L'ALLEMAGNE ET L'ITALIE
ration germanique. Il limitait les attributions des assemblées représentatives dans les États où elles existaient, empêchait la publication complète de leurs débats et consacrait virtuellement le droit d'intervention de la diète fédérale dans les conflits qui pourraient surgir entre les chambres législatives et les gouvernements.
L'Allemagne, considéréed une manière générale, se trouvait encore bien en deçà de 1789. Tandis que la féodalité était radicalement supprimée en France, en Belgique, en Hollande, elle survivait en Allemagne : ici la naissance et la propriété conféraient encore des droits inconnus dans les sociétés démocratiques. Dans le Mecklembourg, la classe des paysans ne fut même affranchie des entraves du servage qu'en 1820.
Le système représentatif, tel qu'il avait été introduit dans une "partie de l'Allemagne, était essentiellement aristocratique, même dans les États qui s'étaient le plus rapprochés des formes modernes.
Partout aussi les droits politiques et souvent même les droits civils étaient déniés aux juifs.
Cependant, dès 1820, une lutte active et persévérante s'était enffaffée en Allemagne entre l'école constitutionnelle, qui réclamait l'intégrité du système représentatif, et l'école historique qui, sous l'influence de l'Autriche et de la Prusse, voulait reconstituer les nationalités allemandes en dehors des théories modernes. La révolution de 1830 vint
de la diète d
IHfi HISTOIRE CONTEMPORAINE.
influence surprendre l'Allemagne, et elle s'agita des bords
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rév i tinn ,iu Rhin à ceux de l'Elbe. Le duché de Brunswick
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chassa son prince ; la Saxe et la Hesse-électorale réclamèrent des constitutions ; la diète fédérale elle-même fut menacée dans Francfort. Malheureusement la démagogie, qui s'appuyait sur les sociétés républicaines, compromit un mouvement qui aurait pu fixer dès lors les destinées de l'Allemagne et détermina une nouvelle réaction. La diète de Francfort prit les mesures les plus rigoureuses pour arrêter la propagande constitutionnelle et démocratique.
camion Elle imposa à l'Allemagne jusqu'en 1848 un Frauuw. véritable code répressif. — Le droit d'intervention de la diète entre les souverains et les assemblées fut de nouveau assuré : le refus de l'impôt par celles ci autorisait la mise en activité de la force armée de la confédération entière pour le rétablissement de l'ordre légal. — Les associations politiques étaient défendues sur tout le territoire de la confédération. — La censure préalable était établie pour les journaux, les recueils périodiques et les livres qui ne dépasseraient pas vingt feuilles d'impression. — En résumé, la diète fédérale, armée contre la démagogie, prétendit profiter des circonstances pour décréter l'immobilité générale et éteindre toute vie politique. Mais le flot montant finit par briser les barrières qui lui étaient opposées.
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La nation prussienne avait subi à contre-cœur u prus*r.. les décrets de Francfort. Depuis 1813 elle avait espéré que la monarchie de Frédéric II serait associée aux États constitutionnels; elle n'obtint en 1823 que des états provinciaux dont l'organisation restait féodale : mais comme ceux-ci votaient les impôts, ils servaient jusqu'à un certain point de contre-poids à l'absolutisme.
Frédéric-Guillaume III, mort le 7 juin 1840, après un règne de près de quarante-trois ans, laissait a son successeur une nation impatiente de voir enfin l'accomplissement des promesses de 1815. Mais Frédéric-Guillaume IV, renommé pour Prédénè
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sa brillante et mystique intelligence, n était point disposé à se détacher des anciennes traditions de la Prusse. Après avoir dit, lors de son couronnement, qu'il tenait sa couronne de Dieu seul, il se borna à quelques promesses très-vagues : «... Je promets de gouverner dans la crainte de Dieu et dans l'amour des hommes, avec les yeux ouverts quand les besoins de mes sujets et de mon temps l'exigeront ; avec les yeux fermés quand il s'agira de rendre la justice. » Entraîné par les vœux de la nation, il dut, malgré lui, faire des concessions. Par un décret du 1er mars 1841, il autorisa les états des provinces à se réunir tous les deux ans (depuis 1815 ils ne l'avaient été tout au plus que de trois en trois années) ; la publication de l'ensemble des débats était permise, mais sans les
Los étits du 18i*.
noms des orateurs; enfin, des délégués envoyés par les états provinciaux s'assembleraient à Berlin. Mais cette diète n'était encore qu'un conseil consultatif. Le désappointement fut vif et donna lieu à des protestations énergiques, notamment dans la Prusse occidentale, dans les pays rhénans et dans le duché de Posen. Le roi, à son tour, éclata. « L'ordonnance de 1815 a été abrogée, disait-il ; la loi du o juin 1823, en constituant les états provinciaux, lui a enlevé à jamais l'autorité qu'on s'obstine faussement à lui attribuer encore. » Une ordonnance royale du 21 juin 1842 établit la diète de Berlin telle qu'elle avait été déterminée dans le décret du 1er mars 1841. Mais le parti libéral ne se laissa pas décourager, il persista dans ses efforts pour obtenir la réalisation entière des promesses de 1815, tandis que, de son côté, le roi proclamait qu'il ne voulait pas « qu'un parchemin fût interposé entre son peuple et lui. » Toutefois, le 3 février 1847, paraissait une patente royale qui instituait les états généraux et fixait leur première réunion au 11 avril suivant. Ils étaient divisés en ordres ou curies : les princes, comtes et seigneurs y avaient 80 voix; l'ordre équestre 231, les villes 182 et les communes rurales 124. Ce n'était encore qu'une assemblée consultative et l'omnipotence royale n'avait reçu aucune atteinte. En vain la diète réclama-t-elle le droit de se réunir tous les ans ainsi que les prérogatives attribuées aux autres