CHAPITRE XVII
Colonies grecques dans TAsie Mineure, le nord du Pont-Euxin.
Les colonies grecques doivent leur origine à la proscription dont une partie de la population de la Grèce européenne fut frappée à trois époques différentes , lors de la conquête des Thessaliens et des Doriens» pendant le règne de Toligarchie, et aa temps des tyrannies. — L'histoire des colonies grecques est en grande partie celle des premières relations commerciales des hommes. Elle forme aussi une partie de i'histoire des gouyemements de l'antiquité et de la civilisation , parce que les colons grecs la répandirent partout où ils pénétrèrent , sur les côtes de TEurope, de l'Asie et de l'Afrique; parce que ces colonies, au nombre de plusieurs centaines, se donnèrent une foule de constitutions particulières, et mirent nécessairement en circulation une masse énorme d'idées et de combinaisons por litiques (1).
Colonie Molienne, 1189. — Un grand nombre d'iEoliens, chassés de THaernonie par suite de la conquête des Thessaliens, s'étaient réfugiés dans la Béotie. C'est de ce dernier pays, etdu portd'Aulis, qu'ils partent pour se rendre en Asie Mineure. Sous la conduite de cinq princes pélopides, Penthilus 1189, Échélatus 1174, Graïs 1151, Cléoûs et Malaûs 1120, ils vont dans l'Asie Mineure occuper une partie des côtes de la Mysie et de la Carie, et les îles de Lesbos, de Ténédos, d'Hécatonèse. Sur le continent, ils bâtissent douze villes, dont Cyrae, Smyme, Magnésie, sont les principales; dans l'île de Lesbos, ils. fondent Mitylène et Métymne. Mais, par suite des établissements postérieurs des Ioniens et desDoriens, ils perdent les villes d'Halicamasse, de Magnésie, de Smyme; le pays, appelé de leur nom ^Eolie, ne s'étend plus sur le continent que depuis le fleuve Herraus jusqu'à Cyzique.
Colonie Ionienne y 1130. — Les Ioniens, chassés de l'^Egialus par les Achéens, séjournent environ cinquante ans dans l'Attique. Après ce temps, une partie d'entre eux prend pour chefs Nélée et d'autres fils de
(1) Voyez pour ces deux chap. Barthélémy, Voyage d'Anach., c. 72. Gillies , c. 3, 6, 7. Larcber, t. VJI, p. 415 et suiv. Lévesque, Études de THist. anc, t. V. H.nccreii , Manuel d'Hist. anc, p. i60 et suiv. M. Raoul Rochelle , t. III, p. 71 et suiv.