CHAPITRE XXY
Histoire de la Perse, depuis le combat de Mycale jusqu'à l'avènement d'Artaxei*xè& Mnémon. — Expédition du jeune Cyrus. — Retraite des Dix mille, 479-399.
Pendant la guerre du Péloponèse , les Perses ont secouru tantôt les Spartiates , tantôt les Athéniens , pour les affaiblir les uns par les autres, et rentrer en possession des côtes maritimes de l'Asie Mineure. Chefs d'une partie des Grecs, maîtres des autres , dominateurs de tous , les Spartiates prétendent employer les forces générales de la Grèce à humilier les Perses. Dès qu'ils en trouvent l'occasion , ils fomentent la guerre civile dans l'empire de leurs ennemis , en secourant le jeune Cyrus contre son frère Artaxerxès Mnémon. Ce secours devient la cause immédiate de la guerre entre la Perse et Lacédémone , marquée par les expéditions de Thim-
(0 Xénopbon, Hellen., I. IV, p. 436 ; Cornélius, in Tlirasjb., cilent les noms de Thérimaque, de Dercyllidas, barmosis établis dans les villes de l'Asie Mineure plusieurs années après la disgr&ce de Lj sandre. Le système ne changea pas.
2d^ F&âCIS DE L fifBTOiRe ANCIENNE.
' Itffifi , der Dereyttidâfl etâ'Anésilas. ( Fo^est le clia^tse saiTBBt. ) Ayant de moa* trer quelle part prirent les Lacédémoniens à Texpédiliefli du lemieCyn», U finit tracer l'histaire de la Perse ^ depuis le combat de Myeftle jusqu'à FaTéBflOKDt d'Aita\esxè» Mnéinoa : il faut veùr eombiea le vaste mais faible corps de cette nionarcbie offrait désormais peu. de résislaiiee sérieuse aux Gdieeft, dè^qu'on qulitevait les intrigues peur les eoiaiiatft^
L Histoire de la Perse y depuis le combat de Mycale jusqu'à rxtxéM" ment d'Artaxerxès Mnémon (1). —Les suites désastreuses de la gu^e Médique, faite avec des levées eu masse, dépeuplent Temi^edes Perses Les Grées, non coateats é'avoir, par leurs victoires de Platée et de Myoale, purgé de la ppésenoe des Perses le sol de la Grèce, contiaoeat k guerre pour les ebasserd'Europe, se Tenger de ieiffs précédeirtes effb*eprises, et déKvrer de leur joug les Grées d^Asie. Cette résolution forcf. Xerxès I^ à porter les forces de Tempire vers TAsie Mineure , la plus éloignée de ses provinces occidentales : dès lors l'équilibre de la puissance des rois de Perse est rompu. Xerxès^ incapable de résister aux Grecs les armes à la main, adopte à l'égard de leurs cliefs un système de corruption, et en fait un heureux essai sur Pausanias. Mais lesiatrigues du Spartiate sont découvertes et punies; les espéraaoes quft Xerxès avait fait reposer sur lui s'évanouissent. Dès lors ce prince tombe daas le mépris de ses sujets: les dernières anfiée&4a &D&. ïè^ ne se composent plus que d'intrigues du sérail, sous l'influence de la reine Amestris, intrigues éoaX il dericBt enin la victime. Artaban, capitaine de ses gardes, le fait périr avec son fils aine, 472, et reste maître de l'autorité pendant six mois (2).
Arietxerxés I" ( LoBg «e-Main ) , troisième fils de Xerxès , met à mort Artaban, défait ses complices après un sanglant cqmbat , et se ressaisit du sceptre au détriment de son frère aîné Hystaspe, 471 . Son usurpation détruit l'ordre de succession par primogéniture, renverse les idées d'obéissance découlant de la légitimité, provoque les prétentions et les guerres civiles entre les frères pour les règnes suivants. Cette usurpation
(0 Pour ce premier paragraphe, Dîodore de Sicile, I. XI, XII, Xlïl. Exlrails de PHisleire de Perse deCtésias, parPholitr», J5 2»-5». Hérectete, 1. 1, e. 13; 1. II, c. i40jl.Ifli c. 13; 1. Vll^e. 106, âSr^ 152. ïbuttYd., k, 1^ c 1*4, i«», ito^
(2) D'après Diodore de Sicile , MM, Larcher, Blair, Heeren , l'Art de vérifier les dates, prolongent le régne de Xerxès jusqu'à l'an 465; mais Rollin, Gillies, Barthélémy, en s'af>po3fMi( de r»tttMriié deThwiïydide ek d» CornéUvSy assignes! l'an 472 à la fin du ré||o« éa Xonài, et l'a&47tata Mainieuc«iBeiit.ditréf Bftd'Artsxeff&èi^. TkémisttGleaiao cherche un refuge aupiéftd;ijr*fuer»è»»ie*,WKi aqpcèrde Xisrméa*
exêite' aussi les premières révoltes doDS les provinces éloignées : lïyatae^e,. gouverneur d« la Bactriane, a'abandonne ses justes prétentionsi à la couronfie qn*après avoir perdu deux batailles. Ailaxerxès If occupe le trône pendant quarante-sept ans,-471-^jSi. Dans ses rapportsavec l'étranger, il suit la pelitiqne de so» père , clierclie à gagner les clïefs des Gdrees.méconlents de leurs concitoyens, et attire Thémistocle à sa cou» z mai» ce réfugié? ne lui est d'aucun secours ; ii ne veut ou ne peut exécuter,, centre la* Grèce, ce qu'ilia promis aux Pei'ses.. Cimoa, parliez éalatantes yictoims ^'il remporte sui* leurs âotlies ou sur leurs armée» d& terne, à vingfi aas-die- distance, 470, 450, contraint Artax-erxès à sigoer-uA traité aux termes^ duqjuel ee prince reconaait fonnellemeai rittàépeadance des Grecs îtôiatiques, et s'interdit jusqu'à la possibilité de s'a^ipBQelier de la Grèce d'Europe, de l'inquiéter par des invasionSt ulÉérieures, 440. Son règne est tixjublé dans L'intérieur par deux nouvailles insurrections,, celle des Égyptiens et celle de son beau-frère A^ gabyse, Le^ second soulèvement de l'Egypte, excité par le roi de Libye-, loarusdeMaréa, secondé pa* l'Égyptien Amyrtaeiuj et par uae flotle aljlié&ienne, 4€s5'.,. est oooaipriHié ea 456, par MégFibyze. ^feiis ce gémérol,, imté qn/oQ ait violé sa parole ea mettant à mort laarus, prend. le& armes, 448, déftiit deux fois les troupes envoyées pour le réduire, dicljB Ifô conditions de sa, réconciliation avec le roi , donne le premier.exempte, dâda^l'empre, de la révolte d'mi satrape couronnée par le succès,, et laisse eiij mouraiat un parti qui subsiste dans sesenfaote. Amestris, màve d'Ajrta5«irsès., et sa femm^ Amytis, le tiennent dans une entièi^ dépeadaoïce pendant le i*este de sa vie. Dès cette époquje, on aperçoit dans, l'histoire des Perses les funestes conséquences des trois grandes fautes politiques commises par Darius, qui avait établi le gouvernement du sérail à la cour, consolidé le gouvernement tout militaire dans les provinces, et rédmt de cent vingt-six à' vingt le nombre des sati'apies^
A la mort cTArtaxerxès, 424, Xerxès //, son seul fils légitime, est tiié après quasaute-cinq, jo.uîs de règne par un fils naturel,. Sogdim^ Sogdie», à son- tour, "est renversé', an bout de- six mois, par uaatttii& fil& naturel, Ochus, lequel prend à son avènement le nom de Darius FF {Nothu»), 423u. Darius passe son règne dé dix-neuf ans, 425-4X)4 , sous, la tutelte de sa femme Parysatis et de quelques eunuques. Aud^ftdaae, ce règne est une. périx)di5 toujours croissante de décadence de l'empire. La coutume se fortifie de confiev phasi^urs provinces à ua même satrap« avec Tautorité militaire. Artoxarès, l'un des eunuques favoris; Arsitès , l'un desfràfie8.dU'roi, soutenu par Artyphjus,, fils de Mégabyze, 422
206 PRÉCIS DE l'histoire ANCOSimE.
enfin le satrape de Lydie, Pisutnès , 414, cherchent à détrôner Darius, et désolent l'empire par trois guerres civiles. Darius ne se débarrasse de ces révoltés que par des perfidies qui accusent sa faiblesse au moment même de sa honteuse victoire. Les Égyptiens, plus heureux dans leur troisième soulèvement, le contraignent à retirer ses garnisons de leur pays, et à reconnaître leur roi Amyrtaeus, 414. Ën.s'avouam vaguement tributaires de la cour de Persépolis, Amyrtseus et ses successeurs détachent l'Egypte de la Perse pour soixante ans. Au dehors, les querelles sanglantes des Grecs, alimentées par la politique de Tissapherne et de Pharnabaze, laissent longtemps Darius sans inquiétude. Mais, en 407, W confie la satrapie de Cappadoce, de Grande-Phrygie, de Lydie, à Cyms^ le plus jeune de ses fils; il y joint le commandement suprême, la suzeraineté de toutes les provinces maritimes : d'où il résulte que Tissapherne, Pharnabaze, Syennesis et autres, en conservant les satrapies particulières de diverses provinces de l'Asie Mineure , deviennent les subordonnés du jeune Cyrus (1). Ce choix de Darius Nothus devient à la fois le principe du triomphe des Lacédémoniens sur les Athéniens, de rétablissement de leur empire dans la Grèce, de nouveaux périls pour la Perse, et d'une guerre civile entre Cyrus et le successeur légitime de Darius.
IL Histoire du jeune Cyrus, des Perses et des Grées jmqvk'à la retraite des Dix mille (2). — Arrivé dans l'Asie Mineure après les victoires d'Alcibiade àAbydos et àCyzique, le jeune Cyi^us abandonne la politique de Tissapherne, 407, fournit à Lysandre d'énormes sommes d'argent et les moyens d'accabler les Athéniens. Les Spartiates , devenus ainsi
(1) Xénopbon , Anabas. , 1,9, dit que Cyrus fut établi par' son père Darius Nothu» satrape de Lydie, Grande-Phrygie , Cappadoce. Xénopbon témoigne encore que Darius ajouta à la satrapie de ces trois provinces leigouvemement général des provinces maritimes ( Hellenic, I, 4, p. 333, édit. Didot). Diodore, XIV, 15,, dit, sous Tan 403, que Cyrus , frère du roi , « venait d'être nommé chef de toutes les satrapies maritimes. » Cet énoncé semblé indiquer que le gouvernement général des provinces maritimes avait été conféré au jeune Cyrus, non par son père Darius , mais par son frère Arlaxerxés » devenu roi. Mais c'est une erreur de Diodore , comme nous venons de rétablir par le témoignage de Xénopbon. — Le gouvernement général de Cyrus laissa subsister les satrapies particulières de Tissapherne en Carie et en lonie, de Pharnabaze en Petite- Phrygie et en ^olie, de Syennesis en Cilicie,' etc., comme le témoigne formelleoient Xénopbon dans divers passages de KAnabase et des Helléniques. Ces explications étaient nécessaires pour lever une foule de difficultés que les histoires modernes laissent subsister, et pour rectifier plusieurs erreurs qu'elles contiennent.
(2) Pour ce paragraphe et les suivants, voir Xénopbon , de Cyri expeditione ylea sept livres.— Diodore de Sicile, i. XUI, c.70, 104, 108; I. XIV, c. u, 19-32, 37.— PluUrqqe, in Artaxerxe : il se sert surtout de Glésias et de Dinon qu'il cite sans cesse.