ 96 et saiv. —Des Vignoles, Chronologie de Vhiitoire sainte, liv. II, chap. 5. Yoyez, dans la Biograpliie unirerselle, l'article SardanapsUe , fait par M. Saint-Martin. . ,,

122 PRÊas DE l'histoire ÀmËimF.

Tambition du Ûls de Cambyse, et les soins qu'il mit à garder pour lui Tautorlté, et à ne laisser à son oncle que le yain titre de roi. Cyaxare II nous semble avoir régné en Médie, comme les derniers rois mérovingiens ont régné en France pendant la mairie toute-puissante de Charles-Martel*

759. Arhacè$ fut un des cbefs de la révolte q[ui précipita Sardanapale du trône d'Assyrie. Il avait été gouverneur de la Médie pendant le r^^ne de ce prince. Après sa mort, il resta maître indépendant d'une eonlrée qui avait été soumise à son administration. Il ne pÉUalt pas qu'Arbacès ait cherché à établir aucune forme de gouvernement en Médie. Aussi, après lui, cette contrée fut-elle en proie à une extrême licence (i). Les Mèdes, fatigués du gouvernement démocratique, qui produisait chez eux les plus grands désordres, choisirent pour roi Déjocès , juge daas un de leurs cantons, 753. Déjocès s'appliqua à réformer les mœurs des Mèdes, qui vivaient dispersés ou dans des bourgades , se montra exact et sévère dans ses jugements, fonda la ville d'Ecbatane, s'entoura d'une garde nombreuse et se rendit inaccessible àses sujets, afin de leur inspirer plus de respect pour son autorité.

690. Phraortés, fils de Déjocès, fit des conquêtes dans la haute Asie et l'Asie Mineure jusqu'au fleuve Halys; enflé de ses victoires, il attaqua Nabuchodonosor I«% roi d'Assyrie. Mais il ftit vaincu à Ragau, et mis à mort par ce prince. La Médie fut ravagée par les Assyriens, et Ecbatane tomba en leur pouvoir, 655. Cyaxare i«', voulant venger la défaite et la mort de son père , et les ravages de la Médie, déclara la guerre au roi d'Assyrie, le battit, lui enleva toutes ses conquêtes^ et alla mettre le siège devant Ninive. Le cours de ses succès fut tout àeoup suspendu par une irruption de Scythes» partis des PalusrMéôtides< qui envahirent l'Asie du milieu et l'Asie entre les deux mers. Ite restèrent maîtres de la Médie pendant vingt-huit ans. Lorsque Cyaxare les eut chassés de son royaume , en massacrant leurs principaux chefs, il reprit ses projets de vengeance contre les Assyriens , se réunit à NabopOlassar, gouverneur de Babylone qui s'était révolté contre leur roi, et détruisit Ninive de fond en comble, 635. Cyaxare soutint ensuite, de 607 à 601, la guerre contre Alyatte , roi de Lydie. •■

595. Astyage, fils de Cyaxare, lui succéda, après sa mott. Moins belhqueux que ses prédécesseurs, il se contenta de jouir en paix des

(1) C'est pendant cette anarchie qu'il faudrait placer, les règnes successifs de Jfoi»àauce, qui gouverna la Médie pendant cinquante ans, de Sotarm^, trente ans, d'Ârtycas, trente-trois, d'Àrtyat, cinquante, et À'Àrbianes, prédécesseur de Déjocès, yingfcdeux ans. Voir, plus haut, nos observations critiques sur l'histoire des Mèd^s.

ROTÀVIIB DBS XiDlift; GTRIB. i9S

immmifies richesses cpii avaient été le fhiit de leurs conquêtes. Mais son amour de la paix ne le mit pas à Tabri des vicissitudes de la fortune; il vit son pouvoir attaqué par un ennemi redoutable qui avait reçu le jour chez une nation tributaire des Mèdes. Cyrus, fils du Perse Cambyse, dont la naissance et la mort sont environnées de traditions Êibuleuâes , et obscurcies par les récits contradictoires des historiens, se souleva contre Astyoge^ dont il était peut-être le petit-âls paur sa mère Mandane. A la faveur des mécontements qu'il avait préparés dans le royaume et des intellig^ces qu'il avait entretenues avec quelques membres de la famille royale, il envahit la Médie avec une armée ; et, ce qui ne semble pas pouvoir être mis en doute , à travers toutes les incertitudes de l'histoire , il battit Astyage et s'empara de son trône. Mais on ne sait ce que l'on doit croire relativement au traitement qu'il réserva au roi vaincu; s'il le retint dans les fers après sa défaite, ou si, usant de plus de générosité", il ne lui abandonna pas le gouvernement d'une satrapie, afin de rendre par son appui plus prompte et plus durable la soumission de la Médie et des provinces tributaires, 860. Au reste, quelque opinion que l'on adopte sur la destinée d' Astyage, c'est à cette époque qu'il faut fixer la fin de l'empire des Mèdes qui s'était élevé sur les ruines de l'empire des Assyriens, et le commencement de la domination des Perses , à laquelle Cyru» et quelques-uns de ses successeurs ont donné tant d*éclat et d'importance en Asie.

Xénophon est le seul historien qui fasse mention de Cyaxare II comme fiîs et successeur d' Astyage. Il semble bien difficile à la critique d'admettre Texistenee d'un prince que l'on ne trouve dans aucun canon chronologique, et que l'on dirait n'avoir été mis en scène par l'historien de Gyrus, que pour rehausser les vertus de ce prince et pour lui épargner le double crime -d'une révolte ambitieuse et d'une usurpation coupable. Môme en admettant comme historique l'ouvrage que le dis* ciple de Socrate a eu surtout pour but d'opposer à la république de Platon et aux passions turbulentes des cités grecques, on est forcé de reconnaître que Cyaxare II, dans la Cyropédie, ne prend aucune part aux grands événements de cette époque mémorable, et que c'est le génie seul de Cyms qui conduit les guerres, qui rassemble les troupes, qui commande les armées et qui subjugue la plupart des peuples situés du couchant à l'orient, entre la mer Egée jusqu'à l'Indus, et, du midi au nord , depuis les confins de l'Arabie jusqu'à l'Oxus.

La victoire de Cyrus sur Astyage, et le projet qu'il annonça ou qu'on devait naturellement lui prêter de substituer la domination des Perses à

1^ PRÊCia I» I»*UI8T0H|B ÀNOEHIOI.

celle des Mèdes, lui doimèreat pour ennemis tous les peuples qui avaient des démêlés avec les rois d'Ecbatane ou qui voulaient euxmêmes s'agrandir aux dépens de leur empire détruit. Le roi de Babylone, Nériglissor, alarmé de l'ambition de Cyrus, fit des préparatifs de guerre et n'attendit point, pour la commencer, qu'il fût attaqué lui-même dans son propre royaume. Mais, malgré les secours qu'il reçut de quelques nations voisines, intéressées comme les Babyloniens à la ruine de la puissance naissante des Perses, il fut vaincu et tué dans un combat, 555. Sa défaite n'entraîna pas la chute du royaume de Babylone auquel Cyrus ne devait porter les derniers coups qu'après avoir étendu ses conquêtes en Occident.

Crésus, roi de Lydie, qui régnait sur la plupart des nations comprises entre la mer Egée et le fleuve Halys, songeait à s'opposer aux progrès de la domination des Perses. Averti par le double malheur qui avait frappé Astyage et Nériglissor, de l'orage qui allait éclater sur la Lydie, il cherchait à le conjurer, en s'appuyant sur les pépies de l'Asie Mineure et sur les colonies grecques, alliées ou tributaires de sa couronne. Il demandait des secours aux villes de la Grèce; il s'alliait avec Amasis, roi d'Egypte; il envoyait de riches présents aux oracles lesplus célèbres de l'Asie, de la Grèce et de la Libye, et demandait à leurs prêtres des réponses qui pussent le rassurer contre d'anciennes prédictions qui menaçaient les descendants de Gygès. Encouragé par les dispositions de ses alliés et plus encore par un oracle de la Pythie de Delphes, il alla attaquer les. Perses dans la Gappadoce, que les Lydiens avaient déjà essayé de rattacher à leur empire. Mais, par cette imprudente expédition, il provoquait un peuple pauvre, belliqueux, infatigable, qui ne connaissait aucune des commodités de la vie, et il lui offrait, comme encouragement et pour prix de sa victoire, la conquête d'un vaste royaume et des villes les plus opulentes «de l'Asie Mineure* Crésus , au mépris des sages avis qui lui furent donnés par un conseiller fidèle sur les dangers de la guerre contre les Perses, franchit l'Halys avec son armée, et se porta dans la Cappadoce, qui était leur tributaire. Il eut d'abord quelques succès dans la Ptérie. Il s'empara de la capitale de ce pays, réduisit les habitants en esclavage, et remporta une suite de succès faciles jusqu'à l'arrivée de Cyrus. Ce prince, ayant abandonné la guerre qu'il avait commencée contre les Babyloniens, réunit une armée formidable et marcha à la défense de la Cappadoce qu'avaient envahie les Lydiens. En même temps il envoya des émissaires aux Ioniens pour les exciter à secouer le joug auquel les avaient

ROTACIIB DBS HiDES; CTRtS» itt

soumis le roi Alyatte et son successeur. Les Perses et les Lydiens se livrèrent plusieurs combats sur tes bords de THalys ; dans la Ptérie , 11 y eut une action générale, où chaque parti perdit beaucoup de monde. Crésus, étonné de la résistance des Perses, envoya de nouveau des ambassadeurs chez tous ses alliés pour hâter renvoi des secours dont il sentait le besoin dans une lutte aussi redoutable. Il s'efforça d'alarmer la sécurité des Babyloniens , et de leur faire comprendre que leur cause était commune, que leur sialut dépendait de la victoire des Lydiens. Mais il se perdit par la confiance excessive qu'il avait dans les immenses ressources de son empire. Au lieu de mettre son royaume en défense contre le nouveau conquérant de l'Asie, il congédia les troupes étrangères qu'il avait à sa solde et qui s'étaient déjà mesurées contre les Perses , ne croyant pas que Cyrus se sentît assez de force et de courage pour attaquer les Lydiens sur leur propre territoire. A peine ce dernier fut-il informé que Crésus avait dispersé son armée, qu'il passa l'Halys et qu'il marcha vers Sardes avec toutes ses troupes. Crésus , surpris par les Perses , fit cependant bonne contenauace» 11 mena ses troupes au combat, espérant la victoire de la supériorité de sa cavalerie, la meilleure de toutes les nations asiatiques. Cyrus sut, par un habile stratagème, le priver de cet avantage. Il remporta, dans la plaine de Thymbrée, une victoire qui fut décisive contre les Lydiens. La citadelle de Sardes capitula quelques jours après; Crésus fut fait prisonnier; la monarchie des Lydiens fut détruite et passa tout entière sous les lois des Perses, 548. Crésus, que le vainqueur avait d'abt)rd condamné à périr dans les flammes, obtint sa grâce de Cyrus, vécut dans son intimité et l'accompagna dans les guerres que ce prince fit dans la suite aux autres nations de l'Asie. Les Spartiates se préparaient à envoyer des secours aux Lydiens, lorsqu'ils apprirent que la ville de Sardes et le roi lui-même étaient tombés au pouvoir de Cyrus.

Les Lydiens u'eurent pas plutôt été subjugués par les Perses que les Ioniens et les Éoliens envoyèrent à Sardes des ambassadeurs, pour prier Cyrus de les recevoir au nombre de ses sujets, aux mômes conditions qu'ils l'avaient été de Crésus. Cyrus rejeta leur offre et n'accorda son amitié qu'aux habitants de Milet. Les villes de l'Ionie, voyant leur soumission orgueilleusement repoussée, s'assemblèrent au Panionium, sur le promontoire de Mycale, pour concerter un plan de défense commune; elles résolurent unanimement d'envoyer demander du secours à Sparte. De leur côté, la plupart des villes^éoliennes se préparèrent à la guerre, bien résolues à ne pas séparer leur causé de celle des Ioniens,

iâ6 PRÉCIS DE l'BKTOIltB ÉkHCOSam.

Les Spartiates n'envoyèrent point de troupes aux Ioniens; ils crurent les protéger suffisamment, en adressant à Cyrus un décret du sénat qui lui défendait d'attenter à la liberté de leurs villes; mais ce prince reçut leur message avec hauteur et leur répondit que , si les dieux lui accordaient une longue vie, ils auraient plus sujet de s'entretenir de leurs malheurs que de ceux des Ioniens. Au reste , après avoir réglé le gouvernement de la Lydie qu'il donna à un Perse , nommé Tabalus^ il dédaigna de marcher en personne contre les' Grecs d'Asie; il songeait à des conquêtes plus difficiles et plus importantes; à combattre les Babyloniens, lesBactriens, les Saces et les Égyptiens que sa vaste ambition voulait réunir à son empire. Il confia d'abord à Mazarès, et ensuite à Harpage , le soin de subjuguer les villes de l'Ionie et dé l'Éolie. Mazarès réduisit les Priéniens en servitude et ravagea la plaine du Méandre et la Magnésie. Harpage, qui avait aidé Cyrus à s'emparer du trône de Médie, acheva, après la mort de Mazarès» la réduction des colonies grecques qui avaient déjà été soumises à Crésus. Les Phocéens, qu'il attaqua les premiers, s'embarquèrent avec leurs femmes, leurs enfants, les statues de leurs dieux et leurs meubles les plus précieux, et allèrent chercher une autre patrie dans de lointaines contrées. Les Téiens suivirent leur exemple, abandonnèrent leur ville et passèrent en Thrace, où ils bâtirent Abdères. Les autres villes de l'Ionie tentèrent de se défendre contre Harpage qui les vainquit et les soumit pour la seconde fois à un joug étranger. Les Ioniens qui habitaient les îles, craignant un sort pareil à celui qu'Harpage afait fait éprouver à ceux du continent, se rendirent d'eux-mêmes à Cyrus. Les Cariens, les Cauniens, les Lyciens et d'autres peuples reconnurent de gré ou de force les lois des Mèdes.

Pendant qu'Harpage se rendait ainsi maître de l'Asie Mineure, Cyrus subjuguait en personne toutes les nations de l'Asie supérieure. Balthazar, nommé aussi Labyait ou Nabonid , régnait alors sur les Assyriens. La capitale du royaume, qui renfermait un nombre prodigieux d'habitants, était défendue par de hautes murailles, célèbres dans l'antiquité. Le roiLabynit, aveuglé par son orgueil et condamné à périr pour son impiété, continua à se livrer à ses débauches, comme s'il n'eût eu rien à craindre de l'armée des Perses. Cyrus, mettant à profit l'imprudence de ses ennemis, détourna le cours de l'Euphrate, qui traversait Babylone, fit pénétrer, par le lit du fleuve, ses soldats jusque dans l'intérieur de la ville,* et parvint ainsi à s'en rendre maître, 538. Labynit trouva la mort dans le sac de Babylone. Avec lui finit le deuxième

MÈDEÇ Vt PERSES; SUCGBSSEUKS DE CTRUS. 127

^3apire des Assyriens, après avoir duré deux cent vingt et un ans depuis la mort de Sardanapale. Cyrus, maître de la plus puissante domination qui eût encore été élevée en Asie, rendit, en 536, un édit qui permit aux Juifs de retourner à Jérusalem. Il régla ensuite les différentes parties de son gouvernement, institua les postes, et divisa en cent vingt province^ son royaume formé de la Perse et de la Médie, de l'Assyrie, .4e la Syrie, de l'Arabie, delaCappadoce, des deux Phrygies, de la Lydie, de la Carie, de la Phénicie, de la Gilicie, de la Paphlagonie et 4u pays des Myriandyns. Les Saces, la Baçtriaue, l'Inde,' l'île de Cypre et l'Egypte , et d'autres contrées sur la conquête desquelles les historiens ae donnent pas de détails (1) , sont cependant comptées au nombre des provinces de son empire» Cyrus, selon Xénophon , termina les dernières années de sa vie, tout occupé de cette vaste administration et de l'établissement de la religion nouvelle que Zoroastre avait répandue en Orient, Mais Hérodote et Gtésias, au contraire , nous présentent ce prince formant toujours de nouveaux projets de conquêtes, et périssant victime de son insatiable ambition, dans une guerre qu'il avait portée SQit dans le pays des Massagètes, soit dans celui des Derbices, 530.

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