LOUIS LE DEBONNAIRE
lils aîné Lothaire, comme collègue et successeur, et qu'il l'a couronné empereur. Ses deux autres fils, Peppin et Louis, sont nommés rois; au premier il donne l'Aquitaine, la Wasconie et toute la marche de Toulouse, ainsi que quatre comtés, Carcasonne en Septimanie, Autun, Avallon et Nevers en Bourgogne ; au second il adjuge la Bavière, le pays des Garinthiens, des Bohèmes, des Avares et des Slaves ; en outre, deux villas royales, Luttraof et Ingoldestadt, dans le pagus de Nortgau. Tout le reste de la Gaule et de la Germanie, avec Rome et le royaume d'Italie, appartiendra à Lothaire, chef de la monarchie franque.
Les rapports des trois frères entre eux, leurs droits et leurs pouvoirs respectifs, le mode de successibilité de leurs enfants, etc., sont réglés dans seize articles. Ghacun sera souverain dans ses États ; toutefois les deux rois ne peuvent se marier, ni faire la guerre ou traiter de la paix sans l'assentiment de l'empereur. Ils se rendront tous les ans auprès de lui, pour lui apporter leur offrande, conférer sur les affaires publiques et recevoir ses instructions.
Le principe qui domine dans cet acte de partage est l'unité de l'Empire, correspondant à l'unité de l'Église avec laquelle l'Empire devait s'identifier. En réalité ce n'est que dans l'intérêt de l'Église que ce principe fut proclamé et maintenu. Gela explique pourquoi les évêques, qui avaient cou-
couru à l'acte de partage de 817, et qui le confirmèrent par leurs déclarations réitérées en 821, tenaient tant à cet acte appelé Divisio imperii, et comment ils devinrent pour la plupart ennemis de Louis, lorsqu'il voulut modifier ce partage et en faire un autre.
Après la mort de l'impératrice Irmengarde, une sorte d'affaiblissement d'esprit se manifesta chez l'empereur; il eut alors la pensée d'abdiquer et de se retirer dans un monastère ; il se réconcilia avec ses frères illégitimes en présence des évèqaes et des grands du royaume; puis il se rendit à l'église, où il confessa publiquement ses péchés, et déclara vouloir se soumettre à une pénitence, pour avoir fait lonsurer malgré eux les bâtards de son père. Mais bientôt la nature remporta sur le bigotisme; les pensées dévotes firent place à des pensées d'amour et de mariage; il prit soudainement la résolution de s'unir à une jeune personne dont tous les contemporains vantent la beauté, la grâce et la séduisante douceur.
A ces qualités aimables, Judith — c'est le nom de la nouvelle impératrice — en joignit bientôt une autre, qui eut les conséquences les plus graves. Devenue mère en 823, elle poussa l'amour maternel jusqu'à, lui sacrifier aveuglément toutes considérations politiques. Son fils Charles, que Fhistoire désigne sous le nom de Charles le Chauve, était venu au monde tardivement, après le partage