‹ Précis de l'histoire cléricale de BelgiqueChapitre 13 sur 52 · LES SUITES DE LA CONVERSION DE CLOVIS · texte numérisé non relu

LES SUITES DE LA CONVERSION DE CLOVIS

Le baptême de Clovis eut pour effet de le transformer en protecteur du clergé romain : c'était le triomphe de la gent cléricale. Aussi les principaux évoques, ceux mêmes des contrées soumises aux ariens, s'empressèrent d'écrire au roi pour lui témoigner leur sympathie. La lettre qui lui fut envoyée par Avitus, évêque de Vienne, donne une idée de l'impression que cet événement avait produite sur les chefs de l'Église. « Enfin, dit-il, la divine providence vient de trouver l'arbitre de notre siècle. Tout en choisissant pour vous, vous décidez pour tous. Votre foi est notre victoire. Que la Grèce se réjouisse d'avoir un prince catholique, elle n'est plus seule en possession de ce don précieux, et l'Occident a aussi sa lumière. Bien que je n'aie point assisté en personne aux pompes de votre régénération, j'ai pris part aux joies de ce grand jour. Grâce à la bonté divine, nos régions avaient appris l'heureuse nouvelle avant que votre

(1) Flodoa-ru. JliMor. Remens. Eccles., 1. I, c. 13.

baptême fût accompli. Notre anxiété avait disparu, et la nuit sacrée de la Nativité nous a trouvés assurés de vous. Nous en suivions en esprit toutes les cérémonies; nous voyions la troupe des pontifes répandre sur vos membres royaux l'onde vivifiante ; nous voyions votre tête redoutée des nations se courber devant les serviteurs de Dieu ; ces cheveux nourris sous le casque revêtir l'armure de l'onction sainte, et ce corps purifié déposer la cuirasse de fer, pour briller sous la robe blanche du néophyte. Ce léger vêtement fera plus pour vous qu'une impénétrable armure. Poursuivez vos triomphes. Vos succès sont les nôtres, et partout où vous combattez, nous remportons la victoire (1). »

Le pape Anastase voulut aussi adresser au royal néophyte une lettre de félicitation : cette lettre est un véritable chant de triomphe où le saint père laisse entrevoir ses pensées d'avenir. « Nous voulons faire savoir à ta sérénité, dit-il, toute la joie dont notre cœur paternel est rempli, afin que tu croisses en bonnes œuvres, et, nous comblant de joie, tu sois notre couronne, et que l'Église, notre mère, se réjouisse d'avoir donné à Dieu un si grand roi. Continue donc, glorieux et illustre fils, à réjouir ta mère ; et sois pour elle une colonne de fer; afin qu'elle te donne à son tour la victoire sur tous tes ennemis. Pour nous, louons le Seigneur

(1) Avitl epist. 'Il, ap. Bouquet, t. III.

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