DEUXIÈME PÉRIODE
La Belgique atteignait un degré de splendeur qui Prospén rappelait les époques mémorables des ducs de laBeigiq, Bourgogne et de Charles-Quint. Les relations avec les anciennes colonies hollandaises, la libre navigation de l'Escaut, la construction de nombreuses voies de communication, les encouragements du gouvernement, enfin le calme qui avait succédé à la chute de Napoléon, tout favorisa la prospérité renaissante des provinces belges. Anvers allait rivaliser avec Amsterdam et Rotterdam; Gand était appelé le Manchester des Pays-Bas ; de simple chef-lieu d'un département français, Bruxelles était
6i HISTOIRE CONTEMPORAINE.
redevenu la capitale des provinces méridionales. L'activité qui régnait dans les exploitations minières, dans les manufactures et dans les ateliers; l'aspect riant des campagnes, la progression si remarquable de la population, étaient des signes non moins certains d'une situation brillante et, en apparence, heureuse. — Mais ce beau royaume renfermait aussi des germes de dissolution, et, pour les extirper, il aurait fallu une grande habileté. Guillaume Ier avait de nobles qualités; malheureusement il se signalait également par une dangereuse obstination. « Il est un de ceux, écrivait le duc de Wellington à Metternich, qui ne sont pas très-faciles à ébranler quand ils ont une fois adopté leurs mesures. »
Antagonisme 11 existait plusieurs causes primordiales d'anta-
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eidumj.ii. gonisme entre le nord et le midi : mœurs, langage, souvenirs, tout était différent dès que l'on avait dépassé la ligne d'Anvers. La question religieuse élevait une autre barrière entre les deux parties du royaume. Bien que la Loi fondamentale eût décrété la liberté entière des cultes, bien que le gouvernement eût comprimé en 1817 l'opposition de l'épiscopat, il était à craindre qu'un redoutable conflit n'éclatât de nouveau un jour entre le catholicisme dominant en Belgique et le protestantisme qui devait se croire tout-puissant sous le règne d'un prince fortement attaché à la religion de ses pères.
Dépassant la lettre de la Loi fondamentale, le gouvernement voulut s'emparer absolument de la direction de l'enseignement et anéantir toute liberté en cette matière. Le but de Guillaume Ier était encore une fois d'élever une barrière entre la France et la Belgique, en poussant les Belges dans une voie qui différait essentiellement de celle où la congrégation entraînait les Français. De là les deux célèbres arrêtés du 14 juin 1825, l'un qui plaçait toutes les écoles, sans distinction, sous la surveillance du gouvernement; l'autre qui instituait le collège philosophique de Louvain, afin de faire rentrer aussi dans les attributions du pouvoir civil l'instruction préparatoire des jeunes gens qui se destinaient au sacerdoce.
Des familles catholiques ayant envoyé leurs fils aux collèges de Saint-Acheul et de Fribourg, dirigés par la Société de Jésus, un troisième arrêté du 14 août 1825 interdit l'entrée des universités nationales et du collège philosophique à tous les jeunes Belges qui, après le 1er octobre 1825, iraient étudier les humanités hors du royaume et les exclut de tous les emplois dont disposait le gouvernement ainsi que des fonctions ecclésiastiques.
L'épiscopat refusa son concours au collège philosophique; de leur côté, les députés, qui représentaient aux états généraux l'opinion catholique, protestèrent contre les arrêtés de 1825 et réclamèrent la liberté d'enseignement. Mais les vieux
Arrêtes
du 14 juin
pg HISTOIRE CONTEMPORAINE.
libéraux, les anciens joséphistes avaient applaudi aux mesures prises par le gouvernement : ils espéraient que Guillaume Ier triompherait là où Joseph II avait échoué. Quelle fut la déception de ces vieux libéraux lorsqu'ils apprirent que le gouvernement avait conclu un concordat avec la cour de Rome afin de terminer les différends religieux! Toutefois la satisfaction donnée aux catholiques ne fut qu'éphémère ; on sut bientôt que l'exécution pleine et entière du concordat" était entravée par des réserves et des restrictions.
Ce système de bascule finit par irriter les deux
partis, les libéraux et les catholiques, et ces deux
partis, que l'on avait toujours crus irréconciliables,
étaient maintenant à la veille de se confondre dans
union une opposition commune. Telle fut l'origine de la
cathodes fameuse Union, préparée en 1827 et conclue en
des libéraux. jg28-
Pour conclure et cimenter cette alliance, les catholiques répudièrent les doctrines réactionnaires du Jugement doctrinal de 1815, tandis que les libéraux renonçaient aux doctrines exclusives de l'école philosophique du xvme siècle. Les libéraux et les catholiques, unis, finirent par réclamer ensemble la liberté des cultes, la liberté de la presse, la liberté de l'enseignement, le jury et la responsabilité ministérielle. Mais, jusqu'au dernier moment, catholiques et libéraux repoussèrent toute idée de sécession ou de soulèvement. Les uns et
les autres avaient pour mot d'ordre : redressement des griefs.
Ce rapprochement inattendu des libéra u-x et des cathodiques avait excité la surprise et jusqu'à un certain point l'inquiétude du roi Guillaume. Cependant ne dépendait-il pas de lui de tout apaiser? S'il avait congédié le ministre auquel on attribuait une influence funeste sur le gouvernement ; s'il s'était séparé de M. Van Maanen, dont l'impopularité faisait un tort considérable à la dynastie, s'il avait appelé dans ses conseils quelques-uns des députés belges qui s'étaient signalés par leur talent et leur modération, l'équilibre eût pu se rétablir entre les deux parties du royaume. On serait entré dans une voie d'apaisement et de concorde. La Belgique avait fait d'immenses progrès depuis 1815, et la traiter encore comme un accroissement de territoire, c'était plus qu'un anachronisme, c'était une faute capitale.
Le 8 novembre 1828, M. de Potter, devenu le ^-ptocc. chef de l'opposition belge, avait publié dans le M- de Polur- Courrier des Pays-Bas un article destiné à faire évanouir le fantôme du jésuitisme, trop souvent évoqué par le ministère pour intimider les libéraux. « Opposons, disait-il, des mots à des mots. Jusqu'ici on a traqué les jésuites : bafouons, honnissons, poursuivons les ministériels. » Traduit devant les assises du Brabant, M. de Potter fut condamné à dix-huit mois de prison et à 1,000 florins
FTISTOIRE CONTEMPORAINE.
ht message.
t» procès
de
M. He Potter.
d'amende, en vertu des dispositions de l'arrêté-loi du 20 avril 1815 qui, dirigé contre les bonapartistes, dans des circonstances exceptionnelles, avait été déloyalement maintenu, quoique la Loi fondamentale eût promis la liberté de la presse. Le gouvernement finit toutefois par céder aux réclamations de la représentation nationale. Le 16 mai 1829, l'arrêté de 1815 fut remplacé par une loi d'un caractère très-libéral. D'autres concessions suivirent le pétitionnement presque général de 1829. Le gouvernement rendit la liberté aux séminaires et déposa un projet de loi qui restreignait en matière d'enseignement l'intervention de l'État.
Mais tout le fruit de ces concessions fut perdu par la présentation d'un autre projet ayant également la presse en vue et accompagnant un message, où le monarque plaçait la royauté au-dessus de la Loi fondamentale de l'État. Les fonctionnaires reçurent l'injonction d'adhérer dans les quarantehuit heures aux principes de ce message.
L'opposition grandit alors aux états généraux et dans la presse. Quoique prisonnier aux Petits- Carmes, M. de Potter publie un projet de confédération patriotique, suggéré par M. Tielemans, référendaire au ministère des affaires étrangères. Ils sont poursuivis pour avoir, selon l'acte d'accusation, excité les citoyens à un complot ayant pour but de changer ou de renverser le gouvernement du pays. Le 30 avril 1830, la cour d'assises du
Brabant condamne de Potter à huit années de bannissement; ses complices (comme on les désignait), Tielemans et A. Bartels (rédacteur du Catholique) sont condamnés à sept années de la même peine.
Guillaume Ier, ayant mieux apprécié l'état des esprits, voulut enfin satisfaire les Belges. L'usage officiel des langues fut rendu, dans les provinces méridionales, à peu près entièrement facultatif aux concession* parties intéressées, et les ordonnances du 14 juin et du 14 août 1825 furent abrogées. Mais presque en même temps paraissait un arrêté qui fixait à La Haye le siège de la haute cour (cour de cassation). On rappela que la Hollande était déjà dotée de tous les établissements principaux du royaume; on signala de nouveau l'inégale distribution des emplois. On démontra encore une fois combien la suprématie attribuée au nord était humiliante pour les Belges. C'était là le grief permanent; depuis quinze années, la suprématie hollandaise se manifestait dans l'État tout entier, depuis la base jusqu'au sommet.
La révolution de juillet (1830) éclata et vint surexciter les esprits. Mais, à cette époque même, personne encore ne songeait, dans les provinces méridionales, à une séparation ou à une révolution. Redressement des griefs! c'était toujours le mot Qu.emde
» i i u • ■ t -/ii du gouverne
d ordre de 1 opposition. La quiétude du gouverne- ment, ment était d'ailleurs complète. La garnison de
Bruxelles resta ce quelle était, insuffisante poui réprimer un soulèvement; elle se composait de 1,200 hommes environ, sans une pièce d'artillerie.
Le 10 août 1830, Guillaume, accompagné du prince Frédéric, vint à Bruxelles pour y visiter l'exposition des produits de l'industrie nationale. L'accueil que lui fit le peuple fut enthousiaste; la bourgeoisie se montrait froide et réservée. Le général de Bylandt, gouverneur militaire du Brabant méridional, fit entrevoir au prince Frédéric dans quelles difficultés il se trouverait si l'ordre venait à être troublé. Le prince haussa les épaules, et, quoique ministre de la guerre, ne prit aucune mesure, ne donna aucune instruction. De son côté, le comte de Mercy-Argenteau, grand chambellan, adjura le roi de ne pas quitter Bruxelles parce que sa présence y était nécessaire. Guillaume ne l'écouta pas et, le 12, repartit pour le château de Loo, en Gueldre, où il n'avait pas même la ressource de pouvoir communiquer journellement avec ses ministres, dont la plupart étaient à La Haye.
Après le départ du roi, des émissaires fran- Pnpaga«k çais , envoyés par les associations républicaines de Paris, devinrent plus audacieux. Mais, sauf une intime minorité, les Belges ne se montraient nullement désireux de se replacer sous la domination dont ils avaient été affranchis en 181-4. Un agent du gouvernement de Louis-Philippe vint
fr;u<,aise.
dire à l'un des chefs de l'opposition qu'il fallait tout calmer, l'armée française n'étant pas prête, et arrêter toute explosion pendant une année. Cet avertisssement arriva trop tard.
Le 2o août, après une représentation de la Muette de Portici, au théâtre royal de Bruxelles, les troubles commencèrent. La répression fut sans énergie : les troupes, sous les armes dans les casernes, ne reçurent pas même l'ordre d'agir. Trouble». Le lendemain, vers midi, elles se réunissaient devant les palais qu'on disait menacés ; là, gardant la défensive, elles allaient bivaquer jusqu'au 3 septembre.
Déjà des agents de la propagande étrangère avaient arboré à l'hôtel de ville le drapeau français. Il fut arraché par des mains belges et remplacé par le drapeau brabançon. On peut déplorer l'intervention des émissaires des clubs de Paris dans les premiers troubles de Bruxelles; mais il ne faut pas exagérer l'influence que cette intervention a pu exercer sur les destinées de la Belgique. Tôt ou tard, sauf un changement complet de système, la révolution devait s'accomplir. « Certes, a dit un éminent publiciste, si les ordonnances de juillet n'avaient pas précipité Charles X de son trône, Guillaume Ier aurait continué à régner sur la Belgique, non sans opposition intérieure; il n'aurait pas éclaté pour le moment de révolution en Belgique, mais les causes d'une révolution n'en
auraient pas moins existé, actives et indestructibles (1). »
En apprenant les événement de Bruxelles, le roi avait quitté le château de Loo et, le 28, dans convocation un conseil tenu sous sa présidence, les résolutions geuerjux. suivantes avaient été prises : convocation extraordinaire des états généraux à La Haye pour le 13 septembre; ordre à toutes les troupes de se porter à marches forcées sur Bruxelles; départ immédiat des deux princes pour la Belgique. À minuit ceux-ci quittaient La Haye; le lendemain ils arrivaient à Anvers, suivis de six bateaux à vapeur chargés de soldats. Les troupes s'acheminèrent vers Vilvorde ; mais les princes, au lieu de se rendre immédiatement à Bruxelles, où ils n'auraient trouvé encore aucune résistance sérieuse, perdirent huit heures à Anvers à conférer avec les autorités civiles et militaires.
Le 31 août, les princes, arrivés à Vilvorde, y eurent des entrevues avec l'état-major de la garde bourgeoise, puis avec des délégués des notables de Bruxelles. Après des débats émouvants, le prince d'Orange consentit à venir le lendemain dans la capitale sous la seule escorte de la bourgeoisie. Cette détermination hardie et chevaleresque, l'héritier du trône l'accomplit courageuse-
(li Essai historique et politique sur la révolution belge, par Nothumb, 3' édit., p. 44.
Le prince
d'Orançe
ii Bruxelles.
ment. Le 2 septembre, il institue une commission consultative chargée de proposer les mesures qui doivent ramener la tranquillité. Alors se fait véritablement jour l'idée d'une séparation administrative de la Belgique et de la Hollande. Députés aux états généraux, chefs de la garde bourgeoise, notables, déclarent que le vœu le plus ardent des Belges est la séparation complète entre les provinces septentrionales et les provinces méridionales sans autre point de contact que la dynastie régnante. Le 3 septembre, un compromis est signé. Les troupes quitteront Bruxelles, et le prince se rendra à La Haye pour appuyer les demandes des Belges ; d'autre part, les chefs de la garde bourgeoise se sont engagés sur l'honneur à ne pas souffrir de changement de dynastie et à protéger la ville et spécialement les palais. Le départ du prince fut une faute : il devait ou se mettre à la tête du mouvement belge ou se placer à la tête des troupes. En se rendant à La Haye sans être certain de voir agréer par le roi les vœux des Belges, il livrait aux plus mauvaises chances l'existence même du royaume.
En effet, Guillaume ne s'empresse nullement d'adhérer à la séparation administrative. Il a convoqué les états généraux; il veut attendre leurs résolutions. « Nous les inviterons, dit-il dans une proclamation du 5 septembre, à examiner si les maux dont gémit la patrie tiennent à quelques
Le dûeonri
du truite.
vices dans les institutions nationales, et s'il y aurait lieu de modifier celles-ci, et principalement si les relations établies par les traités et la loi fondamentale entre les deux grandes divisions du royaume devraient, dans l'intérêt commun, changer de forme et de nature. »
Le mouvemement insurrectionnel s'était étendu dans le Brabant, dans la province de Liège, dans les Flandres. Trois cents volontaires liégeois marchent au secours de Bruxelles. Ici, toutes les autorités ayant successivement quitté la ville, le pouvoir appartenait à une Commission de sûreté publique.
Le 13 septembre, Guillaume ouvre la session extraordinaire des états généraux par un discours où, après avoir déploré les troubles qui agitaient les Pays-Bas méridionaux naguère si prospères, il terminait en ces termes : « ... Je compte sur votre fidélité et votre patriotisme. — Me rappelant l'orage des révolutions, qui a aussi grondé sur ma tête, j'oublierai aussi peu le courage, l'amour et la fidélité qui ont renversé le despotisme, fondé l'existence nationale et mis le sceptre dans ma main, que la valeur qui, sur le champ de bataille, a étayé le trône et assuré l'indépendance de la patrie. — Tout préparé à aller au-devant des vœux équitables, je ne céderai jamais à l'esprit de parti, et je ne consentirai jamais à des mesures qui sacrifieraient le bien-être et les
intérêts de la patrie aux passions et à la violence. »
Ce discours est brûlé sur la Grand'Place de Bruxelles et porte au comble l'exaltation des patriotes. Le 20 septembre, le peuple, qui a commencé à désarmer la garde bourgeoise, envahit l'hôtel de ville et en expulse la commission de sûreté, accusée de modérantisme. Dès lors aucune autorité ne restait debout : le peuple seul était souverain dans Bruxelles.
Le prince Frédéric croyait que la bourgeoisie, par peur de l'anarchie populaire, lui ouvrirait spontanément les portes de la ville. Le 21 septembre, il signe une proclamation annonçant la rentrée Proclamation des troupes. « Les légions nationales, dit-il, vont FrfES! entrer dans vos murs, au nom des lois et à la demande des meilleurs citoyens, pour les soulager tous d'un service pénible et leur prêter aide et protection. — Ces officiers, ces soldats, unis sous les drapeaux de l'honneur et de la patrie, sont vos concitoyens, Vos amis, vos frères. Ils ne vous apportent point de réactions ni de vengeances, mais l'ordre et le repos. Un généreux oubli s'étendra sur les fautes et les démarches irrégulières que les circonstances ont produites. — Les auteurs principaux d'actes trop criminels pour espérer d'échapper à la sévérité des lois, des étrangers qui, abusant de l'hospitalité, sont venus organiser parmi vous le désordre, seront seuls et justement
frappés : leur cause n'a rien de commun avec la votre... »
journées Le 23 septembre, vers six heures du matin, le septembre premier coup de canon retentit ; les troupes pénètrent dans Bruxelles. Plus de 10,000 hommes, soutenus par 24 pièces d'artillerie, se sont avancés par les chaussées de Flandre, de Laeken, de Schaerbeek et de Louvain. Les patriotes résistent; mais ils ne peuvent empêcher les troupes royales d'occuper le Parc et les boulevards. La lutte, commencée le 23 septembre, se prolonge jusqu'au 27. Les troupes se comportèrent bravement, mais le commandement fut malhabile, hésitant, malheureux. Quant aux volontaires, leur héroïsme fut audessus de tout éloge. Ceux-ci n'étaient d'abord que 1,200 à peine, pour la plupart ouvriers et paysans, sans chefs reconnus; ils surent néanmoins contenir l'armée royale. Elle évacua Bruxelles dans la nuit du 26 au 27.
Le 30, les états généraux votent la séparation du nord et du midi des Pays-Bas. Toute la Belgique était alors insurgée, à l'exception d'Anvers, de Maestricht et de Termonde.
g, uv.rne- Pendant les combats de Bruxelles, un çouverneprosi.oire. ment provisoire s'était constitué (î). Le 4 octobre,
(1)11 était composé du baron E. d'Hooghvorst, Ch. Rogier, Jolly, comte Félix de Mérode, A. Gendebien, S. Van de Weyer, J. Vanderlinden, Nicolaï et de Coppin ; il s'adjoignit, le -27 septembre, M. De Potter, qui venait de rentrer triomphalement a Bruxelles.
il publie une proclamation qui sanctionne la séparation : « Les provinces de la Belgique, violemment détachées de la Hollande, constitueront un État indépendant... — Un congrès national, où seront représentés tous les intérêts des provinces, sera convoqué. Il examinera le projet de constitution belge, le modifiera en ce qu'il jugera convenable, et le rendra, comme constitution définitive, exécutoire dans toute la Belgique... »
Le prince d'Orange est envoyé h. Anvers pour i.eprin«
. , . d'Orange
gouverner temporairement, au nom du souverain, * Anven. toutes les parties des provinces méridionales dans lesquelles l'autorité légale était encore reconnue. Il ne regagna point la confiance des provinces du midi et finit par être désavoué par son père lorsqu'il eut déclaré, dans une proclamation, qu'il reconnaissait la Belgique comme nation indépendante. Le 25 octobre, il s'embarquait pour l'Angleterre.
Provoqué par l'imprudente conduite des volontaires qui avaient pénétré dans Anvers, le commandant de la citadelle fit bombarder la ville et détruisit ainsi les dernières espérances de l'héritier des Nassau.
Déjà l'ambassadeur de Guillaume Ier à Londres avait demandé au cabinet britannique l'envoi immédiat de troupes pour réprimer la révolte des Belges. Le duc de Wellington était depuis 1827 à la tête d'un ministère tory. Absorbé par les em-
HISTOIRE CONTEMPORV1NE
Conduite Au ministère
barras intérieurs que lui suscitaient les partisans tory' de la réforme parlementaire, voyant aussi la faiblesse numérique de l'armée anglaise, Wellington, ministre, ne fit, selon les Hollandais, aucun effort sérieux pour maintenir en Europe un état de choses à la création et à raffermissement duquel il avait, comme général, pris une part si glorieuse.
Le 17 octobre, le comte d'Aberdeen, ministre des affaires étrangères, repoussait officiellement, au nom du cabinet de Saint- James, la demande de l'ambassadeur des Pays-Bas. Quant aux autres puissances, on a dit quelles étaient trop occupées à surveiller les germes de sédition chez elles-mêmes pour pouvoir fournir l'assistance nécessaire à réprimer une révolution au dehors.
Leur intervention eût amené une guerre avec la hûmti France. Louis-Philippe, à la vérité, s'était attaché à prouver au représentant du roi Guillaume qu'il désirait que la Belgique pût rester à la maison d'Orange; mais, d'autre part, il avait le plus grand intérêt à ménager les républicains et les anciens bonapartistes qui avaient tant contribué à son avènement. En réalité, ni le gouvernement ni le peuple de France ne se passionnaient pour l'indépendance même de la Belgique ; mais ils voyaient avec joie tomber la barrière que la Sainte-Alliance avait opposée en 1815 à l'ambition française. Cette ambition, les politiques ne la blâmaient pas; mais ils
Ph.i
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attendaient un moment opportun pour lui donner un libre cours (1).
Par arrêté du 10 octobre 1830, le gouverne- i-ec?»**
° national.
ment provisoire avait déterminé le mode d'élection des députés au congrès, lesquels devaient être au nombre de 200. Il voulut que cette assemblée, appelée à décider des destinées de la Belgique, fût une véritable représentation nationale. Aussi consacra-t-il une grande innovation : l'élection directe.
Le congrès ouvrit ses séances à Bruxelles le 10 novembre. Un de ses premiers actes fut d'imiter le gouvernement provisoire a conserver le pouvoir exécutif.
Le même jour le gouvernement provisoire adhère à l'armistice proposé par les représentants des cinq grandes puissances réunis en conférence ]%$*£™* à Londres, à la demande du roi des Pays-Bas. En proposant une cessation d'hostilités, la conférence assignait à la Hollande, comme ligne de l'armistice, les limites qu'elle avait avant la réunion, c'est-à-dire avant le traité de Paris du 30 mai 1814. Par un autre protocole du 17 novembre,
(1) M. Thiers, étant conseiller d'État en service ordinaire, disait à la Chambre des députés (séance du 9 août 1851) : « Puisqu'il n'était pas sage de réunir la Belgique à la France, de déchirer les traités de 1815, de confondre la question territoriale avec la question politique, il a fallu ajourner nos prétentions sur fa Baltique, i
auquel adhérèrent le gouvernement provisoire et le roi Guillaume, la suspension d'armes fut prolongée et prit un caractère illimité.
Le 18 novembre, le congrès proclame l'indépendance du peuple belge; il décrète le 22 que la forme du gouvernement sera la monarchie représentative héréditaire et, le 24, il prononce « l'exclusion perpétuelle des membres de la maison d'Orange-Nassau de tout pouvoir en Belgique. »
Minore Le 16 novembre, lord Grey, chef des whigs, lordcrey. avajt constitué le ministère qui s'illustra par la réforme parlementaire. Un des principaux membres du nouveau cabinet était lord Palmerston, chargé de la direction des affaires étrangères. Les whigs ne dissimulaient pas d'abord que, de même que les torys, ils avaient vu avec regret la chute du royaume des Pays-Bas; redoutant l'ambition française, ils auraient voulu amener un compromis avec l'ancienne dynastie en assurant au prince d'Orange la vice-royauté de la Belgique. Le gouvernement anglais ne prétendait pas imposer le prince aux Belges ; mais il aurait désiré qu'il fût élu par le libre assentiment de la nation. Ce choix était devenu impossible : le cabinet britannique finit par le reconnaître. Les torys déclaraient qu'ils n'avaient jamais voulu aller au delà d'une séparation administrative de la Belgique et de la Hollande; les whigs, sous l'énergique impulsion de lord
Palmerston, aidèrent puissamment et sincèrement les Belges à consolider leur indépendance.
Le 20 décembre, la conférence de -Londres avait prononcé la dissolution du royaume des pi******
1 • du rovaurae
Pays-Bas, mais en s'arrogeant le droit d'intervenir *■ pour régler les conditions définitives de la séparation. La conférence déclarait « quelle concerterait les mesures les plus propres à combiner l'indépendance future de la Belgique avec les stipulations des traités, les intérêts et la sécurité des autres puissances, et la conservation de l'équilibre européen. » Le roi Guillaume protesta contre cette résolution ; le gouvernement belge n'y adhéra que conditionnellement. Usant du droit qu'elle s'était attribué, la conférence, par les protocoles du 20 et du 27 janvier 1831, arrêta des bases de séparation entre les deux pays. La Belgique fut dépossédée du Luxembourg et de la rive gauche de l'Escaut. Dans la séance du 1er février, le congrès protesta à son tour contre les nouvelles décisions de la conférence, auxquelles Guillaume Ier accédait.
Pendant ces contestations, le congrès achevait la constitution du nouvel État. Les bases de cette constitution
belge.
constitution avaient déjà été posées par le gouvernement provisoire lorsqu'il s'était servi de sa puissance souveraine pour réaliser et au delà le programme de l'union des catholiques et des libéraux. Continuant l'œuvre du gouvernement provi-
HISTOIRE COYTEMPORUNE.
Election du dui
de Ne
Opposition
de
I Angleterre.
soire, le congrès consacra la séparation de l'Église et de l'État, la liberté de l'enseignement, la liberté de la presse, le droit d'association. Il créa aussi un gouvernement représentatif. Toute distinction de castes ayant été abolie, l'État fut une démocratie, où la royauté elle-même, émanée de la nation comme les autres pouvoirs, ne devait être que la personnification la plus haute de la souveraineté populaire.
Il s'agissait maintenant de mettre la constitution en œuvre, de clore la révolution en donnant à la Belgique un chef définitif. Si Frédéric de Mérode, le glorieux blessé de Berchem, avait vécu, il eût été ce chef. Lui mort, les candidatures ne manquèrent pas. En réalité, il n'y eut que deux compétiteurs sérieux : le duc de Nemours et le duc Auguste de Leuchtenberg, fils d'Eugène Beauharnais. Or Louis-Philippe, à Paris, et le prince de Talleyrand, à Londres, avaient déclaré itérative ment que la couronne de Belgique ne serait pas acceptée pour le duc de Nemours. Mais lorsque le cabinet du Palais-Royal apprit que les chances du duc de Leuchtenberg augmentaient, il mit tout en œuvre pour écarter ce candidat bonapartiste, recourant à l'intrigue et à des promesses fallacieuses. Le 3 février, le duc de Nemours était élu par 92 suffrages sur 187 votants. Aussitôt le gouvernement britannique requit le cabinet du Palais- Royal de refuser l'acceptation sous peine d'une
guerre. Mais dès le 4 février, le vicomte Granville, ambassadeur à Paris, put annoncer à lord Palmerston le désistement du gouvernement français : M. de Sébastiani était venu en personne l'informer que le télégraphe avait apporté la nouvelle de l'élection du duc de Nemours, puis d'un ton amical, quoique contraint, il avait confirmé le refus de Louis-Philippe. Le 7 février, la conférence prenait acte de la résolution, déjà antérieurement annoncée par le roi des Français, de refuser la souveraineté de la Belgique pour le duc de Nemours, si elle lui était offerte par le congrès de Bruxelles, et prononçait en même temps l'exclusion du duc de Leuchtenberg. Le 17, Louis-Philippe lui-même déclarait sa résolution à la députation belge qui avait été chargée de lui remettre le décret de • l'élection.
Le gouvernement provisoire propose alors d'instituer une régence. Le 2o février, Érasme L»rfgew» Surlet de Chokier, président du congrès, est installé et prête serinent en qualité de régent.
Le premier ministère du régent, dissous le 24 mars, eut une trop courte existence pour faire aboutir la révolution à un résultat définitif par l'élection d'un nouveau chef de l'État. Ce tut la tâche qu'assuma le deuxième ministère, où siégeaient Joseph Lebeau et Paul Devaux. Continuant l'œuvre de M. Van de Weyer, son prédécesseur, M. Lebeau s'efforça de réaliser une
combinaison qui pût obtenir l'assentiment de l'Europe. La conférence de Londres, dans un protocole du 19 février, avait déclaré que le souverain de la Belgique devait répondre, par sa position personnelle, au principe d'existence de la Belgique même, et satisfaire à la sûreté des autres États.
Or, telle paraissait être, telle était la vocation Léî""" °^u Prmce Léopold de Saxe-Cobourg, sur lequel cobouïg! l'attention avait déjà été appelée dès le mois de décembre. Allié à la maison royale d'Angleterre, signale pour la part qu'il avait prise à la guerre de 1813-1814, hautement considéré pour sa capacité et sa loyauté, le prince Léopold, qui avait d'ailleurs d'excellentes relations avec la maison d'Orléans, pouvait, en acceptant la couronne, rendre à la Belgique de glorieux services et assurer en même temps la paix de l'Europe. Toutefois la candidature du prince Léopold avait d'abord été repoussée fort brutalement par le gouvernement français. Dans un entretien avec M. Gendebien, le 8 janvier 1831, M. Sébastiani, ministre des affaires étrangères, avait été jusqu'à dire : « Si Saxe-Cobourg met un pied en Belgique, nous lui tirerons des coups de canon. — Eh bien, repartit M. Gendebien, nous prierons l'Angleterre de répondre à vos canons. » L'Angleterre cependant ne parut pas d'abord se rallier franchement à la candidature du prince Léopold; encore une fois, elle se gardait
d'exercer aucune contrainte : elle voulait que le choix des Belles fût libre. Lord Palmerston émit enfin l'avis qu'après tout le meilleur choix serait le prince Léopold, marié à une princesse française, et il prédit que tel serait le dénouaient de la crise. En résumé, la candidature du prince Léopold fut essentiellement belge. Elle avait été indiquée par le comité diplomatique adjoint au gouvernement provisoire, proposée par le premier ministère du régent, proposée de nouveau et soutenue par le deuxième ministère.
Le 4 juin, le prince Léopold était élu roi des £*Ji Belges à une très-grande majorité, par 152 vo- Ujpù:Jtants sur 196 membres présents. Mais il ne crut pas pouvoir accepter le trône avant que la Belgique se fût entendue avec les puissances au sujet des bases de séparation contenues dans les protocoles des 20 et 27 janvier. Après de nouvelles négociations entreprises sous les auspices du prince Léopold, la conférence arrêta, le 26 juin, la convention connue sous le nom de « traité des dix- l%^ft huit articles. » 11 contenait des changements notablés et tout a l'avantage de la Belgique : maintien du statu quo quant aux territoires contestés; négociation séparée à l'égard du Luxembourg; reconnaissance des droits de la Belgique sur Maeshïcht. Malgré les efforts désespérés du parti orangiste et de la propagande française, les dixhuit articles furent, le 9 juillet, adoptés par le
congrès. Quelques jours après, le 21, Léopold Ier était inauguré à Bruxelles comme roi des Belles.
Non-seulement Guillaume 1er avait protesté contre le traité des dix-huit articles, mais encore il avait résolu de disputer immédiatement la Belgique à l'élu du congrès de Bruxelles. Le 2 août, tandis que Léopold se trouvait a Liège, il apprit que le général Chassé avait brusquement notifié la invasion reprise des hostilités. La lettre du commandant de Hoiiaudai,. la citadelle d'Anvers fixait la nuit du 4 août pour l'expiration de la suspension d'armes conclue le 10 novembre 1830. Et cependant, dès le 2 août au matin, les Hollandais se mettaient en mouvement et, le 3, ils s'emparaient de Turnhout. Le roi Léopold, sous la foi des traités, réclama aussitôt de la France et de l'Angleterre l'intervention armée qui devait assurer la défense et l'inviolabilité du territoire belge.
Il fallait toutefois résister au premier choc des Hollandais. Le roi se mit à la tête de l'armée. « Chacun de nous fera son devoir, disait-il dans une proclamation. Belge comme vous, je défendrai la Belgique. » Léopold se conduisit bravement. Mais que pouvait-il, avec des forces insuffisantes et à peine organisées, contre les 50,000 Hollandais qui s'avançaient sous le commandement du prince d'Orange? Les Belges rétrogradèrent jusqu'à Louvain et, sans la prompte intervention des Français, l'héritier des Nassau aurait sans doute occupé
Bruxelles. Une suspension d'armes fut conclue lorsque les vedettes françaises parurent à Cortenberg; d'après la convention arrêtée ensuite entre le maréchal Gérard et le prince d'Orange, l'armée hollandaise devait commencer immédiatement son mouvement rétrograde pour rentrer dans les limites du Brabaut septentrional.
Trente mille Français demeuraient en Belgique. L'occasion parut bonne pour faire une nouvelle tentative d'annexion. Le 12 août, quelques moments avant la réunion de la conférence, le prince de Talleyrand dit au baron de Bûlow, représentant de la Prusse, « que la Belgique ne pouvait exister telle qu'elle était ; que Léopold était un pauvre sire et les Belges un ramas de vagabonds indignes d'être indépendants; que si les troupes françaises se retiraient, c'en était fait du ministère de Casimir Périer, et que, si elles ne se retiraient pas, le gouvernement anglais était renversé; qu'il n'y avait qu'une solution : le partage. Si la France, la Prusse et la Hollande s'unissaient, la chose était, aisée, l'Angleterre devant être désintéressée par l'érection d'Anvers en port franc. » Le baron de Bûlow, le même jour, eut la loyauté de révéler à lord Palmerston tous les détails de cette conversation. Le chef du Foreign-Office, d'accord avec le roi d'Angleterre et lord Grey, fut d'avis que le séjour des troupes françaises en Belgique devait cesser immédiatement. Le cabinet britannique
Talleyrand
et Palmer.st>-'n.
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exigea impérieusement, et dans le plus bref délai, la sortie des Français de la Belgique, dût-il recourir aux armes pour les contraindre, s'ils refusaient (1). Le territoire belge fut entièrement évacué le 30 septembre.
Mais la Belgique allait payer la rançon des vaincus. Les dix-huit articles avaient péri devant Louvain, et les puissances du Nord, après la chute de la Pologne, ne cachaient point leurs sympathies pour la Hollande. Le 15 octobre, la conférence rfog^m,at« arrêta en vingt-quatre articles de nouvelles conditions de séparation de la Belgique et de la Hollande. Il était stipulé de nouveau que la Belgique formerait un État indépendant et perpétuellement neutre ; mais elle perdait une partie du Luxembourg et ne conservait l'autre qu'à titre d'échange contre une partie du Limbourg; elle n'obtenait la liberté de 1 Escaut qu'à charge de payer une redevance à la Hollande; en outre, dans le partage des dettes de l'ancien royaume des Pays-Bas, sa part était arbitrairement et injustement fixée à la somme exagérée de 8,400,000 florins de rente. Or, toutes ces décisions étaient déclarées finales et irrévocables.
Les sacrifices imposés à la Belgique étaient douloureux; mais il fallait se soumettre, se résigner, si l'on ne voulait hasarder l'existence même
(1) Life oflonl Palmertton, par sir Henry Bulwer.t. Ier, liv. l\.
du pays. Le traité fut adopté par les Chambres, et M. Van de Weyer, représentant du roi des Belges à Londres, le siçna, le 15 novembre, avec les re- *»* présentants des cinq cours. Après les ratifications ,s "^Thr données par celles-ci, la Belgique indépendante était définitivement constituée. Cependant la paix avec la Hollande n'était pas conclue, le roi Guillaume protestant contre les vingt-quatre articles, quelque favorables qu'ils fussent pour lui, comme il avait protesté contre les dix-huit.
Une négociation concernant le système défensif de la Belgique avait accompagné la négociation principale. Les puissances qui, après 1815, avaient ériffé les forteresses des Pavs-Bas méridionaux. Los forte™
^ c ses belges.
firent en sorte que la révolution de septembre 1830 ne réagît pas aveuglément contre ces boulevards européens. Tel fut l'objet d'un protocole réservé, d'un acte secret, signé, le 17 avril L831, par les plénipotentiaires d'Autriche, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Russie. Ces quatre puissances, à l'exclusion de la France, décidèrent que, à l'époque où il existerait en Belgique un gouvernement reconnu par elles, une négociation serait entamée entre les quatre cours et ce gouvernement, à l'effet de déterminer les forteresses qui devaient être démolies. La France avait été exclue du protocole par la raison qu'elle n'avait pas contribué aux frais de construction des forteresses. Au mois de septembre, le général Goblet fut nommé
du
14 décembre I8SI.
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plénipotentiaire spécial près des quatre puissances pour suivre la négociation prévue dans le protocole du 17 avril. Après de nombreux incidents, une tion convention fut signée le 14 décembre. Elle ordonnait la démolition des places de Menin, d'Ath, de Mo ns, de Philippeville et de Marienbourg.Elle contenait aussi un article secret qui promettait au roi des Belges, si la sûreté des forteresses conservées venait à être compromise, l'aide des cours d'Autriche, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Russie, toujours sous la réserve de la neutralité de la Belgique.
La convention du 14 décembre donna lieu à de vives réclamations de la part de Louis-Philippe et du cabinet des Tuileries. Us se plaignaient surtout de l'extension du traité à Marienbourg et à Philippeville, dont le prince de Talleyrand demandait naguère la cession à la France, pour mettre, disait-il, un terme aux débats. Ces débats se prolongèrent encore longtemps, et les rapports entre la France et la Belgique ne devinrent réellement satisfaisants qu'après le mariage du roi Léopold avec la princesse Louise d'Orléans, le 9 août 1832.