‹ Précis de l'histoire cléricale de BelgiqueChapitre 44 sur 52 · FEODALITE ECCLESIASTIQUE · texte numérisé non relu

FEODALITE ECCLESIASTIQUE

réussir, ils cherchèrent à lui susciter des embarras dans son diocèse; ils menacèrent ses sujets des foudres de l'Église, s'ils ne chassaient ce loup, ce larron, comme ils l'appelaient. Mais les Liégeois ne tinrent aucun compte de ces menaces; toutes leurs sympathies étaient pour le vieil empereur, dont la grande infortune avait su les toucher.

Nous citons cet épisode de l'histoire de Liège d'après Polain, dont l'orthodoxie ne saurait être mise en doute. Furieux de l'obstination des Liégeois, Pascal II finit par les excommunier et chargea Robert, comte de Flandre, de porter la guerre sur leur territoire. Mais un bon nombre de seigneurs arrivèrent à Liège, pour aider l'empereur. On cite, entre autres, Henri deLimbourg, duc de Basse-Lotharingie, le comte de Namur, Guillaume de Luxembourg, Gérard de Juliers, Otton de Chiny. Alors Henri V, recourant à la ruse, fit annoncer qu'il se rendrait égalementà Liège poury célébrer la Pàque en compagnie de son père et s'y réconcilier avec lui. Sans doute il espérait ainsi le contraindre à quitter cette ville, ou peut-être s'emparer de sa personne. Il partit en effet d'Aix-la- Chapelle le jour du jeudi-saint, précédé d'un gros corps de cavaliers, et se dirigea vers la ville de Visé, afin d'y traverser la Meuse sur le pont qu'Ogier le Danois y avait autrefois fait construire. Henri IV, ne voulant pas exposer Liège au ressentiment de

son fils, se disposa à fuir ; mais il en fut empêché par Otker et par les comtes qui étaient venus se joindre à lui. Tous se portèrent avec leurs soldais à la rencontre de Henri V. Les Liégeois se placèrent en embuscade sur la rive gauche de la Meuse ; le fils du comte de Limbourg, Waléran, resta seul en évidence près du pont, à la tète d'un petit nombre d'hommes. Les cavaliers de Henri V étant arrivés, voulurent forcer le passage et engagèrent le combat avec les gens de Waléran. Ceux-ci ne résistèrent que faiblement, puis s'enfuirent dans la direction de l'embuscade. Les Allemands les poursuivirent en désordre et allèrent tomber au milieu des Liégeois, cachés dans les broussailles. Pressés, enveloppés de toutes parts, les Allemands prennent la fuite à leur tour; beaucoup d'entre eux périrent dans la Meuse, le pont ayant cédé sous le poids du grand nombre.

L'année suivante, Henri V réunit une seconde armée et vint assiéger la ville de Cologne, dont les habitants s'élaient déclarés pour son père. Cette ville renfermait un grand nombre d'archers appartenant aux gildes ou métiers de Liège, du Brabant et du Limbourg. Ces intrépides bourgeois firent une admirable défense. Henri V se vit contraint de lever le siège; il venait d'apprendre d'ailleurs que l'évoque Otker et le duc de Basse-Lotharingie rassemblaient force gens d'armes et se proposaient de venir l'allaquer. Il préféra marcher à leur ren-

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