DISSOLUTION DE L'EMPIRE. 8T
furent atteints et massacrés, lorsqu'ils cherchaient à regagner la mer, dans un lieu que saint Jérôme et Cassiodore appellent Denson et qui pourrait bien être Deynze sur la Lys. Yalentinien s'occupa toute sa vie à fortifier les bords du Rhin ; il fit faire des levées, construire des châteaux, placer des troupes, etc. Il paraît avoir tenu sa cour à Trêves et s'être livré au plaisir de la chasse dans les Ardennes. Deux lois des empereurs Yalentinien, Valence et Gratien sont datées de Nassogne, entre Saint-Hubert et Marche, le trois des nones de juillet 372 (i). Cependant c'est à Amiens qu'il donna le titre d'Auguste à son fils Gratien. Au reste, il est à peine fait mention dés Francs dans l'histoire de ce règne; c'est surtout contre les Allemands que Yalentinien eut à défendre les frontières de l'empire (2).
Gratien succède à. Yalentinien en 375. Maxime prend la pourpre en Bretagne en 383 et fait assassiner Gratien; il règne sur l'Occident jusqu'en 388.
Cette époque est marquée par une expédition des Francs dans la Germanie cis-rhénane.On en trouve le récit dans Grégoire de Tours, d'après un historien inconnu que Grégoire appelle Sulpice-Alexandre. Cet historien après avoir dit que Maxime, ayant perdu tout espoir de conserver l'empire,
(1) On trouve ces lois dans le Code, lib. XII, tit. IV, de prœfectis prœlorio, et titre XII, de coraitibus rel mililaris.
(2) Amm. Marcel., ieer. tjest. ,\ih. XXVII, c. 10.
restait dans Aquilée, presque privé de tout, ajoute : ce Dans ce temps, les Francs, sous la conduite de Gennobaude, Marcomer et Sunnon, leurs ducs, firent irruption dans la Germanie (cis-rliénane) et, passant la frontière, massacrèrent beaucoup d'habitants, pais ravageant des cantons d'une grande fertilité, portèrent fépouvante jusqu'à Cologne. Dès que la nouvelle en fut venue à Trêves, Nannenus et Quintinus, commandants de la milice, à qui Maxime avait confié l'enfance de son fils et la défense des Gaules, assemblèrent une armée et se rendirent à Cologne. Mais les ennemis, chargés de butin, après avoir pLilé les richesses des provinces, repassèrent le Rliin, laissant sur le territoire de l'empire plusieurs des leurs, prêts à renouveller les ravages. Les Romains combattirent avec avantage et tuèrent un grand nombre des Francs, près de la foret charbonnière (1), ce qui est assez loin du Rhin.
Grégoire de Tours cite encore quelques petits fragments du livre de Sulpiee Alexandre, qui touchent à fhistoire de la Belgique. Dans un de ces fragments, l'auteur, après avoir raconté le meurtre de Victor, fils du tyran Maxime, dit : « Dans ce temps Charietton et Syrus, mis à la place de Nonnenus, s'opposèrent aux Francs avec une armée, dans la Germanie. » Et après quelques mots sur
(1) Gregor. Turon , Hist. ecc'.es. Franc, lib. II. c. 9.