‹ Précis de l'histoire ancienneChapitre 27 sur 103 · GRÈCE; TEMPS PRIMITIFS · texte numérisé non relu

GRÈCE; TEMPS PRIMITIFS

des emprunts à la législation de Minos. Mais , dès le commencement des temps héroïques , les Grecs admirent dans leur droit des gens la répression de la piraterie dont Rhadamanthe avait tracé les premières règles; et le nord de la Grèce , ainsi que la Thrace , furent tirés en partie de la barbarie par des Dactyles Idéens.ou Curetés, qui étaient passés dans la Grèce et dans les îles de la mer Egée. Ces prêtres, qui découvrirent le fer en Crète, savaient extraire les métaux du sein de la terre, les fondre, les forger en armes et en outils. Habiles dans Fagriculture, ils enseignaient à rassembler les animaux errants dans les campagnes et à en former des troupeaux; à élever les abeilles et à extraire le miel de leurs ruches. Enfin on leur attribuait, comme aux Telchines, le pouvoir de commander à la nature par des prestiges et des enchantements ; erreur qui reposait probablement sur leurs connaissances réelles en physique. D'un côté, les Dactyles ou Curetés pénétrèrent dans l'île de Samothrace, initièrent Orphée à leurs mystères et à leurs connaissances, et donnèrent naissance à cette civilisation éphémère qu'on remarque en Thrace. Sur un autre point, on les voit animés d'un prosélytisme politique et religieux tout ensemble, gagner à leurs croyances et à leurs doctrines les Grecs voisins du Parnasse , qui avaient obéi à Deucalion, et qui, sous le nom d'Hellènes, commençaient à jouer en Grèce un rôle important. Dans cette partie de la Grèce ils répandirent leurs arts, en même temps qu'ils devinrent les prédicateurs et les ministres du culte de Jupiter, qu'ils instituèrent à Delphes celui d'Apollon , qu'ils établirent l'oracle et le premier temple de ce dieu.

ÏX. Race, religion, arts y civilisation des Thraces en Grèce, — Vers l'an 1S80, les Thraces, après s'être saisis d'une partie de la Macédoine , entrèrent en Thessalie. Pour les arrêter, Amphictyon , fils de Deucalion, réunit les peuples voisins des Thermopyles dans l'association amphictyonique. Ils surmontèrent plus tard la résistance qu'on leur opposait, et se répandirent en grand nombre dans la Phocide, la Béotie, l'Attique enfin, où Érecbthée, comme nous l'avons vu, eut à les combattre vers ii60. Vaincus en Attique , ils se trouvèrent dans l'impuissance de donner la loi aux habitants , et furent contraints de reconnaître la suprématie d'Athènes; mais ils demeurèrent établis à Eleusis, dont ils s'étaient emparés, aussi bien que dans les divers pays qu'ils avaient traversés. Au temps de la guerre des Épigones , ceux fixés en Béotie s'étant unis aux Pélasges, chassèrent de THèbes , pour près d'un siècle, tous les Phéniciens descendants de la colonie de Cadmus. Slrabon, qui fournit ces détails, a résumé lui-môme en ces termes les divj?.rs établis-

sements des Thraces. « Les Thraces, dit-il, occupent encore une partie » de la Macédoine et de la Tliessalie ; et ils étaient autrefois eu très- » grand nombre dans TAttique , dans la Daulide, dans la Béotie et dans » le pays desLocriens. » (Strab. VIIl, p. 588; IX, p. 615.) Par suite des temps, tous ces Thraces se fondirent avec les peuples chez lesquels ils s'étaient établis.

Ils introduisirent dans le culte des Grecs plusieurs rites particuliers en usage parmi eux. Quand ils envahirent l'Attique, au temps d'Érechthée, déjà formés par les leçons et l'exemple des Dactyles ou Curetés, ils étaient parvenus à un haut degré de culture politique. Sur leur route, deux de leurs chefs, le premier Orphée et Linus, civilisent quelques cantons où n'avaient pas encore pénétré les inventions et les lois des Égyptiens et des Phéniciens, enseignent à ces barbares l'usage d'une nourriture meilleure , et les arrachent peut-être à l'anthropophagie. Us font cesser parmi tous les Grecs les vengeances sanguinaires et l'état de guerre continuelle qui en était la suite. Ils adoucissent leurs mœurs en introduisant parmi eux la musique et la poésie , arts auxquels ils étaient demeurés jusqu'alors complètement étrangers. Eumolpus, autre chef thrace, publie les poésies de son père Musée, et institue les mystères d'Eleusis, où l'on conservait à la fois les secrets de l'agriculture, la notion d'un|Dieu suprême et unique, et où l'on faisait reconnaître aux initiés les avantages de la vie morale.

X. Race et établissements des Hellènes. — Les traditions plaçaient dans la Scythie et aux environs du Caucase le séjour et la domination de Japet et de Prométhée , dont elles faisaient descendre Deucalion, Mais elles ont été tellement défigurées parla mythologie, qu'on ne peut décider si Deucalion descendait immédiatement ou après un grand nombre de générations de Japet et de Prométhée; s'il vint des contrées septentrionales en Grèce , ou s'il était seulement originaire du nord. Les premiers renseignements fournis par l'histoire le montrent régnant en Lycorie, près du mont Parnasse, vers Tan 1655, tandis que Cécrops gouvernait l'Attique. Plus tard Deucalion , s'étant mis à la tête de Curetés et de Lélèges, peuples nommés dans la suite iEtoliens et Locriens, entra en Hsemonie (Thessalie), et s'empara d'une partie.de la Phthiotide. Cette conquête, faite sur les Pélasges, contraignit plusieurs tribus de ce peuple à émigrer dans diverses contrées. Mais les Pélasges conservèrent longtemps encore la partie orientale de la Phthiotide , où [se trouvait Argos Pélasgique (Larisse Crémaste). De plus, les sujets de Deucalion s'unirent avec ceux des vaincus qui voulurent rester dans le pays,

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