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CHAPITRE XVIII

Colonies des Grecs dans ieg UeB de Chypre et de Crète, d^ns les Cydades et i'Eubée , dans la Sicile et la Grande Grèce , dans la Gaule , l'Espagne et l'Afrique.

§ I. — Colonies des Grecs dans les îles de Chypre et de Crète^ dans les Cyclades et I'Eubée,

Chypre. — Depuis la fondation de Salamine par Teucer jusqu'à l'an 717, Chypre continue d'obéir aux Tyriens. Ace^te dernière époque, les habitants de Citium s'affranchissent et affranchissent l'île entière- Chypre conserve d'étroites relations avec les Tyriens et les Phéniciens, mais elle n'est plus dans leur dépendance. Neuf petits royaumes, en y comprenant celui de Salamine, se forment dans les principales villes. Les Égyptiens, sous Amasis, 550; les Perses, sous Cambyse, 525, les rendent tributaires : ils conservent cependant leurs rois. Pendant la domination persane, ces princes, surtout ceux de Salamine, se révoltent souvent. Dès l'an 500 , Onésilus se déclare contre Darius pour les Ioniens, mais il est vaincu. Dès lors l'histoire de Chypre se trouve jnélée avec celle des Perses et des Grecs. La fertilité de son sol, le culte de Vénus établi dans les villes d'Amathonte et de Paphos, l'ont rendue à jamais célèbre dans l'antiquité.

Crète, — Les Doriens, débarqués en Crète, l'an 1131, fondent dix villes. Le nombre des villes ou bourgades, qui s'élevait à quatre-vingtdix avant la guerre de Troie, est alors porté à cent, et l'île surnommée Hécatompolis. Les Cretois détruisent la royauté, après Étéarque, vers l'an 800. Chaque ville devient indépendante. Le gouvernement est entre

COLONIES GftEGQU£8 BN fiUilOPE ET EN AFRIQUE. 251

les mains de trente sénateurs, chargés d'examiner les affaires; du peuple, qui ratifie leurs décisions et leur donne force de lois; descosmes ou ini^Gteurs, au nombre de dix, magistrats à vie, exempts de rendre compte de leur administration, institués pour tenir l'équilibre entre les deux ordres et pour commander les armées. Les lois attribuées à Minos, et relatives soit à la vie privée , soit à l'éducation militaire , sont nmntenues. Ces règlements demeuraient en vigueur dans les campagnes, au temps de Platon; mais ils furent de bonne heure foulés aux pieds par les habitants des villes, auxquels Épiménide, leur compa^ triote, reprochait, dès le vi^ siècle, la dégradation de leur caractère national. Des troubles suivirent l'abolition de la royauté, et se prolongèrent sous le régime républicain. Cnosse, Gortyne, Cydonie, les trois cités principales de la Crète, ensanglantèrent l'île par des guerres civiles, qui avaient pour but ou de se détruire entre elles , ou de dominer les autres villes. Cependant, favorisée par sa situation , d'un côté , la Crète demeura à l'abri des attaques du dehors et conserva son indépendance jusqu'à l'époque de la domination romaine, 67; d'un autre côté, elle trouva dans son commerce les moyens de réparer, au moins en partie, ses désastres, et de se soutenir au rang des puissances du second ordre.

Cyclades. — Ces îles, au nombre de douze selon les uns, de vingt selon les autres, furent peuplées d'abord par des Phéniciens et des Cariens. Des colonies de la Crète s'y établirent ensuite, et obéirent au firère de Minos, Rhadamanthe, qui leur donna de bonnes lois. Les Hellènes doriens et ioniens les occupèrent ensuite, chassèrent ou asservirent les premiers habitants. Chacune des Cyclades formait un État libre et indépendant, ayant sa constitution particulière, mais souvent agité par les fections. Dans les plus grandes îles, qui contenaient plusieurs villes, chacune formait une petite république ; mais elles avaient coutume de s'unir entre elles par des traités d'alliance. Leur indépendance cessa après la guerre Médique : au delà de cette époque , elles obéirent à Athènes. Parmi les Cyclades, on remarque Jndros , dont les débris et les inscriptions attestaient encore, il y a un siècle, l'ancienne prospérité; Délos, place importante de commerce , sous la protection d'Apollon, et où se trouvait déposé le trésor commun de la Grèce, lors de la lutte contre les Perses ; Parcs, renommée par la beauté de ses marbres; Naxoi, célèbre par son temple de Bacchus et l'excellence de ses vins; Théra, fondée par le prince héraclide Théras, l'an 1150, et mère patiie de la colonie de Cyrène.

252 PRÉCIS DE l'histoihe ancienne.

Z'JB'uô^'^* — Les Abantes de la Phocide et les Athéniens, avant la guerre de Troie, donnèi'ent à TEubée ses premiers heibitants. Deux principales villes, Chalcis etÉrétrie, devaient leur origine aux derniers. L'Eubée eut d^abord des rois : Nauplias, père dePalamède, la gouvernait en cette qualité durant la guerre de Troie. Plus tard, chacune des villes s'érigea en république indépendante, et eut sa constitution intérieure particuhère. A Chalcis, àÉrétrie, le gouvernement fut aristocratique; mais de petits tyrans s'en emparèrent souvent dans les diverses villes, surtout à Chalcis. Après la guerre des Perses,- Athènes domina l'Eubée, qui se révolta souvent.

JSgine, — Dans les anciens temps, iEgine fut régie par des rois, au nombre desquels on remarque Éaque. Les habitants portèrent d'aiord le nom de Myrmidons; il ne faut pas les confondre avec ceux de Thessalie, qui, du reste, avaient la même origine qu'eux. Après l'invasion des Doriens, ^gine tomba au pouvoir d'une colonie partie d'Épidaure. Elle s'affranchit bientôt, s'éleva par son commerce et sa marine, et jusqu'à la guerre Médique rivalisa avec Athènes, contre laquelle elle soutint plusieurs guerres.

§ IL — Colonies des Grecs dans la Gaule ^ l'Espagne, V Afrique*

Gaule et Espagne, — Les .Phocéens, réfugiés en Corse, y demeurèrent de M\ à 535. A la suite d'une désastreuse bataille navale, livrée aux Étrusques et aux Carthaginois, les uns se réfugièrent à Rhégium, d'autres allèrent s'établir à Marseille , où leurs marchands avaient déjà fondé un établissement dès l'an 600. Ils eurent à combattre longtemps la peuplade ligurienne des Saliens, aux dépens desquels ils formèrent leur territoire. Dans cette lutte, ils acquirent une intrépidité qui devint l'un de leurs caractères distinctifs, jusqu'au temps de la domination romaine. Cicéron vante la sagesse de leur gouvernement, qui prévint tous les troubles au sein de la république, et la défendit contre les attaques des Gaulois. C'était une aristocratie : l'État était administré par un conseil ou sénat composé de six cents membres, dont la charge était à vie; quinze d'entre eux réglaient les affaires courantes, trois présidaient les assemblées en qualité de premiers magistrats. La paresse, le luxe, les voluptés, la duplicité et le mensonge furent sévèrement proscrits; on bannit du théâtre les pièces dont la licence aurait pu altérer la pureté des mœurs. Cette sévérité de principes s'allia avec la culture de toutes les branches des connaissances humaines, l'éloquence,

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