QUERELLES DES SUCCESSEURS D* ALEXANDRE
chon, 316. Dans tous ces pays, il domine par ses gouverneurs et ses garnisons. L*autorité de Polysperchon et d'Alexandre ne se soutient plus que dans TAchaïe, la Sicyonie, la Corinthie. Parmi les Grecs, les Spartiates, une partie des Arcadiens et les iEtoliens ont seuls conservé leur indépendance, et la défendent contre tous les maîtres.
Dans Vffellespont et la Haute-Asie. — Tandis que ces événemeijts se passaient en Grèce, dans THellespont, la flotte royale, commandée par Clitus, avait été vaincue et détruite par celle d'Antigone.
Dans la Haute-Asie, Eumène avait rassemblé à Suze des forces considérables, et défait Antigone sur les bords du Pasitigre, 347. Après de longues marches en Babylonie, en Mésopotamie et en Médie, les deux rivaux en vinrent aux mains, Tan 316, dans la province des Gabéniens en Perse. Eumène demeura vain^eur à l'aile qu'il commandait, mais h, l'autre il fut trahi par la lâcheté de Peucestas, et livré à Antigone parles Argyraspides, en échange de leur bagage, dont l'ennemi s'était emparé.
Mort à' Eumène, ruine des projets de Polysperchon. — Antigone, ancien ami d'Eumène, le condamna à mort, peu de temps après que Cassandre, en Grèce, se débarrassait d'Olympias par un moyen semblable. Antigone devint un moment maître de toute l'Asie Mineure et de la Haute-Asie , comme Cassandre de la Grèce , et usa despotiquement de sa nouvelle puissance.
État général de Vempire en 316. — Par suite de la mort d'Eumène, l'espoir de Polysperchon non-seulement de succéder à tout l'empire d'Alexandre, mais même de se créer un royaume, est entièrement détruit : malgré ses efforts subséquents, il ne parvient qu'à dominer obscurément dans le nord du Péloponèse. Arrhidée, Eurydice, Olympias, ont péri : les membres restants de la famille royale perdent avec Eumène leur seul appui. Dans l'occasion, on invoquera bien encore leurs noms, mais pour appuyer des démarches qui tendent à les déix)uiller : ils restent exposés, sans défense, aux coups des ambitieux iqui leur ôteront d'abord l'empire, ensuite la vie.
L'oligarchie militaire des trente gouverneurs particuliers ou satrapes n'a plus de support. Cinq d'entre eux, Cassandre, Lysimaque, Antigone, Ptolémée, et bientôt après Séleucus, aspirent à des royaumes au lieu de satrapies, prennent un ascendant marqué sur leurs compagnons d'armes par les forces qu'ils ont rassemblées, leurs talents et leur réputation, et se préparent à prendre pour premiers sujets leurs anciens égaux. Tels sont les changements qu'ont apportés, dans la situation
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des sucoesfieurs d^Alexaudre, huit années de guerres civiles, et la mort de Perdiccas, de Léonat, de Cratère, de Néoptolème, d*£umèDe et d*Àatipater«
Parmi les cinq grands ambitieux qui se préparent à commander ani ambitieux subalternes, Tun, c'est Antigone, songe à engloutir la monarchie ent ère d'Alexandre, et à réduire Ptolémée, Gassandre, Lysimaque, Séleucus, "k la même nullité politique où ceux-ci prétendent placer les gouverneurs particuliers. Les actions d'Antigone, après la mort d'Eumène, révèlent cette ambitieuse prétention, 315, Fort des soixante-dix mille soldats qu'il a su rassembler, il joint, dans toutes ses démarches, la tyrannie à son insolence accoutumée. La face de la Haute-Asie est entièrement renouvelée par lui. Il ôte leurs satrapies à tous les gouverneurs macédoniens dont il suspecte la fidélité et Tobéissance à ses ordres absolus. Il tue celui de Médie; il proscrit Séleucus, gouverneur de Babylone, avec beaucoup d'autres. Il détruit le corps des Argyraspides après s'être défait de leurs chefs.
S VII. — Troisième ligue de Séleucus, de Lysimaque^ des deux CiUiaiuire, de Ptolémée, contre Antigone et son fils Déméirius (J).
315. Séleucus, proscrit par Antigone, se sauve auprès de Ptolémée. Une troisième ligue est formée contre Antigone par Séleucus, Ptolémée, Lysimaque, les deux Cassandre, l'un gouverneur de Macédoine, l'autre de Carie. Antigone s'allie avec les ^Etoliens, 314; il s'efforce de se concilier les Macédoniehs et les Grecs : les Macédoniens, en proclamant qu'il veut venger Olympias, el délivrer Roxane avec Alexandre Aigus enfermés dans Amphipolis; les Grecs, en annonçant que son but est de leur rendre la liberté, Ces. diverses mesures sont dirigées contre Cassandre de Macédoine : il se prépare à combattre les autres à force ouverte.
Guerre en Grèce, 314-312. — Deux lieutenants d'Antigone chassent des villes d'Achaïe et de" toutes les autres villes du Péloponèse, excepté de Sicyone et de Corinthe, les garnisons de Polysperchon et de son fils Alexandre, alliés de Cassandre. Dans la Grèce centrale, un autre lieutenant d'Antigone expulse pareillement les garnisons, détruit l'empire de Cassandre dans nie d'Eubée, la Béolie, la Phocide, la J/)cride, la
(1) Poor ceiMragraphe , Diod. Sie., XIX, S2-w, 74, 75, 77, so-ioi. Pluiarc, in Démet
JurtiD, 1. XV, CI, '
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Leucadîe; ne lui laisse qu'Athènes et Jfégare, et lui inspire des craintes pour la Thessalie et la Macédoine.
Guerre en Mie Mineure, 5i 4-511. — Les efforts réunis de Lysîmaque, de Cassandre de Carie, et de Ptolémée, qui viennent les joindre en 311 , ne produisent aucun résultat. Antigone les chassa de la Mysie et de quelques autres provinces qu'ils lui avaient d'abord enlevées, dépouille Cassandre de la Carie, et les bat tous ensemble en 511.
Guerre en Syrie, en Phénicie, en Palestine ^ 314-311.— Sur ce point, les événements les plus importants sont le siège de Ty^ ^ont Antigone s'empare après quinze mois de siège, 313,- la toalaille gagnée Tannée suivante, près de Gaza, par Ptolémée sur Démétrius, fils d' Antigone ; la première victoire que remporte à son tour Démétrius sur te lieutenant de Ptolémée, 511. Les résultats des hostilités sont les soh* vants : Ptolémée enlève à ses ennemis File deCypre, excepté Paphos; et Tîle de Rhodes, qui, par la nature de ses intérêtscommerciaux, redoute et évite toute guerre avec TÉgypte. Antigone et Démétrius, de leur côté. font sur Ptolémée la^ conquête de la Palestine, de la Pbénicie et de la Syrie.
Guerre à Babyîone et dans la Haute-Asie, 512-311. — Séleucus avait gagné les cœurs par sa modération , comme Ptolémée en Egypte, tandi» qu'Antigone se les était aliénés par son despotisme. Séleucus bat Nica<> nor, gouverneur de Médie pour Antigone, s*empare de la Médie et de la Suziane, chasse la garnison laissée par Démétrius à Babyîone, et rentre triomphant dans cette ville, 511. C'est de cette année que date l'ère des Séleucides dans l'Orient.
Traité de 511 .—Antigone et son fils Démétrius étaient demeurés vain* queurs partout, excepté à Babyîone. Aussi la paix de 511 leur assuret-elle d'importants avantages. Aux termes du traité, 1« les contractant» conservent chacun leurs conquêtes; 2** Cassandre rendra la liberté à Alexandre Aigus et à Roxane, enfermés dans Amphipolis ; cédant aux murmm^es et aux demandes* des Macédoniens , il laissera monter Alexandre sur le trône. De plus il rendra la hbeité aux villes grecques et retirera ses garnisons de celles qu'il conserve encore. Par ce traité, les deux Cassandre sont complètement dépouillés, le premier de la Ma» cédpine et de la Grèce, le second de la Carie : Ptolémée abandonne la Syrie, la Pbénicie, la Palestine. Ces trois provinces et là Carie devjwi*nent sujettes d'Antigone; la Grèce et la Macédoine, ses alliées. Il perd l'alliance de Rhodes, la propriété de Cypre, de Babyîone et des pays environnants; mais ses acquisitions l'emportent de moitié sur sos portes.
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Il acquiert en outre rinestimable avantage de posséder, de THellespont à TEuphrate et au Nil, un empiré compacte, dont'la situation est telle qu'il tient tous ses ennemis séparés, Ptolémée de Séleucus, et ces deux princes de Lysimaque et de Gassandre.
§ YIII. — IfCiervcâle entre la paix de 311 et la reprise des hostilités en 308.
Grèce, 511. — Cassandre ordonne de mettre à mort, dans la prison d'Amphipolis, le jeune roi Alexandre Aigus et sa mère Roxane(l). Il ecirappP! par ce crime à la nécessité de céder la Macédoine, et met fin aux réclamations def? Macédoniens en faveur de ses victimes. Polysperchon, qui s'était maintenu dans Sicyone et dans Corinthe, et qui épiait l'occasion de reprendre la Macédoine sur Gassandre, appelle de Pergame Hercules, fils naturel d'Alexandre le Grand , alors âgé de dix-sept ans, s'avance avec une armée et avec le jeune prince, et propose aux Macédoniens de le placer sur le trône de son père, 310. Pour se débarrasser d'Hercules et de l'attaque de Polysperchon , Gassandre lui propose de partager avec lui la régence, et de lui abandonner le Péloponèse, s'il veut tuer Hercules et sa mère. Polysperchon accepte, et tranche les jours du dernier rejeton mâle d'Alexandre. Malgré le secours de quatre mille hommes que lui fournit Gassandre, il ne peut se mettre en possession du Péloponèse, et obtenir le prix du sang; il reste, sans puissance, chaîné de son crime et dfe sa bassesse. Gassandre, demeuré maître de Mégare.et d'Athènes, travaille à étendre sa domination dans la Grèce centrale.
Hauie-J8ie.'^Sé\e\xcnSy de son côté, qui déjà possédait la Babylonie, l'Assyrie, la Médie, y ajoute, de 311 à 308, d'abord la Perse, la Bactriane, l'Hyrcanie, ensuite toutes les provinces de la Haute-Asie. H est maître, l'an 308, de tous les pays compris entre l'Euphrate," l'Indus et rOxus. Sa modération et la douceur bien connue de son gouvernement, opposées au faste et à l'insolence d'Antigone, facilitent ses conquêtes, qui mettent fin, dans l'Orient, à" l'indépendance des gouverneurs particuliers.
Cypre. — En 310, Ptolémée achève la conquête de l'île de Gypre par la prise de Paphos, dont il réduit le roi Nicoclès à se donner la mort.
État des choses Van 308. — Les assassinats dont se sont souillés Cassandre et Polysperchon ont achevé ce que les assassinats commis par
(1) Pour ce paragraphe, Diod., XIX, iO$; XX, 19^ 20, 27, 28. Jusiio, XV, 2, 4.