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ÉTAT DE LA GRÈCE APRÈS LA GUERRE MÉDIQUE. Î

place Athènes à un rang où elle ne s^est pas encore élevée. Pausanias, traître envers sa patrie, qu'il veut sacrifier à l'or des Perses, est convaincu de son crime et condamné par les éphores, et le vainqueur de Platée périt de faim dans le temple de Pallas, où il s'est réfugié.

Dans le même temps, Thémistocle éprouvait, sans les mériter, Fingratitude de ses concitoyens et les rigueurs de l'ostracisme. Il s'était trop élevé pour n'avoir pas un grand nombre d'envieux, 467. En exil à Argos, avant la mort de Pausanias, il y est poursuivi après sa condamnation par la haine de ses ennemis et des Spartiates, qui persuadent au peuple d'Athènes qu'il a pris part à la conspiration de Pausanias. Forcé d'abandonner Argos, il se réfugie à Corcyre, puis à la cour d'Admète, roi des Molosses, et ne trouve enfin d'asile assuré que dans les États du roi de Perse. Les Athéniens s'étant privés de ce grand homme, auquel ils sont redevables de leur salut et de leur puissance, perdent, peu de temps après, Aristide , qui meurt pauvre après avoir administré les finances de sa patrie et de ses alliés.

Pendant que Cimon, qui a succédé à Thémistocle et à Aristide, étend la puissance des Athéniens par ses victoires sur les Perses et l'établissement de plusieurs colonies dans la Thrace, Sparte, ébranlée par un trenablement de terre, voit vingt mille de ses habitants ensevelis sous les débris du mont Taygète, et les Hilotes et les Messéniens se révolter pour consommer sa ruine, 464. Le i*oi Archidamus repousse leurs premières attaques; ils se retirent dans la ville d'Ithôme. Leur courage désespéré, et les secours qu'ils reçoivent des habitants de Pise, prolongent pendant dix ans la troisième guerre de Messénie. Les Spartiates sont réduits à demander les secours des Athéniens, qui marchent à leur défense pour ne pas laisser périr la métropole du Péloponèse. Mais, honteux de devoir leur salut à des rivaux, ils renvoient leurs troupes, blessent l'orgueil et la générosité de cette république et attirent sa vengeance sur Cimon, dont l'influence avait déterminé le peuple à prendre le parti de Lacédémone. Les Athéniens, non contents d'exiler Cimon, recueillent les Hilotes et les Messéniens qui échappent au fer de leur vengeance, et les établissent à Naupacte. Pise est cruellement punie d'avoir favorisé la révolte des Hilotes et des Messéniens. Après leur dispersion, elle reste sans appui dans le Péloponèse, et les Spartiates la livrent à la haine des Éléens, qui la détruisent de fond en comble, 456. La guerre civile bouleversait d'autres cités du Péloponèse et de la Grèce : Argos, qui occupe dans la péninsule le premier rang après Lacédémono, avait à réprimer la révolte de presque toutes les villes de son obéis-

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sance. Sa neutralité hostile envers le reste de la Grèce, pendant la guerre Médique, a soulevé contre elle les villes qui avaient bravé le péril de combattre pour l'indépendance commune. Mycènes donne le signal de cette révolte : mais elle est emportée d'assaut, et ses habitants sont égoi^és par les Argiens.

Les Thébains, plus coupables encore que les Argiens, ont aussi à comprimer les efiForts des cités tributaires de la Béotie, qui rejettent leur suprématie. La même indignation devrait animer Athènes etLacédémone contre la perfidie d'Argos et de Thèbes; mais Argos peut affaiblir la puissance de Lacédémone dans le Péloponèse, Thèbes, celle d'Athènes dans la Grèce; et Athènes devient ralliée d'Argos , Lacédémone, de Thèbes. Un combat sanglant est livré près de Tanagre, 455, entre les Athéniens, d'un côté, et les Thébains et les Spartiates, de l'autre. Deux mois après, les Athéniens, conduits par Myronides, triomphent des Béotiens près d'Œnophyte, réduisent sous leur puissance la Béotie et la Phocide, et détruisent les murs de Tanagre et ceux des villes de la Locride. Leur flotte parcourt les côtes du Péloponèse; ils brûlent les galères des Lacédémoniens, enlèvent Chalcis aux Corinthiens, et font essuyer une défaite sanglante aux Sicyoniens (i). Les Athéniens, qui viennent de soulever contre eux tant de haines par ces hostilités, rappellent Cimon, qu'ils ont exilé; Périclès, le principal auteur de sa disgrâce, propose le décret qui rend ce grand homme à la patrie. Le retour de Cimon est suivi de la concorde entre les deux républiques rivales. U dirige contre les Perses les forces et l'ambition d'Athènes, afin de prévenir les troubles qu'elle eût été tentée de renouveler dans la Grèce, 4S0.

La civilisation des Grecs commence, dès cette époque, à être connue des Romains. Des historiens racontent que des ambassadeurs, partis de Rome, se rendirent en Grèce, pour y recueillir les lois de Solon et des autres législateurs célèbres, et que ce voyage a donné lieu à l'établissement du décemvirat et à la promulgation de la loi des Douze Tables.

Athènes, occupée de tant d'intérêts divers, subissait une révolution politique dont l'influence se faisait déjà sentir dans ses rapports avec les peuples alliés. Les mœurs de ses citoyens se corrompaient; la constitution de Solon, déjà altérée par les lois de Clisthènes et d'Aristide (2) ,

(1) Thucydide, 1. 1, cbap. 108.

(2) On peut voir dans Plutarque qu'Aristide , pour récompenser le peuple de toua les sacrifices que 1 oi avait imposés la guerre Médique, avait affaibli le principe arislocra-

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