‹ Précis de l'histoire cléricale de BelgiqueChapitre 9 sur 52 · INVASION D£ LA GAULE ROMAINE · texte numérisé non relu

INVASION D£ LA GAULE ROMAINE

des dotaLions pour leurs enfants. On l'avait élu archevêque en 459, lorsqu'il était à peine entré dans sa vingt-deuxième année. Les hagiograplies racontent que sa mère sainte Célinie, déjà avancée en âge, l'avait conçu miraculeusement et que cette heureuse conception lui avait été annoncée, Comme à la vierge Marie, non par un ange, mais par un moine appelé Montan. — Ils ne disent pas si c'est le moine qui fit le miracle. — Sa nourrice, sainte Balsamine, était mère de saint Celsin. Son frère, saint Principe, fut évoque de Soissons, et son neveu, saint Loup, succéda à saint Principe dans le même évèché. Il avait plusieurs autres neveux qui participaient, en qualité de saints, aux bénéfices ecclésiastiques.

Saint Rémi était le plus puissant des membres de l'aristocratie gauloise; c'était lui qui dirigeait toute la politique du clergé. Dès qu'il eut appris que Clovis avaitsuccédé à son père, il adressa au jeune prince une lettre pleine d'obséquiosité, de conseils ofïicieux et d'insinuations plus ou moins intéressées. Cette tentative n'eut point de succès immédiat ; les Francs saliens demeurèrent encore plusieurs années derrière la Somme. Ce ne fut qu'en 486 que Clovis, à la tête de ses leudes, envahit le royaume de Syagrius.

Le dernier représentant de la puissance romaine résista assez faiblement aux cinq mille hommes qui composaient l'armée de Clovis. Après le premier

choc, il s'enfuit précipitamment et courut cherciier un refuge auprès du roi des Visigotlis à Toulouse. Clovis, s'étaut rendu maître de Rheims et de Soissons, le fut bientôt de toute la partie de la Gaule qui n'était pas occupée par les Goths ou les Burgondcs.

Celte glorieuse conquête fut pour la Belgique la source d'une révolution sociale, non immédiate, mais inévitable. Elle eut d'abord pour conséquence d'unir ce pays à la Gaule romaine par des liens souvent rompus, mais toujours prêts à se renouer. Cette union n'était cependant pas naturelle, c'est-àdire qu'elle n'était pas commandée par des tendances identiques et des sympathies réciproques. Il y avait entre les deux peuples des différences de mœurs, d'esprit et de caractère tellement prononcées qu'aucune assimilation ne semblait être possible, La condition des habitants de la Gaule ne différait guère de ce qu'elle fut sous la féodalité. Il y avait dans ce pays des possessores qui payaient le cens, et qu'on entassait dans les prisons lorsqu'ils ne pouvaient payer. W y a\3iil des tributarii, des coloni, des inquilini, des mansionarii, enfin tout un bétail humain — comme dit Lehuérou — qui sous des noms divers exploitaient les champs d'un maître. Au-dessus de cette population dégradée s'élevaient les seigneurs, patrones, sous la protection desquels les lois défendaient vainement de se placer. C'était la noblesse de l'époque; c'étaient

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