AVCNE.MENT DE NICOLAS I
étaient soutenus par une multitude égarée et par des conspirateurs « en frac » dont l'un tire à Miloradowich, gouverneur général de Saint-Pétersbourg, un coup de pistolet à bout portant qui le renverse et le tue. Un détachement des soldats révoltés rencontra le czar lui-même au seuil de son palais. « Rebelles, vous vous trompez de chemin », leur dit Nicolas. Intimidés, ils se dispersent. Mais la sédition continue sur la place du Sénat. Après avoir épuisé tous les moyens de persuasion, l'empereur, s'appuyant sur les régiments fidèles, a enfin recours à la force. Vers quatre heures, la mitraille balaye la place, la cavalerie charge les fuyards, et au bout d'une heure le silence le plus profond a succédé aux cris de : Vive Constantin ! Vive la constitution !
Le lo janvier 1826, une autre conspiration militaire est réprimée à Kief avec la même énergie. Cent vingt condamnations furent ensuite prononcées par une haute cour spéciale ; cinq des chefs subirent la peine capitale le 25 juillet, et leurs complices ou auxiliaires furent déportés en Sibérie.
Le 3 août. Nicolas Ier était couronné à Moscou.
Tel fut l'avènement du successeur d'Alexandre. Si, dans la crise redoutable que l'empire venait de traverser, Nicolas n'avait déployé des qualités de premier ordre, surtout une énergie héroïque, la Russie pouvait être précipitée dans l'abîme des révolutions.
C'est la France qui va y être entraînée bientôt par l'imprévoyance, les ressentiments et la fatale obstination de Charles X.