LOTHAIRE EMPEREUR
rieusement, sous le nombre de leurs ennemis.
Après la bataille de Fontenaille, à laquelle avait assisté Agnellus, envoyé du pape, Lothaire, qui s'était enfermé à Aix-la-Chapelle, tâcha d'y rétablir ses forces. Cependant Charles et Louis auraient voulu trouver une solution ; étant à Coblence eu 842, ils n'hésitèrent pas à la demander à l'Eglise, c'est-à-dire aux évêques qui les entouraient, alléguant qu'un jugement de Dieu leur paraissait propre à terminer le grand conflit entre eux et leur frère aîné. Le synode réuni à celte fin demanda aux deux rois s'ils voulaient gouverner d'après la volonté de Dieu et ne pas suivre les mauvais errements de Lothaire. Ils en firent la promesse solennelle. Alors les évêques déclarèrent que Lothaire, dénué de toute aptitude et de tout bon vouloir pour le gouvernement de l'État, était déchu par jugement de Dieu. Ils autorisèrent Louis et Charles à se partager tout l'empire, leur disant : « De par l'autorité divine, nous vous avertissons, nous vous exhortons, nous vous enjoignons de recevoir ce royaume et de le gouverner selon la volonté de Dieu. »
Cette sentence de l'autorité divine était plus facile à prononcer qu'à exécuter. Lothaire qui se retirait vers l'Italie, s'arrêta près de Lyon. Les deux rois marchaient contre lui, lorsqu'il leur envoya un messager, chargé de leur dire qu'il désirait la paix et un arrangement final. Louis et Charles
eurent le bon esprit de répondre qu'ils n'avaient jamais voulu autre chose et qu'ils étaient prêts à s'entendre.
Des négociations s'ouvrirent; on envoya des commissaires dans tout l'empire, pour faire un relevé territorial exact des comtés, des évècliés, des abbayes, ainsi que des domaines royaux, et pour en déterminer la valeur sous le rapport des revenus. Ils devaient se retrouver à Verdun pour procéder au grand œuvre du partage. Tout fut terminé au mois d'avril 843. Les trois frères vinrent à Verdun, et jurèrent de maintenir le partage définitivement arrêté.
Au commencement de l'année 855, l'empereur Lothaire fit à son tour le partage de ses États entre ses trois fils, et se retira malade à l'abbaye de Prum, où il mourut. L'aîné de ses fils, appelé Louis, lui succéda comme empereur et roi d'Italie; le deuxième, du nom de Lothaire, eut le pays situé entre le Rhin et l'Escaut, comprenant l'ancienne Austrasie; le plus jeune obtint le royaume de Provence. Pour la Belgique, dont le territoire formait la partie principale du royaume de Lothaire, cette combinaison était des plus heureuses, car elle plaçait ce pays à la tête d'un État indépendant, qui prit le nom de Lotharingie.
PÉRIODE LOTHARINGIENNE.
Royaume de Lotharingie. — Union des couronnes de Lotharingie et de Germanie. — Zwentibold, roi de Lotharingie. — Union des couronnes de Lotharingie et de France. — Annexion de la Lotharingie à la Ger-
manie.