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CHAPITRE XXXVII

1. Histoire de la Macédoine et de la Grèce, depuis la première guerre des Romains contre Philippe Ul jusqu'à la réduction de la Grèce en proTince romaine, 216-146. — IL Suite de l'histoire des colonies grecques jusqu'à la conquête des Romains.

S 1. ~ Données générales sur l'histoire de la Gréée , depuis la première guerre de Philippe contre les Romains.

Rome pouvait lever sept cent soixante^huit mille hommes en Italie ponr se défendre (2), et, dans l'intervalle des deux guerres paniques, elle en avait employé trois cent mille contre les Gaulois Cisaipina, qa'elle voulait subjuguer (3).

Pour venger les injures de la Grèce et renverser le trône de Cyras, Philippe, père d'Alexandre, « avait fait décréter, après la bataille deChéronée, une levée » de deux cent quinze mille soldats en Grèce ; en outre , il avait une armée dans » la Macédoine, et une autre sur les frontières, composée des barbares qu'il avait » vaincus (4). » On voit, au règne d'Alexandre, que Tarmée de Macédoine s'éle- Tait à cinquante-six mille cinq cents hommes (5). Par le mot de Grèce il faut entendre la Thessalie, la Grèce centrale et le Péloponèse; mais parmi les peuples de ces trois contrées, les iËtoliens, les Àrcadiens et les Spartiates, qui avaient refusé de reconnaître Philippe pour chef (6) , ne fournissaient nécessairement rien m contingent de deux cent quinze mille hommes, et. ils pouvaient en réunir au moins cinquante mille (7). L'Épire, de son côté, ne faisait pas alors partie de la

(1) Polybe. VII, 9. Voyez les preuyes et les citations à l'appai de cet exposé dans fai Précis, p. 74-81 , deuxième partie, deuxième édition.

(2) Polybe,!. II, C.24.

(3) Tite-Live, Épit., 1. XX.

(4) Justin, 1. IX «c. 5.

(5) Diodore, 1. XVII, c. 17; Arrien , p. 12 ; Alexandre laissa à Antipater 21,500 luMnmes, et emmena avec lui en Perse 35,000 soldats.

(6^ Diodore, I. XVJÏ, c. 3. Justin, 1. IX, c. 5, et 1. XXVIIT, c.2.

(7) Diodore, 1. XX, c 20 : « Les ^toliens et d'autres peuples do ces cantons , qui s'in-

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Grèce et des pays qui devaient lever pour Philippe le nombre d'auxiliaires précité ; le roi de ce pays, Alexandre le Molosse, réservait ses forces pour les conquêtes qu'il projetait en Italie; et nous voyons dans Plutarque (1) que l'armée d'Épire se composait ordinairement de vingt mille soldats.

En réunissant ces divers nombres (2), on Yoit qu'au temps de Philippe, père d'Alexandre, la Macédoine, ï'Épire, la Thessalie, la Grèce centrale et le Péloponèse pouvaient mettre sur pied trois cent quarante et un mille cinq cents hommes dans une guerre offensive. Dans une guerre où il se fût agi de défendre le sol et l'indépendance, où la population entière aurait pris les armes, ce nombre aurait été facilement porté au double.

L'expédition d'Alexandre, les guerres de ses successeurs, l'invasion des Gaulois, la guerre de Gléomène et la guerre des deux Hgues, n'avaient pas été plus meurtrières pour la Grèce, ne l'avaient pas plus alTaiblie que la guerre du Péloponèse, la guerre Thébaine, la guerre Sociale, et les guerres contre Philippe, père d'Alexandre. En effet, nous voyons Démétrius Poliorcètes, à peine affermi sur le trône , lever en Macédoine et en Grèce jusqu'à cent douze mille soldats pour aller reconquérir l'Asie-Mineure et la Syrie (3).

D'après ces données, il est évident que si la Macédoine el la Grèce unies prenaient la ferme résolution à*<iccabler Rome, elles pouvaient exécuter ce projet, pourvu qu'elles saisissent le moment où cette république venait d'éprouver les quatre défaites du Tésin , de la Trébie , de Trasimène et de Cannes , et où Annibal n'avait besoin que d'un renfort pour miner la puissance romaine.

Si la Grèce et la Macédoine laissaient échapper cette occasion, mais qu'elles restassent confédérées , elles pouvaient encore, en tout temps, réHsierkïUaae et braver ses attaques. Les conditions indispensables pour que l'anicm subsistât étaient : l*" que Philippe 111 et les Grecs déployassent assez d'énergie pour contraindre les iËtoliens, les Éléens, les Spartiates, à ne pas se séparer du corps hellénique, à ne pas trahir la cause conunune; 2* que Philippe respectât religieusement la liberté grecque, se contentât du c(»nmandement, s'abstint de la domination et du despotisme, de telle sorte que les Grecs ne songeassent jamais à s'armer contre lui , ni à l'abandonner.

Enfin , si les Grecs et Philippe manquaient à ces deux points, s'ils brisaient le

» téressaient an prétendant (Hercules), lui fournirent une armée qui s'éleva à 20,000 » hommes de pied et 1000 cavaliers au moins. » Polybe , 1. 11, c. 65 , nous dit que Gléomène avait 90,000 hommes A Sellasie; Nahis en rassembla jusqu'à 30^000. ie porte , par ■pproximatron et au-dessous de la réalité, les forces des Arcadiens A 10,000.

(1) Plularc, in Pyrrho.

(2) RéoapiUilatioB ; Jilacédoine. . . « 56,500

Contingent des Grecs 215,000

^toliens , Spartiates, Arcadiens. 50,000

Êpirotes 20,000 \

Total.. ..... 341,500

(3j Plutarc, in Demelr.

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pacte qui les unissait , ou perrnettatcnt à quelques ambitieux un daagereax comr merce avec l'ctrangor , la Blaccdoinc et la Grèce devaient tôt ou tard se voir vaincues et asservies par Rome.

Toute l*liistoire de la Grèce, à partir de la première guerre de Philippe contre les Romains, est dominée par ces intérêts et ces nécessités.

$ 11. — Première guerre ds Philippe contre les Romaint.

216. Philippe construit une flotte de cent galères, et trouve l'occasion de transporter sans obstacle son armée de Macédoine en Italie, au moment môme, dit Polybe, où les forces et l'attention des Romains étaient entièi-ement tournées vei's Annibal et vers la bataille de Cannes (1), et où des renforts , amenés à propos au général carthaginois , l'eussent mis en état de détruire la puissance et le nom romains.

Résumé de la guerre. — L'an 215, il conclut en son nom et au nom des Grecs, ses alliés, un traité d'alliance offensive et défensive avec Annibal et les Carthaginois (2). Peu après, il s'empare de la ville maritime d'Orique et assiège Apollonie. Mais il donne aux Romains le temps d'équiper une flotte de cent vingt galères, supérieure à la sienne, et capable de lui disputer le passage de l'Adriatique (3). L'année suivante, 214, il hvre , par sa négligence, à l'embouchure de l'Aoùs, une victoire complète au préteur Valérius Lévinus, et se trouve réduit à la nécessité de brûler sa flotte (4).

L'incendie de ses vaisseaux lui ôte déjà un des moyens les plus puissants de communiquer avec Annibal, et ne lui laisse de route, pour pénétrer en Italie, que l'Illyrie et la Cisalpine. Bientôt la politique de Rome lui suscite en Grèce des ennemis qui doivent l'y enchaîner, les yEtoliens, les Spartiates, les Éléens, les Messéniens, le roi d'Illyne Pleuratus, les Athéniens, 211. En se déclarant contre le roi, Pieu- "•patus et les Athéniens sont entraînés par leur inquiétude et leur inconstance; les Messéniens, par le ressentiment des attentats de Philippe contre leur indépendance; les Éléens, les Spartiates, les iEtoliens, par leur ambition et par les avantages dont le sénat se montre prodigue à leur égard. Il promet aux Éléens de les détacher de la ligue achéenne et du parti de Philippe, dont une invincible répugnance les éloigne (5);

(0 Polybe, I. V, c. 109 et iio, à la ûo. (2) Polybe , 1. Vil, c. «iî, el Tile-Live, I. XXIll, c. 33 el suit. (3)Ti!e-UTe,l.XXlV,e.ii.

(4) Tile-Live, I. XXIV, e. 40.

: (5) Tire-LiTf , I. XXVif, e. si.

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