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LA HOLLANDE ET LA BELGIQUE INDÉPENDANTE

voulait pas se dessaisir de l'arbitrage qu'elle s'était arrogé, et la Belgique trouvait peu d'appui parmi les grandes puissances. Au delà du Rhin, .on avait toujours l'opinion que la Belgique conservait des tendances trop exclusivement françaises, et l'Allemagne n'était point disposée à laisser pénétrer les couleurs belges à Luxembourg et à Maestricht. A Paris, on ne voulait point affronter une guerre pour soutenir les prétentions de la Belgique. « Il faut, écrivait Louis-Philippe au roi Léopold, s'accrocher aux vingt-quatre articles pour éviter la rupture de la conférence et l'annulation du traité du 15 novembre, car c'est là l'abîme. Il n'y a de salut que par la conservation de votre couronne et le maintien de l'indépendance de votre royaume selon la délimitation des vingt-quatre articles : tout le reste est illusoire et chimérique. » A Londres, lord Palmerston, toujours bien disposé pour notre pays, était contraint par ses collègues à se rallier aux vues qui prédominaient à la conférence. Tout ce que la Belgique obtint, ce fut la réduction de la dette à une rente annuelle de 5,000,000 de florins au lieu de 8,500,000 et la libération des arrérages. Elle offrit, mais en vain, si l'on reconnaissait son état de possession actuelle, indépendamment de l'acceptation de la rente annuelle, une somme capitale de soixante millions de francs, immédiatement exigible. Après des débats qui rappelèrent les violentes discussions relatives

au traité des dix-huit articles, les propositions finales de la conférence furent votées par les deux chambres. La majorité avait compris qu'il serait insensé de vouloir lutter contre l'Europe entière. Traitéi Le 19 avril 1839, les traités qui terminaient la

du x

r.av, .11859. révolution belge furent signés à Londres entre la Belgique et les cinq puissances, entre la Belgique et la Hollande, entre la Belgique et la Confédération germanique. Avant d'apposer sa signature, le représentant du roi Léopold remit à la conférence une note où il rappelait les sacrifices faits par le chef de la Belgique indépendante. « Jamais Sa Majesté n'a senti plus péniblement, disait M. Van de Weyer, toute l'étendue de la tâche qu'elle a acceptée dans l'intérêt de la paix générale, et pour constituer une nationalité devenue une condition nécessaire de la politique européenne; elle trouvera une consolation dans l'idée que cette nationalité et cette paix sont désormais à l'abri de toute atteinte. »

§ iv-

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