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avidité et leur vejiigeaûce. Aratus lève une année dans rAchaïe, et marche contre eux : mais ses fautes et la lâcheté des Achéens livrent aox^toliens, prèsdeCaphyes, une pleine victoire, dont ils abusent pour dévaster tout le Péloponèse. Aratus appelle alors Philippe et les Macédoniens à son secours contre Scopas , comme il a appelé Antigone Doson contre Cléomène.
Philippe dans le Péloponèse. — âSû. Sur l'invitation des Achéens, Philippe passe dans le Péloponèse. Les Spartiates viennent de massacrer l'éphore Adimante et plusieurs citoyens dévoués au parti macédonien. Mais comme ils jurent, d'un autre côté, de demeurer fidèles à Philippe, comme ils ont fourni quelques troupes aux Achéens à la bataille de Caphyes, comme ils ne se sont séparés de la confédération par aucun acte ostensible, Philippe suit les conseils d'Aratus, résiste à ceux qui ouvrent l'avis de détruire Sparte, et afiecte de ne voir dans ce qui vient de se passer que le combat de deux factions aux prises l'une contre l'autre. Il assemble ensuite à Gorinthe les députés des divers états , et reçoit leurs plaintes contre les Jltoliens. La guerre leur est déclarée tout d'une voix : on l'appela la guerre des deux ligues.
Guerre des deux ligues. — ^0, Les Macédoniens , les Thessaliens, lesÉpirotes, les Phocidiens , les Béotiens, les Acarnaniens, les Eubéens, les Achéens et tous les peuples agrégés dan§ le Péloponèse à la ligue achéenne, les Messéniens enfin, se rangent sous les drapeaux de Philippe (1). Les ^toliens ont pour eux les Éléens, les Ambraciens et les Spartiates, qui se séparent de l'union h la suite des révolutions suivantes. Depuis la fuite de Cléomène , Lacédémone n'avait pas de rois. L'an 220, la faction contraire aux Macédoniens nomme deux rois, Agésipolis, encore enfant et de la famille desAgides, etLycurgue, étranger à la maison d'Hercules, auquel cette faction destine tout le pouvoir. Lycurgue se déclare pour les iEtoliens contre Philippe, et ne tarde pas à chasser son collègue.
La guerre des deux ligues dure trois ans, 220-247. Philippe est traversé dans toutes ses opérations par les invasions des Dardaniens en Macédoine, et par la trahison de ses ministres Appellas, Léontius, Ptolémée, Mégaléas, qui prétendent perdre Aratus dans son esprit, et qui, n'ayant pu y parvenir, complotent contre l'autorité et contre la vie du roi. Cependant ce prince enlève successivement aux iEtoliens Ambracie, sur les frontières de l'Épire ; Psophis , Aliphéra et la Triphylie ,
(0 Polybe, I. IV, c. IS, sqq. 25.
dans TÉlide; Thermus, capitale des'jEtoliens, qui renferme leurs trésors, dans l'iEtolie même; enfin Thèbes dePhthie, dans laThessalie, ville importante d'où ils partaient pour ravager toute la province et en disputer la domination aux Macédoniens. De plus , dans le cours de ces expéditions, Philippe pénètre en Laconie, la dévaste, et y remporte deux victoires sur Lycurgue.
Les iEtoliens, les Spartiates, les Élé?ns, implorent la paix. Philippe, de l'avis et du consentement de ses alliés, la leur accorde, à condition que chacun gardera ce qu'il possède maintenant, c'est-à-dire que le roi conservera toutes ses conquêtes , et que ses ennemis , de leur côté , seront maintenus dans l'indépendance.
§ IX. — État de la Grèce après la guerre deê deux ligues.
Avant la guerre de Cléomène, la Grèce et la Macédoine étaient divisées en deux systèmes, l'un monarchique, l'autre fédératif libre : dans ce dernier, les droits politiques étaient égaux pour tous les peuples, le commandement exercé par tous, dans la personne des magistrats qui les représentaient. Antigone Doson et Philippe ont fondé une nouvelle ligue dans laquelle sont entrés les Macédoniens et tous les Grecs, excepté les Spartiates, les ^Etoliens et les Athéniens (i). Il y a moins de liberté, puisque le commandement est réservé exclusivement et pour toujours à un seul peuple, aux Macédoniens. Mais cette liberté sera grande encore si les rois de Macédoine, à l'exemple de Philippe et d'Alexandre, se contentent d'exécuter les volontés et les décisions de tous, au lieu d« vouloir et de décider pour tous.
Animés par l'ambition et la vengeance , les Spartiates et les iEtoliens, jadis ennemis, maintenant alliés de Sparte, épient l'occasion de renverser le nouvel ordre de choses établi par les derniers événements. Pour reconquérir des dominations partielles ou le suprême commandement, ils sont disposés à appeler l'étranger à leur aide, à provoquer son intervention dans les affaires de la Grèce. Or, cette intervention amènera la ruine et l'esclavage de tous, même de ceux qui la désirent. En effet, les Romains disposent maintenant de sept cent soixante-huit mille soldats (2) ; ils n'ont jamais pénétré, sous un prétexte quelconque, dans un pays sans l'asservir; enfin ils se sont emparés, à la suite de leur guerre contre l'IUyrie, 228-219, des portes mômes de la Grèce en
(1) Voyez l'ancien Précis, p. 74.
(3) Polybe, 1. lt,c.24.
GUERRE DES DECX LIGUES. 4g0
prenant Pharos, Dimale, Apolloiiie, Épidamne ou Dyn'achium , le pays -des Alintans et des Partliiniens (1).
. Dans cette situation , l'indépendance, le salut du pays, demandaient impérieusement qu'on empêcLât les Spartiates et les iEtoliens d'appeler les Romains en Grèce, de s*unir à eux, de travailler à l'asservissement de tous , en môme temps qu'à leur propre esclavage ; et pour les réduire à l'impuissance, il fallait achever la conquête de leur pays, les contraindre à entrer dans le corps hellénique, et assurer leur union par toutes les précautions que prescrivait une juste défiance. Leurs dernières défaites rendaient facile l'exécution de ce plan.
Mais Aratus, voyant Philippe entouré de courtisans qui le poussaient dans la voie du pouvoir absolu , et de traîtres qui lui offraient de lui livrer la ligue achéenne et les autres républiques grecques (2) ; craignant que ce prince, ballotté entre des idées de modération et de despotisme, ne s'arrêtât aux dernières et ne changeât tout à coup à l'égard des Grecs son commandement en tyrannie, Aratus ne voulut pas qu'il s'accoutumât à opprimer les Grecs , et il usa de l'ascendant qu'il avait sur son esprit pour l'empêcher d'accabler les iEtoliens et les Spartiates (3). Philippe, de son côté, rêvait l'empire universel, se croyait destiné à renouveler les exploits d'Alexandre, et employait avec peine, contre deux petits peuples de la Grèce, des armes qu'il croyait destinées à subjuguer le monde : il lui tardait d'accorder la paix aux ^toliens et aux Spartiates, pour commencer cette série de grands exploits (4). Enfin le stratège des iEtoliens promit au nom de sa nation , dans l'assemblée générale de Naupacte, que les JEtoliens s'uniraient sincèrement au reste des Grecs pour défendre la commune patrie contre les attaques de l'étranger (5).
Telles furent les causes qui empêchèrent qu'on ne réduisît à l'impuissance les trois peuples ennemis de la chose publique , et qu'on ne les chargeât de chaînes qu'ils ne pussent rompre. Cette faute était bien grave; cependant elle 'n'était pas irrépai^able , mais elle imposait aux Grecs et à Philippe une plus grande nécessité de conduire leurs affaires avec union , persévérance et dévouement.
L'an 215, ils conclurent avec Annibal et les Carthaginois un traité
(1) Polybe, i. n,c.8, i3; i. III, c. 1G-IS;I. V,c. 104-105. Appîan., de RebusUlyricc 7.
(2) PoIyb.J. ^V,c.ï6,8'i, 84.
(3) Polyb., I. IV, c. 24, 25. Plularc, in Aralo.
(4) Pulyb., i. V, 102, 105.
(5) Polyb, l.V, 104, 105.
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d'alliance offensive et défensive, dont le but, complètement méconnu, était d'écraser les Romains comme des ennemis menaçants pour Tindépendance de la Grèce ; et si Ton ne pouvait consommer leur ruine, de les chasser au moins des pays qui leur donnaient entrée en Grèce, de Corcyre, d'Apollonie, d'Épidamne, de Phare, deDimale, du pays des Parthiniens et des Atintans (1). A. P.