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LES DESCENDANTS DE CLOVIS

à Y ordalie, autre institution païenne qu'il entoura de cérémonies religieuses, pour faire croire à l'intervention miraculeuse de la divinité. La loi salique ne connaissait d'autre ordalie que celle de l'eau bouillante; la loi des Ripuaires fait mention de trois sortes d'ordalies : celle du feu, celle du sort et celle du campus. Évidemment cette dernière, qui n'est autre que le duel judiciaire, a été ajoutée aux précédentes pour lui enlever son caractère primitif et en faire un nouvel élément de superstition.

C'est à ces innovations sans doute qu'il est fait allusion dans un des prologues de la loi salique, où il est dit : « Les choses qui étaient suivant la coutume des païens, Tliéodoric les changea suivant la loi des chrétiens; cependant il ne put tout amender, parce que la coutume des païens était trop ancienne et trop enracinée. »

Le royaume de Théodoric fut réuni de nouveau, en 553, aux autres Ëlats des Francs. Chlotaire, par suite de la mort de ses trois frères et de ses neveux, reconstitua l'unité de la monarchie; maislorsqu'à son tour il passa de vie à trépas, la monarchie fut encore une fois divisée. Chlotaire I'" mourut en 561, assailli par les terreurs superstitieuses du christianisme; il laissait, comme Clovis, quatre fils, entre lesquels on procéda à uir second partage des Etats fondés par les Francs. L'ancien royaume de Metz échut à Sigheberl;

Cliaribert eut le royaume de Paris, Gontram celui d'Orléans et Ghilpéric celui de Soissons.

Après la mort de Cbaribert, en 569, les possessions des rois francs furent réparties en trois royaumes, auxquels on donna les noms d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne. L'Austrasie comprenait, comme naguère le royaume de Metz, l'ancien pays des Saliens et celui des Ripuaires, plus les contrées qui séparent le Rhin de la Meuse, depuis Ghâlons jusqu'à Strasbourg, et les territoires annexés des Allemands, des Tliuringiens et des Bavarois. La rive gauche de l'Escaut, au moins depuis Gand et en amont de cette ville, faisait partie du royaume de Neustrie.

§ 2. ROYAUME d'aUSTRASIE.

Sighebert fut le premier des rois d'Auslrasie. 11 aurait pu fonder sur les institutions nationales de son pays un État franc ou salien proprement dit; mais il eut le malheur d'aller chercher une femme dans le midi de la Gaule : il épousa en 5B6 la trop fameuse Brunehault, princesse espaiînole du sau": des Goths. Cette femme altiôre, impérieuse, apportait dans l'Austrasie toutes les traditions du gouvernement romain, que les Goths s'efforçaient de rétablir en Espagne et en

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Italie. Son influence pernicieuse pesa sur trois générations de rois.

Un grand changement fut opéré dans le pays des Saliens. Jusqu'alors les habitants n'avaient connu d'autre ordre de société et d'autre forme de gouvernement que l'ordre et la forme des anciens peuples germains. Mais au temps de Brunehault, nos chroniqueurs signalent la présence dans la Hesbaye d'un duc ou comte chargé du gouvernement de toute la contrée située entre la Forêt charbonnière et la Meuse jusqu'aux confins des Frisons.

Il paraît que déjà à cette époque on appelait Frisons tous les peuples répandus entre les bouches de l'Ems, de la Meuse et de l'Escaut, en remontant le cours du Rhin jusqu'aux environs d'Utrecht et en confinant par la Zélande à la Flandre et au pays d'Anvers. Les peuples de ces contrées, où la confédération salienne avait pris naissance, avaient rompu avec elle et étaient devenus ses ennemis, depuis que les Francs s'étaient associés aux entreprises des évoques gaulois.

Le personnage envoyé dans la Hesbaye pour administrer nos provinces était Karlman, souche de la famille des Peppins, il avait sa résidence à Landen.

L'apparition d'un officier do la couronne dans ce pays, qui, depuis l'expulsion des Romains, se

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gouvernait par lui-même, impliquait une nouvelle forme de gouvernement, la substitution du principe monarchique au principe démocratique et comme conséquence l'introduction du système des bénéfices, en usage dans la Gaule romaine et inusité dans la Gaule germanique. Karlman devait être un de ces chefs de guerre, de ces antrustions dont on récompensait les services par la collation d'un gouvernement de province avec jouissance bénéficiaire des domaines du fisc.

Il nous est resté un témoignage irrécusable des efforts, tentés à cette époque pour introduire dans l'Austrasie le régime de la Gaule romaine : c'est i'édit de Ghildebert II, fils de Sighebert, contenant les résolutions prises dans trois assemblées successives, à Andernach, à Maestricht et à Cologne, en 593, 594 et 595.

La tendance politique de cet édit est évidemment •de substituer les lois romaines, surtout celles de l'Église, aux lois et coutumes des Germains. On y voit que la loi salique est déjà fortement entamée : l'ordre des successions est modifié, les commandements de l'Église en fait de mariage sont érigés en lois; dans beaucoup de cas, la peine de mort est substituée au système des compositions ; la vieille coutume germanique appelée Chrenecruda est proscrite comme entachée de paganisme; l'obligation de s'abstenir de tout travail les jours de dimanche est imposée à des gens qui

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