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KWI HISTOIRE CONTEMPORAINE.
d'accorder (lS avril 1834) une constitution qui, sous le titre de statut royal, rétablissait le régime constitutionnel, u Portail. Le Portugal offrait alors le même spectacle que l'Espagne.
A la mort du roi Jean VI, don Pedro, ne pouvant réunir sur sa tête la couronne du Brésil et celle du Portugal, appela au trône de ce royaume sa fille aînée dona Maria, dont il promit la main à l'infant u«.ri«ti«i don Miguel, son frère (2 mai 1826). Don Miguel, HonMipuei. ayant été investi ensuite de la régence, en profita pour se faire déclarer souverain du pays au détriment de dona Maria. C'était, comme on Fa dit, un maniaque tout plein de caprices sauvages, mais qui s'appuyait à la fois sur les nobles, dont il défendait les privilèges, et sur la basse classe qui obéissait aux moines.
Le 7 avril 1831, don Pedro renonçait également au trône du Brésil en faveur de son fils (i). Menacé par les insurgés qui lui reprochaient de n'être plus assez dévoué à la constitution, il se réfugia sur un vaisseau anglais, avec sa famille, et partit pour l'Europe.
Résolu à remettre sa fille en possession de ses droits sur le Portugal, don Pedro est aidé par l'Angleterre et In France. Celle-ci empêche l'Espagne de soutenir don Miguel, celle-là favorise
(1) Pedro II. alors âgé de cinq ans.
Doua Maria II
L'ESP\GNE ET ÏE PORTUGAL (1831). f 01
l'expédition qui doit arracher le Portugal à la tyrannie de l'usurpateur. Le 8 juillet 1832, don Pedro s'empare d'Oporto; il promulgue une charte constitutionnelle au nom de dona Maria II, tandis que don Miguel, pour s'attacher le parti clérical, rétablit les jésuites. En 1833, le 5 juillet, le capitaine anglais Napier détruit la flotte miguéliste à la hauteur du cap Saint Vincent et, le 24,Villaflor, duc de Terceira, entre dans Lisbonne. Quatre jours après, don Pedro vient y rejoindre son fidèle lieutenant, et dona Maria elle-même est reçue le 11 septembre dans la capitale du royaume. Le général français Bourmont, qui s'est mis au service de don Miguel, échoue dans ses tentatives pour reprendre Oporto et Lisbonne. La cause de dona Maria est vaillamment défendue par Napier, Palmella, Terceira et Saldanha.
Au printemps de 1834, une armée de christinos, sous le général Rodil, entre en Portugal pour combattre également don Miguel, qui a reconnu don Carlos comme roi d'Espagne. En même temps (22 avril) est signé à Londres le traité de la quadruple alliance : les cours de Madrid et de Lis- allian^ bonne s'unissent contre don Carlos et don Miguel, avec la coopération armée de l'Angleterre et la promesse de celle de la France, si elle était jugée nécessaire par les parties contractantes. La défaite et la ruine des deux prétendants furent le résultat de ce traité. Par la capitulation signée à Evora,
La quadmpli
don Miguel s'engage, moyennant une pension considérable, à ne jamais rentrer en Portugal et s'embarque pour l'Italie. De son côté, don Carlos, qui n'a pris aucun engagement, s'embarque pour l'Angleterre.
Revêtu des fonctions de régent, don Pedro s'efforce alors de reconstituer le Portugal; il supprime les couvents, sécularise les moines, convoque les cortès. Tant de luttes l'ont épuisé : il succombe à Lisbonne le 24 septembre 1834, âgé de trentesix ans.
Mais déjà la reine avait été déclarée majeure. Un nouveau ministère se forme sous la présidence du duc de Palmella : pour mettre un terme aux dissensions, il publie, le 20 octobre, une amnistie dont est excepté le prétendant. Celui-ci, don Miguel, est déclaré banni à perpétuité.
Don Carlos, s'étant échappé de Londres, avait car ist« reparu en Navarre et recommencé la lutte contre les constitutionnels, lutte implacable où, des deux côtés, les prisonniers étaient fusillés. Ni Rodil ni Mina ne parviennent à terminer la guerre. Les carlistes, profitant des troubles excités à Madrid et à Saragosse par les exaltés, redoublent d'audace sous Cabrera et Gomez; ils pénètrent jusqu'au centre de l'Espagne. Espartero, qui commande en chef l'armée constitutionnelle, parvient toutefois à délivrer Bilbao.
Les manifestations ultra-libérales de Madrid
c hrUtino».
L'ESPAGNE ET LE PORTUGAL r|843]
amènent, le 12 août 1836, un soulèvement parmi les troupes qui gardent la Granja, près de Saint Ildefonse, où résidait la reine-réçente. Le surlendemain, la constitution de 1812 est proclamée une troisième fois. « On proclame la constitution nationale de 1812, tombée devant les baïonnettes étrangères, mais on proclame en même temps la nécessité d'une révision, non pas dans le sens des idées démocratiques, mais pour accroître les prérogatives et la puissance de la couronne (î). » Ces modifications furent votées par les Cortès l'année suivante.
La lutte des carlistes et des christinos, les uns commandés par Maroto, les autres, par Espartero, devait se prolonger jusqu'en 1839. Maroto, ayant enfin délaissé don Carlos et entraîné les troupes sous ses ordres, signe, le 31 août, le traité de Bergara; don Carlos quitte alors l'Espagne, et la Navarre ainsi que les provinces basques, auxquelles est garantie la possession de leurs antiques fueros, déposent les armes. L'année suivante, Marie-Christine, à la suite de nouveaux troubles, est obligée d'abdiquer la régence, qui est confiée par les cortès à Espartero.
Déclarée majeure le 10 novembre 1843, Isabelle Il prêta deux jours après le serment constitutionnel.
Traité de Br-r-ats
(1) Voir De Marliani. Histoire politique de l'Espagne moderne, I.
Il est impossible de rappeler ici tous les incidents, les troubles, les soulèvements, les pronunhabeiieii. ciamientos qui marquèrent un règne de plus de vingt-cinq ans brusquement terminé par une chute déplorable. Bornons-nous à dire que le règne d'Isabelle II, malgré les fautes de celle-ci, a certainement contribué à arracher l'Espagne à l'absolutisme, qu'il a fait pénétrer dans la Péninsule les bienfaits de la civilisation moderne et qu'il l'a familiarisée avec le régime représentatif.
En ce qui concerne le Portugal, quoique cet État ait été plus' d'une fois aussi ébranlé par des luttes intestines, il n'a pas eu néanmoins la destinée précaire et chancelante de l'Espagne monarchique. Guidés par les conseils du premier roi des Belges, la reine doiïa Maria et son époux le prince Ferdinand de Saxe-Cobourg, plus heureux que la reine Isabelle d'Espagne, montrèrent de plus hautes qualités et travaillèrent avec succès à consolider la régénération de la Lusitanie.
L'ALLEMAGNE El LITA1.IE.
Les mouvements insurrectionnels de 1820-1821
furent, comme on l'a vu, suivis d'une réaction qui
resta pour longtemps dominante.
i.vie flnai. Cette réaction inspira notamment l'acte final de
1820 pour compléter l'organisation de la Confédé-