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CHAPITRE XXIII

Histoire de la (Grèce pendant la guerre du Péloî)onèse, depuis la paix de Nicias, jusqu'à là fin de Texpédition de Sicile, 421-413. — Histoire de la Sicile, depuis le règne de Gélon jusqu'à l'expédition des Athénietis (1).

Les Spartiates n'ont rien gagné pendant les dix premières années de la guene du Péloponèse : par le traité, ils ont laissé aux Athéniens tout ce que ceux-ci possédaient quand elle commença^ les îles de la mer Egée, les côtes de l'Asie Mineure et de la Thrace ; cette marine , surtout , qui les rend l'un des deux peuples les plus puissants de la Grèce et les rivaux de Sparte. Les Athéniens, de leur côté, n'ont pu recouvrer le commandement de la portion des alliés dont leur orgueil avait provoqué la défection avant les hostilités.

Mais les vices actuels de la constitution d'Athènes , le caractère de ses habitants, l'égoïsme de quelques particuliers , vont amener les résultats que les efforts de Sparte et des confédérés n'ont pu obtenir. Avant Périclès, l'aristocratie athénienne, le sénat et l'Aréopage possédaient assez de prérogatives et d'influence pour s'opposer aux folles résolutions du peuple, soit dans la paix, soit dans la gueiTe. Périclès, pour dominer Athènes, avait ôté tout pouvoir à ces deux corps, avait rendu maîtresse des délibérations publiques la multitude, dont il était maître lui-même. Parvenu par un loiig usage des affaires , à la connaissance exacte des ressources de la république , il désapprouvait les expéditions lointaines et périlleuses, les batailles sur terre, genre de combats où Athènes, puissance essentiellement maritime, ne pouvait , malgré la valeur de ses habitants, obtenir des succès durables contre les troupes aussi aguerries et plus nombreuses des Péloponésiens. Or, Périclès tenant dans sa dépendance le peuple et les ambitieux subalternes, il en était résulté que ces expéditions et ces batailles n'avaient pas eu lieu. Mais à sa mort, le peuple et les ambitieux devenaient d'abord libres du frein qu'il leur avait donné ; ils ne retrouvaient pas celui du sénat ni de l'Aréopage , déshérités par Périclès de leur ancienne autorité. Dans l'état politique où il avait mis Athènes, c'était une condition nécessaire pour l'existence de cette république qu'il vécût lui même; et il était mort à la troisième année de la guerre. Dans les années suivantes, les généraux avaient à Amphipolis, à Délium , livré ces batailles sur terre, si sévèrement défendues par lui. Maintenant le peuple et Alcibiade vont engager la république

(I) Thucyd., I. V, depuis le chap.20 ; 1. VI, VIL Diod. Sic. 1. XII, 75 ctsqq.; 1. XIII. Plutarc. in Nie. et in Alcib. Cornélius, in Alcibiade. hocrate, de Pace.

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