QUEBELLES DES SUCCESSEURS D* ALEXANDRE
Olympias et ce que la mort d*Eumène avaient commencé : la postérité et la famille d'Alexandre ne régneront sur aucune partie de son empire. L'ascendant pris sur tous les autres généraux du conquérant par Cassandre, Lysimaque, Antigone, Ptolémée, Séleucus, et en dernier lieu les conquêtes de Séleucus, ont pareillement décidé que Tempire ne serait pas régi par une oligarchie militaire. Il reste à savoir s'il conservera son unité en devenant la proie d'un seul des cinq grands ambitieux, ou s'il sera divisé en royaumes.
Depuis la paix de 511 , les ennemis d' Antigone se sont fortifiés à l'occident, au midi, à l'orient : ils l'enveloppent, le menacent de toutes parts. Il est urgent pour sa sûreté d'arrêter leurs progrès : sur lé refus de Cassandre d'évacuer les villes grecques, il recommence la guerre.
§ IX. ~ QucOrième ligue de Lysimaque^ Cassandre, Séleucus, Ptolémée^ contre Antigone et Démélrius , 308-30 1 .
Les deux sentiments vraiment populaires, l'an 308, étaient la liberté de la Grèce, et l'amour pour les restes de la famille d'Alexandre subsistant encore après seize ans chez le peuple et chez l'armée. Aussi Antigone envoya-t-il à deux reprises son fils en Grèce pour délivrer ce pays. Aussi opposa-t-il à ses, ennemis, maîtres de la personne de Thessalonice, sœur d'Alexandre le Grand, le nom et l'influence de Cléopâtre, autre sœur du conquérant; et .quand cette princesse essaya de fuir vers Ptolémée, il la fit assassiner , tout .en instruisant le procès de ses assassins, pour donner le change aux soldats sur son crime. Ses succès sur Ptolémée dépendaient en grande partie de la force navale qu'il pouvait créer avec la Syrie et la Phénicie; les bois du mont Liban étaient tombés en son pouvoir depuis l'an 314, et il avait équipé dès lors une flotte nombreuse : le complément de sa puissance maritime devait se trouver dans la possession *des îles de Rhodes et de Cypre , alors au pouvoir de Ptolémée : tel fut le motif des attaques dirigées contre ces deux lies.
Expédition de Ptolémée en Asie Mineure et en Grèce ^ 308. — Ptolémée (1) commence les hostilités par une invasion dans la Pamphylie et la Lycie ; par l'occupation de l'Me d'Andros, dans la mer Egée ; par la prise de Corintheetde Sicyone, que lui livre Gratésipolis, belle-fille de Polysperchon.
(I) Pour ce paragraphe , t)oyc2 Diodore, 1. XX, c. 37, 45-54, 73-77, 81-89, 91-104, 106- 118 ; XXI, 9, 10. Justin, I. XV, o. 2, 4. Plutarc, in Deraeir. et Pyrrho.
Première expédition de Démétrim en Grèce. — Aatigooe eavoie m Grèce son fris Démétrius, avec cent cinquante vaisseaux, poor rétablît la démocratie et soulever les habitants contre Gassandre et Ptolémée. Démétrius se saisit du port d'Âtbènes mal gardé, coiitraint Déoiétrias de Phalèr^, commandant pour Gassandre, à G<^>italer, détruit le fort d&Munichie, chasse la garnison macédonienne, et rené mi babitaM leur démocratie. Les Atlnéniens proclament rois et dieux saaveiuRS Bémétrius et Antigone : ils leur déc^itent un culte public. Démétrius dé* livre pareillement Mégare. Rappelé en Asie par son père , il susp^d ses opérations et ses succès en Grèce jusqu'à Tan 305.
Dam l'Ue de G^pre, 307. — H attaque File de Cypre, et assiège Mé* nélas dans Salamine. Ptolémée , aeoouru pour dégagm: son frère» est taincu dans une bataille navale , ne conserve que huit galères sur cent cinquante dont se composait sa flotte , et se sauve en Egypte. Après ce grand succès , Antigone et son fils prennent le titre de rois. Lysimaque, Cassandre, Ptolémée, Séleucus imitent cet exemple. Ce n'était plus ^'une vaine formalité depuis Texterminatioo de la fomille d'AlesandiQ et Vanéantissement de Tautorité des satrapes partieuliers; ce n'était i>luB que te. proclamation de cinq grands royaiums; tour existeno» ttf- OKmtait déjà à plusieurs années : ces royaumes étaieat ceux de Maeé** doine, deThrace, d' Asie^Mineure et de Syrie, de Haute-Asie, d'Egypte. Swr les trois coiHin^ts » Antigone et son êls multiplièrent les efforts pCHir engloutir quatre, de ces états, les joindre au leur, c'est^siHlire à celui d'Asie^Mineure et de Syrie, et succéder à tout Fonplre d'Alt^i^andre.
Mm» l'Egypte, 30e. -^ Antigone et Démétrius vont attaquer VÉgypt» emo une année de cent mille hommes et une flotte nombreuse. Us m peuvent pénétrer dans l'intérieur du pays soigneuseinent fôr^fié par Ptolémée, et éprouvent des pertes considérables dans cette entire-- |vis0«
Dans Vile de Rhodes , 505. — Démétrius en essuie de sonv^es aiU sJiléie de Ihode»» qu'il eofit&Aue pendant un an. H y gagne lo surnom #» f9iik9(r«éHs;^ mais, ne peut prendre la viâe. Les liahétants stipulent fai'en eervant Antig(»fte et Démétrius contre^leufs autres enseskts, ils m $e«on(t p^ teihus à preaé^e les armes oon!re PtoléiBée.
Expédition de Séleucus dans PInde, — Pendant ce t^iq», Séteocus s'affermit dans l'Orient, .fait la guerre à Sandrocotlus, pénètre en vainqueur jusqu'au Gange , et termine son expédition par un traité qui ï^tabllt d'une manière durable les communications et le commerce de
QUERELLES DES SHOCESSaMTES D* ALEXANDRE. SiH
la Haute-Asie ^vec Tlnde, 305. U peut désormais tourner sans distraction toutes ses forces contre Tennemi commun.
Fro§rèê de Casêondre dans la Grèce. — Cassandre, de son côté, prend ses ai^ntages en Grèce, contraint les Béotiens à embrasser son parti, occupe avec des garnisons les Tilles du nord et du centre du Pélopooège , se saisit des forts de FAttique , assiège Athènes, et menace Antigone et son fils jusque dans TAsie Mineure , puisque les Ciiidiens viennent impkKrer leur assistance en même temps que les Athéniens, 505..
Seconde expédition de Déméhius en Grèce, 505. — Démétrius passe dans VAtlique, force Cassandre à lever le siège d* Athènes, le poursuit jusqu'aux Tbennopyles, le défait, prwid Héraclée, remet en liberté les Pliocidiens et les Locriens, Hftit alliance avec les Béotiens et les iBto- M^s, chasse les garnisons macédoniennes de Cenchrées, Phile et Panactum. D'Athènes, il se rend dans le Péloponèse, détruit la domination de Ptolémèe, de Cassandre et de Polysperchon dans Corinthe, Sieyone, et dans d'autres villes de l'Achaîe dont, il prend ou extermine te» garnisons. 11 entraîne dans son parti l'Arcadieet Argos. Les députés de la Grèce, assemblés à Tisthrae, le proclament chef de tous les Grecs, cooHiie ravalât été Philippe et Alexandre, et commandant d'une armée deBti!Dé6 à eonqu^F la Macédoine et la Thrace.
Leê^ emiféééréê renemfeilent leur ligue y 502. — Cassandi^, épouvanté, renouvelle son alliance avec Lysimaque, Ptolémée et Séîeucus, et s'avance en Thessalie à la rencjontre de Démétrius. Celui-ci lui enlève Larisse, Pbères et quelques autres places. Au moment de conduire cinquante-six mille soldats à la conquête de la Macédoine, Démétrius est rappelé par son père en Asie.
Bataille dlpeus. — Lysimaque , passé de Tbracé en, Asie dès le commnoceaieDt de rannée 5©2, milève à Antîgone la Mysie , TiKoHe, llonie, ^ Lydie, la Mirygie et la Lycaonie. Antigcme accourt de Syrie, et arrête ses progrès. Mais en s'éloignant de la Syrie, il livre la Judée, la Ki^icie, la C^ésyrie à l'invasion de Ptolémée? il livre aussi le passage à SéleucHS, qui conduit vingt mille hcnmnes en Ca:ppatfoce*
3CM. ABtigoœ et Démétriûi d'un côté, Lysimaque et Séîeucus de Fautre, opèrent leur jonction en Phrygie. Une bataille décisive est Mvrée dans cette contrée , près d'ïpsns. Antigone est vaincu et tué dans Tacticm par la faute de Démétrius. Démétrius se dirige avec sa flotte ▼ers la Grèce, et abandonne à ses ennemis le royaume d' Asie-Mineure et de Syrie à partager. En Asie, il ne c€»serve plus que Tyr, l^don, ' Gypre, quelques villes de.riieUespûfit et des pays voisins.
393 r RÉGIS DE L*UISTOIRB ANCIEKNP.
§ X. — Suites delà bataille d'Ipsus, •
Fartage. — Lysimaque reçoit l'Asie Mineure jusqu'au mont Taurus, et la joint à la Thrace. Séleucus obtient la Gappadoce, l'Arméaie, la Syrie, la Mésopotamie, et. les ajoute à la Haute-Asie, depuis l'Euphrate jusqu'à rindus. La Judée entre encore dans son lot; ce pays, qui avait d'abord obéi à Ptolémée , lui avait été enlevé par Antigone , des mains duquel il passa dans celles de Séleucus (1). Ptolémée conserve la Phénicie, la Gélésyrie, et en forme un puissant royaume avec l'Egypte et la Cyrénaïque. Cette dernière province lui avait été enlevée par Ophellas, mais était rentrée sous ses lois depuis 308. Quelques années plus tard, l'ile de Cypre devait aussi tomber sous sa domination. Dans le partage de 501 , Gassandre ne fut compris que pour la Cilicie : on ladonna à son frère Plisthènes. Tout occupé des affaires de la Grèce, Gassandre n'éleva aucune réclamation. Il s'affermit en Macédoine, ramena sous ses lois la Thessalie entière, l'Ambracie, l'Acarnanie et l'Amphilochie. Il reprit à Démétrius plusieurs villes de la Grèce centrale et du Péloponèse, et favorisa dans les autres l'usurpation des tyrans, auxquels il comptait succéder dès que les circonstances seraient favorables. Athènes fut dominée par un certain Léochaj*ès : Sicyone , Argos et d'autres villes paraissent avoir subi, dès cette époque, le 'joug de citoyens puissants. -
La bataille d'Ipsus décide que l'empire d'Alexandre, convoité dans son entier par Antigone et par Démétrius, sera à jamais partagé. Les conquêtes ultérieures et momentanées de Séleucus ne changeront rien à ce principal résultat. La bataille d'Ipsus réduit de cinq à quatre le nombre des royaumes, et ne laisse de subsistants que ceux de Macédoine, de Syrie, d'Egypte, de Thrace. Gelui de Thrace, accru maintenant de l'Asie Mineure, et bientôt de la Macédoine, perdra ces deux ^ grandes provinces et sera bouleversé ; mais le mouvement de division imprimé par la journée d'Ipsus se développera plus tard. Ainsi, au sein du royaume de Syrie , sept principautés ou royaumes secondaires se formeront, malgré tous les efforts des successeurs de Séleucus : ce sont ceux de Gappadoce et de Pont, momentanément détruits en 321 et 302, qui se rétabliront; et ceux de Bactriane, des Parthes, d'Arménie, de Galatie, dePergame, qui prendront naissance. En Europe, les répu- Miques maintenant soumises aux lois de la Macédoine recouvreront
[ (0 Art de Térifler les dates av. J.-C, in-8.» t. U, p. 86.
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