‹ Précis de l'histoire cléricale de BelgiqueChapitre 18 sur 52 · ROYAUME D'AUSTRASIE · texte numérisé non relu

ROYAUME D'AUSTRASIE

n'avaient aucune idée des sept jours de la création.

Un autre fait non moins grave nous est révélé par ce document : c'est que l'organisation administrative et judiciaire des Francs saliens était fortement altérée. Au lieu di; gau ou de pagus Fédit parle de centène, et au lieu de graf'û cite un juge appelé centenier, qui a le pouvoir de faire pendre sur place les individus accusés de certains méfaits, pourvu qu'ils n'appartiennent pas à la classe des Francs, c'est-à-dire des ingenui.

Parmi les prescriptions de ce décret, il en est qui ne pouvaient s'imposer qu'à une population soumise de gré ou de force aux pratiques du catholicisme. Mais i) est à remarquer que les lieux dans lesquels les assemblées avaient été tenues étaient précisément ceux où l'Église romaine avait eu autrefois des sièges épiscopaux. Depuis la débâcle des Romains toutes traces du christianisme avaient disparu des contrées occupées par les Francs ; mais il ne serait pas impossible que les traditions chrétiennes se fussent conservées dans quelques familles de Cologne, qui était une ville romaine, et de Macstricht, où s'était réfugié saint Servais, peut-être avec une partie de ia population chrétienne de Tongres.

Chlotaire II, après avoir fait périr Brunehault et sa lignée, réunit sous son sceptre les royaumes de Neustrie, d'Austrasie et de Bourgogne; mais comme il n'avait été que l'instrument de l'aristo-

cratie des trois royaumes, on chargea du gouvernement de chacun de ces États un maire de palais auquel le roi dut promettre l'inamovibilité. Ce nouvel ordre constitutionnel ne fut pas de longue durée; les Austrasiens se montraient peu satisfaits de devoir reconnaître pour roi un prince qui ne résidait pas au milieu d'eux. Leur mécontentement se manifesta avec tant d'énergie qu'il fallut, en 622, détacher leur pays du royaume de Neustrie et de iiourgogne. Chlotaire fut obligé d'abandonner cette partie de ces États à son fils Dagobert, qui, étant encore très-jeune, fut confié à la tutelle de saint Arnulph, évoque de Metz. Peppin de Landen, fils de Karlman, fut nommé maire de palais

L'Austrasie avait donc recouvré son indépendance ; mais à la mort de Chlotaire, ces mêmes Austrasiens qui avaient exigé la sécession, aidèrent le roi Dagobert à s'emparer des couronnes de Neustrie et de Bourgogne et à réunir de nouveau les trois royaumes.

C'est ainsi que l'esprit de rivalité de l'aristocratie militaire des Francs entretenait la guerre entre l'Austrasie et la Neustrie. Il ne s'agissait pas d'une guerre de peuple à peuple, d'une lutte de nationalités, mais d'une lutte de prépondérance. Les Francs d'Austrasie et les Francs de Neustrie se jalousaient mutuellement. Les Austrasiens se séparèrent des Neustriens, lorsque le siège de la royauté fut établi en Neustrie, et qu'ils virent leur

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