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GUERRB DES ROMAINS CONTRE PHILIPPE

il flatte Machanidas, successeur de Lycurgue et restaurateur de la puissance lacédémonienne, de détruire la ligue axîhéenne et de lui abandonner ses dépouilles ; il s'engage avec les ^toliens à ne prendre pour Rome que le butin, à leur céder toutes les villes, tout le territoire conquis pendant la guerre, nommément l'Acarnanie, qu'il défendait jadis contre eux, et |le pays situé entre TiEtolie et Corcyre, c'est-à-dire la moitié de rÉpire(i).

Philippe maintint dans son parti la Thessalie, l'Épire, l'Acarnanie, la Phocide, laBéotie, l'Eubée, la ligue acbéenne et tous les peuples qui en dépendaient dans le Péloponèse (2). La guerre se prolongea do 211 à 205, et eut pour théâtre la Thessalie, la Grèce centrale, l'ile d'Eubée , le Péloponèse. Le roi ne sut profiter ni de ses propres victoires sur les iEtoliens , et sur Sulpicius près de Corinthe ; ni de celles de Philopœmen sur Machanidas, les Spartiates et les Éléens, près de Messène ; ni de l'accroissement que Philopœmen donna, par ses réformes, à la ligue acbéenne ; ni de l'abandon dans lequel les Romains laissèrent leurs aUiés en Grèce, de 207 à 205 (3). Philippe conclut la paix avec la répubUque, 205, quand la guerre lui offrait le plus de chances d« succès.

Traité de 205. — Le traité portait que Partinium , Dimale, Bargyle , Eugenium, seraient remis aux Homains, et que l'Atintanie serait cédée à Philippe. ApoUonie, Dyrrachium, Orique, etc., demeuraient dans le même état qu'auparavant, c'est-à-dire continuaient à jouir d'une apparente liberté sous la dépendance réelle des Romains. Philippe fit comprendre dans le traité les Achéens, les Béotiens, les Thessaliens, les Acarnaniens, les Épirotes; les Romains, de leur côté, y firent admettre les JEtoliens, Pleuratus et les lUyriens ; les Lacédémoniens avec leur tyran Nabis , successeur de Machanidas ; les Éléens , les Messéniens, les Athéniens (4).

Crimes de Philippe pendant la guerre, — Durant le cours de cette première guerre contre les Romains, Philippe se souilla de quatre crimes qui le perdirent dans l'esprit de ses alliés. Il déshonora le jeune Aratus, en séduisant sa femme. Peu avant le siège d'Orique et d'Apollonie, il

(0 Tile-Live, I. XXVI, c 24. Polybe , I. IX, c. 7. Discours de TAcamanien Lyciscus.

(2) Tile-Live, 1. XXIX, c. 12, indique quels furent les alliés de la république et de Philippe pendant la guerre, en indiquant ceux que chacun d'eux (It comprendre duna son traité de paix.

(3) Tiie-Live, K XXVU, e. 30-33. Plutarqae , Vie de Philopœmen.

(4) Tile-Live,!. XXIX, c. 12.

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commença à traiter les républiques grecques plus durement : déjà maître de Corinthe et d'Orchomène d'Arcadie , à l'entrée et au centre du Péloponèse, il tenta de s'emparer de la forteresse d'Ithôme en Messénie, aa sud de la péninsule , pour la tenir tout entière sous sa dépendance. Les Messénieps l'ayant deviné et prévenu, il les punit de ne s'être pas laissé surprendre , en ravageant leur territoire. Il fit empoisonner Aratus le père par l'un de ses courtisans : il envoya dans Argosdes assassins pour tuer Philopœmen , espérant, après la mort de ces deux chefs, dominer à son gré la ligue achéenne (1).

§ ni. — État de la Grèce en 205.

Par suite du traité de 205, i» la Grèce demeura ouTerteaux Romains; puisqu'ils se maintinrent dans la possession des villes et des pays iDyricns en contestation ; 2* cinq peuples de la Grèce , les Spartiates , tes ^toliens, lesÉléens, lesMesséniens, les Athéniens, conservèrent ot recouvrèrent leur indépendance, ne firent plus cause commune avec le reste des Grecs, et furent même dans la disposition habituelle de se joindre aux Romains en toute occasion ; 5" Philippe avait perdu par ses crimes la confiance et l'affection des autres Grecs(2) : ils ne renoncèrent pas encore à son alliance, et prêtèrent même chaque année serment de fidélité à ses commissaires (5); mais ils refusèrent de hii confier désop* mais leur force militaire, dans la crainte de demeurer sans défense à la merci de son despotisme (4); 4<» les moyens de résistance des Grecs furent encore diminués par les complots de la corruption et de la vénaïté, par les trahisons que chaque nation eut à redouter chez elle. Les Romains achetèrent toutes les otmscfences à vendre : celle d'un Champs en Épire, d'un Wcéarque et d'un Antiphile en Béotie, d'un Aristhèn« et de cinq demiourgoi en Achaîc (îf). Les Crrecs avaient besoin, poiff tenir tête à la puissance romaine, d'un concours parfait de vues, d'efforts, de sacrifices; et d'un côté ils avaient déjà à se défendre contre une partie de leurs compatriotes, d'un autre côté ils en étaient, à 1*6-

(1) Polybe, 1. VU, c 3; 1. Vlll,c.4. Pluiarqae, Vies d' Aratus et de Philopœmen.

(2) Poîybe, Excmpîes de Vertus et de Vices, n* 4. '

(3) Tite-Live,I.XXXn,c. 5.

(4) Tite-Live, 1. XXXI , c. 25 : « Les Àcbéens virent bien que Philippe ne cherchait M qu'à tirer du Péloponëse toute leur jeunesse, a/ln qu*eUe fHU $êrvir éPotage..,.!^ » stratège Cicliade éluda sa demande.... Philippe, déchu d'un si grand espoir, ne réussit » qu'à enrôler quelqdes soldats qui voulurent bien le suivre.»

' <5) Tite-Live, I. XXXII, c. ii, 19-23, 40; I. XXXI II, c. i, 2.

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gard de la Macédoine, aux défiances, aux réserves, qui détaxent Ô1«£ toute énergie à leurs démarches et paralyser leurs k>rees.

S IV. — Philippe provoque une nouvelle lutte entre la Macédoine et Rome,

20S-2Ot. Attale, roi de Pergame, avait fourni des secours- aux Romains durant leur première guerre contre Philipi)e. De plus les états de ce prince étaient assez rapprochés de la Thrace pour qu*il pût aider plus tard les Romains à pénétrer en Macédoine par les frontières orientales de ce royaume. Dès que Phihppe n'eut plus à combattre les ^Etohens et les autres alliés de Rome en Grèce, il attaqua Attale. B attaqua en môme temps les Rhodiens, dont les vaisseaux pouvaient aussi conduire et déposer les ennemis sur ses cètes.

Il fut eoûtraist de lever 1® siège de Pergame, qu'il avait entrepris. Avec la nouvelle flotte qu'il avait équipée , il livra deux batailles navales à Attale et aux Rhodiens, la première à la hauteur de Milet, et dont l'issue fut indécise ; la seconde près de Chio, et dai» laquelle il perdit une partie considérable de ses vaisseaux. Mais \\ pourvut à la défense de ses frontières orientales en s'emparant, sur les cètes de la Thrace, deMaronée, d'^Enus, de Cypsèle, de Doriseus, de Serrhée, â*ÉkBunte, â'AlopécoBèse, de Gallipohs, de Madyros. En envahissant, sur les rivages de la Mysie, six villes- grecques, parmi lesquelles éts»( Àbydos, il s'assura Teutrée des états d'Attale (1).

D'une autre part, il ravagea ea Grèce le tervitœre des.Fé)[mbliqttes alliées des Romaiss. En Afriçiie, il eirvoya Sopater, avec quatre mille Madcédoai^Qfi^ reuibfcsr l'armée d'ADuibal et hii porter des sommes considéraibles d'ajrgest, au momeat où ce général débarquait à L^tts, à la lia dâ Vanaée âôB (a). Mais ea secours^ pour être vr»meirt «*Mie, aurait dâ êtm Saurai! au eomiBeno^neni de l'aiy^ée préeéée&te , 9Q4, iQisçaft Aanôbâl et so» frère. Mâgtm étaient encore en !ta^ (5).

§ 'V. — Seconde guerre de Philippe contre les RomainSm.

Le» pefisagee cp» cenduisuÈent m WBuoêàmti» étsùent d¥fflcHes, mais non pas in^ra^ables, comme on l'a prétendu. Dans leur guerre

(i) Tite-Live. 1. XZX.I, i, 3, 14, 16^ 17 i XXXIU, 3o. P^yb., lega^, fi. ^ (2) Liv., XXX, Î26.

(3) Liv., XXIX, 36 ^c Le consul H. Cornélius contenail dans le dev«ir, mmos par la » force des arines>que par U terreur des jugemeols „ L'Èlrurie ^ qui presque louLanllèrc » inclinait vers Magon, dans l'espérance d'une révolution favorisée par sa présenc«. 1^3,

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contre Démétrius, Pyrrhus et Lysimaque avaient envahi à la fois la Macédoine à l'occident et à Torient, et Sulpicius , dès la première campagne, pénétra jusqu'au cœur de ce pays (1). On ne pouvait le défendre comme une forteresse avec ses montagnes au lieu de murailles, et avec un petit nombre de troupes. Il fallait des armées nombreuses, de l'argent , des provisions de guerre , des vivres, toutes choses dont plus de la moitié devait être fournie à Philippe par la Grèce (2). L'issue de la guerre dépendait donc en. grande partie du parti que prendraient les Grecs. Philippe ne conservait presque aucune chance de succès si , indépendamment des peuples déclarés pour Rome durant la première guerre , les autres nations helléniques se laissaient détacher de son parti par l'horreur que leur avaient inspirée ses crimes et son despotisme, et par la politique ou la force que les Romains appelleraient à leur secours.

Résumé de la guerre (3). — Le sénat ne commence les hostilités eontre Philippe qu'après s'être assuré, hors de la Grèce, l'alliance dB roi de Pergame et des Rhodiens, ainsi que les secours de Massinissa et des Carthaginois, 201. Dès la première campagne, il gagne cinq peuples de la Grèce ou de l'IUyrie, 200.

Les Athéniens , qui attendent un protecteur contre Philippe qu'ils ont provoqué ; les Athamanes et les lUyriens, aventuriers qui vendent leurs services au premier venu; les ^tohens, qui se flattent que Rome leur livrera les pays qu'ils convoitent, et ôtera la domination de la Grèce à Philippe, pour la livrer ensuite complaisamment à eux-mêmes; Nabis, tyran de Lacédémone , qui espère étabhr son empire dans le Péloponèse sur les débris de la ligue achéenne, se déclarent successivement pour les Romains. Le sénat, soit avec le secours de ces peuples, soit avec ses propres armées , attaque Philippe et ses alliés sur quatre points : en Eubée, où il lui enlève Chalcis; dans le Péloponèse, dans laThessalie, dans la Macédoine. Le consul Sulpicius, après avoir parcouru les provinces illyriennes soumises à Philippe, combat ce prince au Lycus, à Athacus, à Octolophe, pénètre jusqu'au cœur de la Macédoine, dont il n'est chassé que par le défaut de troupes suffisantes e,t de vivres. Flamininus, 498, met en œuvre à la fois les mécontentements et les défiances

g (1) Plutarc, in Demelr. Liv., XXXI, 80, 40. F*y<x aussi notre Hisioire romaint, t. Il,

(2) Plutarc, in Flaraln. •

(3) Yoyê%\%% détails at les praHTes A Tappui de ee résumé dans notre Histoire romaiof , t. If, e. 14.

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