FEODALITE ECCLESIASTIQUE
Oa ie gouvernement du duché à Godefroid de Bouillon.
En J096, Godefroid se laissa entraîner par son esprit aventureux à prendre part à ces expéditions folles qu'on a i\p\-)elùeslcroisades . Dès que la croisade fut publiée, il vendit son château à levèque de Liège et partit pour la terre sainte. Ce fut donc 1 "église de Liège, qui profita de l'aveuglement du duc de Basse-Lotharingie. L'évoque Otker saisit avidement l'occasion qui se présentait d'-acquérir cette forteresse ; il entra en arrangement avec Godefroid, et obtint le fief de Bouillon au prix de treize cents marcs d'argent. Seulement on stipula pour Godefroid ou ses héritiers la faculté de retraire ce fief, dans le terme de quatorze années, en remboursant la somme fournie par l'évoque. Godefroid mourut roi de Jérusalem en 1 100, et ne laissa pas à ses héritiers de quoi opérer le rachat de son château. Il avait d'ailleurs permis aux habitants de Metz de racheter leur ville, dont il était suzerain, et vendu Stenay et Mouson à l'église de Verdun ; de sorte que son héritage se trouva probablement réduit au troue de Jérusalem.
D'autre part, l'évèque de Liège avait encore acheté de Baudouin, comte de Ilainaut, qui voulait aussi se croiser, la ville et le château de Couvin, pour cinquante marcs d'or. Cependant Otker n'était pas fanatique; il ne devait pas être grand partisan des entreprises romaines, car il prit ou-
•i'.H PKKCIS DE L'HISTOIRE CLERICALE.
vertement parti pour l'empereur Henri IV, excommunié et réexcommunié par les papes Grégoire, Pascal et Urbain; mais c'était un esprit positif, qui entendait l'économie politique, ce qui chez lui n'était pas exclusif des qualités du cœur. Son attachement à l'empereur, qui l'avait nommé évoque en dépit de l'opposition du haut clergé liégeois, est un exemple de reconnaissance, rare surtout parmi les gens d'Eglise.
Après la mort de Godefroid de Bouillon, la maison de Louvain fit de nouveau valoir ses prétentions au duché de Basse-Lotharingie ; mais l'empereur Henri IV donna le gouvernement de ce duché à Henri, comte de Limbourg, issu d'une branche de la maison d'Ardennes, qui possédait le comté d'Arlon et plusieurs seigneuries sur les bords de la IMeuse. Il fallut que de nouveaux événements changeassent les dispositions de l'empereur, pour que les membres de la maison de Louvain parvinssent à leur but.
Les papes, en flattant l'ambition des fils de l'empereur Henri, les avaient entraînés, l'un et l'autre, à la révolte contre leur père. En M 05, l'aîné étant mort, c'était le second, appelé Henri comme son père, qui avait pris les armes contre l'empereur. Celui-ci s'était réfugié à Liège, auprès d'Otker, son ancien chapelain. Les papes Urbain II et Pascal II s'efforcèrent successivement de détacher le prélat du parti impérial; n'ayant pu y