‹ Précis de l'histoire ancienneChapitre 91 sur 103 · GUERRE DES ROMAINS CONTRE PHILIPPE · texte numérisé non relu

GUERRE DES ROMAINS CONTRE PHILIPPE

que Philippe a iiï^pirés à ses alliés, les négociati<yis, la surprise, la force des armes, Tactive intervention des traîtres vendus aux Romains dans chaque république, pour détacher Tun après l'autre de Talliance durci rÉpire, la Thessalie, Ja Phocide, la ligue achéenne, laBéotie. Il défait ensuite, avec Taide des JEtoliens, Tarmée macédonienne à Cynoscéphales , 197.

Traité. — Par le traité, Philippe renonce à toutes ses possessions et à toutes ses alliances en Grèce : il retire ses garnisons des villes grecques qu'il occupait encore. Il brûle sa flotte et promet de payer mille talents en dix ans. Il s'engage à ne pas tenir armés plus de cinq cents soldats , et à ne pas faire la guerre hors de la Macédoine sans l'aveu du sénat. Il livre son ûls Démétrius comme otage et comme garant de ses

Proclamation de la liberté des Grecs, — Lorsque la célébration des jeux isthmiques eut rassemblé à Corinthe les Grecs, encore incertains de l'usage que feraient les Romains de leurs conquêtes, Flamininus proclama que les Romains rétablissaient dans la jouissance de leur hberté et de leurs lois, délivraient de tout tribut les Corinthiens, lesPhocidiens, les Locriens, les Eubéens, les Achéens Phthiotes, les Magnètes, les Thessaliens, les Perrhaebes. Ces peuples étaient ceux qui depuis longtemps subissaient, non pas seulement l'alliance, mais la domination, les imp6ts, les garnisons des Macédoniens. A plus forte raison les alliés des Romains et de Philippe en Grèce recouvrèrent ou conservèrent la pleine joifissance de leur liberté et de leurs droit3 (1). La Grèce fut ivre d'une joie stupide : elle ne sentit pas qu'une nation que l'étranger avait le pouvoir de déclarer libre devait nécessairement perdre bientôt la liberté avec l'indépendance.

Conséquences du traité et de la proclamation de la liberté des Grecs. — La Macédoine, sans y comprendre la Thessalie ni l'Épire, pouvait lever Jusqu'à soixante mille hommes, c'est-à-dire le cinquième des forces que là Macédoine et la G]%ce, dans une guerre nationale, étaient capables d'opposer à Tëtranger. Le traité, en réduisant la Macédoine à une complète nullité politique, ôtait donc à la Grèce la cinquième partie de ses moyens de résistance. '

Avant Farrivée des Romains en Grèce , cinq peuples réglaient à leur gré leur conduite. Tous les autres, unis à la Macédoine, avaient mêmes amis et mêmes ennemis qu'elle, formaient avec elle la plus grande puissance qui fût dans le

(1) Tite-LiTe, l.XXXI, XXXII, XXXIIL Polybe. l. XVll, et Ambassad., 6-9. PlaUre., iilFlamin.Floru8,l.iI.

08 psftcis VE L*Hi9rDniii AKaENra.

anonÉe ispiéR tes ftipnln& Par te «dédwâtioB <ées jeux is£baik|ues, 4selte piH»- «mee lédéntive fut «détroite ; les divees mendms lomt tous ^éUcbésdu evrfM .liâlléiii^e : on compta .en Gréée joaftt'à seiie peuples tons indépendaiilB les ans des autres. C'étaient les Maeédoniens et les l^irotes; les Ackéens itttthioles, les Magnôtes, les Thessaliens, les Perrbsbes, les Athamanes, dans la Thessalie; les Acarnaniens , les i£toliens unis aux Phoddiens et aux Locriens, les Béotiens^ les Athéniens , les Eubéens , dans la Grèce centrale ; enfin , dans le Péloponèse , les ^paiftîates, les Messéniens, les Ëléens, les Achéens, qui recouvrèrent Argos et Gdfhitlie.

fin rendant à ces Tëpubliques la faculté de se régir par lenrs lois, les Romains 9em devinèrent la faculté de disposer, selon leur caprice, de leurs ressources, de prendre dans chaque occasion telle détermination que leur suggéraient leurs intérêts ou leurs passions du JBometit , d'abandonner leurs voisins ou d'en être abandonnés à leur tour. Ces faibles états ne pouvaient se défendre arec avantage contre l'étranger qu'en dépendant d'une volonté et d'une impulsion uniformes : avoir jeté la divergence dans leurs forces, c'était en avoir pjBodait l'anéantissement.

Ce n'est pas tout. Pour mettre la division dans la division, le sénat fit naître partout deux factions qui avaient éclaté chez les Achéens pendant la demièrt guerre : l'une défendait les lois et l» liberté du pays, Tautre soutenait qu'il n'y avttlt'ëe loi que la volonté des Romains. 11 était impossible à ces deux partis de •toniier jamais d'accord , et de prendre aucune résolution réclamée par les cir-

S YI. — Dans la guerre contre Nabis, la désunion du Péloponèse maintemid.

Après avoir détruit I9. grande union du corps hellénique, Fiamininus travailla à empêcher qu'il ne se formât aucune union partielle et locale. Les Achéens, auxquels il avait fallu restituer Corinthe et Argos, les Lacédémoniens, dont le tyran Nabis avait rassemblé jusqu'à trente mille soldats, tendaient chacun de leur càté à ranger toas ks peuples eu Péloponèse sous une même loi. Dans la guerre que Fiamininus fit à Nabis, il lui enleva Gythiam, mais il s*abstint smgneusement d« l^rendre Sparte «t de détruire ses ressources , afin de laisser des rivaus: aux Achéens, et de tenir le Péloponèse partagé entre les deux peuples. Nabis ne tarda pas à faire aux Achéens une nouvelle guerre, où Philopœmen, avec tous ses talents, ne put écraser Sparte et le tyran; où le Péloponèse, armé contre lui-même, s'affaiblit; où éclata la coupable justesse des vues de Fiamininus (i).

Xi) Xit6-Live,.l, XXXI?, c..M-4ft, oH.XXXV, -c «5. «Brttrqo», ■Vie&4e«F4*mimiia» f t de Ptiilopœmen.

NABIS; tES jETOLIE»S ET ÀNTIOCHUS. 439

S VII, — Les JEtoliens^ mécontentés à dessein^ appellent Antiochut en Gréée.

Sa conduite a;vec les iËtolieos offrit les mêmes csuactères. 11 leur permit iie joindre à leur république la Phocide et la Locride, afin de pouvoir invoquer ce fait au beBoin, et prouver à d^autres alliés, dans d'antres circonstances, que Rome recomiaissante savait récompenser Jes traljbres qui se déclaraient pour elle contre leur compatriotes. Mais la Phocide et la Locride n'ajoutaient presque rien à la force militaire des JEtoliens. Mais il leur refusa opiniâtrement les villes de la Thessalie 4]u'ils réclamaient : il leur ôta tout espoir de conquérir cette contrée jicbe, populeuse, guerrière; d'établir une domination redoutable dans laOrèce^ïentrale; d'bériter du commandement de la Grèce, dont on venaÀt^e dépouiller Philippe, et auquel ils aspirsûent Par ses refua» ^^ les injures qu'il leur prodigua (i), Flamininus espérait les jeter dans le dépit et dans quelque démarche téméraire, qui amepàt de ûouveUes révolutions fatales à la Grèce : il n'y compta pas en vain.

g VUL — Gtêûrre ^AnUe^uê en Grèce. Le$ JEêeUenê^ i'wn des iroU peuples les plus puissants de la Grèce, sont assujettis par les Romains,

Les ^oliens rêvaient toujours la domination de la Grèce. Ils essayèrent d'abord de s'en saisir par eux-mêmes et formèrent trois tentatives à la lois contre la Thessalie, l'île d'Eubée et le Péloponèse. N'ayant réussi qu'à se saisir de Démétriade, ils appelèrent Antiochus en Grèce pour les mettre en possession du commandement dont Rome les avait irustrés.

192. Antiochus attira dans son alliance, outre les ^Etoliens, lesAthamanes, les Éléens, les Béotiens, conquit l'ile d'Eubée et la Thessalie. Les Romains lui opposèrent les Achéens, et Phihppe qu'ils relevèrent jmomentanément : ils combattaient leurs ennemis avec leurs ennemis.

191- Un de leurs préteurs chassa Antiochus de la Thessalie ; Acilius Glabrion et Gâton le vainquirent aux Thermopyles , et le contraignirent il se sauver en Asie (2).

(t) Polybe, Ambassad., 6. Tite-Live, l.XXXIII, c. il, 12, 19. Dans Passemblée des Grecs , Flamininus dit aux JBioliens : ^< Vous ne connaissez rïen , ^loliens , ni aux vue^ » des Romains, ni à mes desseins, ni aux intérêts de la Grèce... Cessez, ^loliens, de » nous Tatiguer les oreilles de vos impertinentes clameurs. » El ils avaient vaincu pour les Romains à Cynosrépbales !

(2) Tite-Live, 1. XXXV, à partir du chap. 33; 1. XXXVI. Plutarque, Vies de Pliilop»men, de Flamininus, de Caton. Appien, Guerre de Syrie, p. I5i et suiv.

440 * ^ P&ÉOS DE l'hiSTOIBB ÀKaE^'KE.

Les iEtoliens , attaqués immédiatement par Acilius et ensuite par Fui- Tius, 4 91 -i 90; priTés des villes dont ils s'étaient saisis en Épireeten Thessalie avec l'aide d'Antiochus ; poursuivis au cœur même de T^fitolie, s'engagèrent, pour s^ sauver d'une ruine entière, à'' reconnaître la suprématie rcMnaine , à n'avoir d'autres amis et d'autres ennemis que ceux de Rome, à livrer leurs armes et leurs chevaux , et à payer une contribution de mille talents euboïques (2,750,000 fr.). Ce traité reçut son exécution l'an 189. Par la soumission des ^toliens , l'un des trois peuples les plus puissants de la Grèce, commencèrent l'asservissement de la Grèce et la domination des Romains dans'ce pays (4).

Fulvius.et Flamininus avaient ménagé de telle sorte les trêves et les reprises d'hostilités avec les-*ltoliens, qu'avant d'être accablés euxmêmes, ils enlevèrent à Philippe la moitié des conquêtes que les Romains lui avaient permis de faire dans la Thessalie et les pays voisins, comme prix des secours qu'il avait fournis aux Romains contre Antiochus (2);

S IX. ~ La ligue achéenne^ la plus grande puissance de la Grèce depuis l'abaissement de Philippe, devient Vohjet de toutes les attaques de Rome.

Dans le cours de la guerre des Romains contre Antiochus, Philopœmen avait annexé Sparte, la Messénie, l'îlede Zacinthe àlaiigue acbéenne, 492-494. La ligue achéenne comprenait^donc^toutes les contrées du Péloponèse. Tous les peuples de la péninsule avaient les mêmes lois, les mêmes magistrats, les mêmes poids, les mêmes mesures. Si cette parfaite union se consolidait , et que les événements préparassent d'utiles alliés aux Péloponésiens, ils pouvaient défendre leur indépendance contre toutes les attaques.

Laliguedevint dès lors l'objet de toutes les violences et.de toutes les perfidies des Romains. Le sénat lui enleva l'ile de Zacinthe ; il acheta dès cette époque les stratèges ou principaux magistrats, Diophane et Aristène, pour prendre en toute occasion contre leur patrie des mesures contraires à ses intérêts; enfin il se déclara le patron des Messéniens, jaloux de Philopœmen, et des esclaves bannis de Sparte, pour faire révolter Messène et Sparte contre la ligue, 488-483. Les efforts de Philo-

(1) Tite Live, I.XXVJ, c. 22-35; 1. XXXVII, c. 6, T, 48,49,50; l.XXXVHI, c. 1-12. - Polyb., Ambassad., 16, 17, 26, 27, 28.

(2) Tite^Live, 1. XXXVI, c. 13, 14, 25, 29, 33, 34, 35, et 1. XXX VUI, c. 2, 3. Plutarque, Yie de FUmiDinus.

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