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L'indépendance italienne parut alors une cause perdue pour jamais.
Au mois d'avril, les autrichiens reprirent te duché de Parme et rétablirent à Florence l'autorité du grand-duc. De sou côté, Ferdinand 11 reconquit la Sicile.
Répondant à l'appel du souverain pontife, une année française, sons le général Oudinot, avait débarqué à Civita-Vecçhia le <v> avril. L'assemblée romaine refusa de recevoir les Français comme '-^
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allies et amis. Elle ne réussit pas toutefois a les repousser : le 3 juillet, ils s'emparèrent de Rome et tirent cesser le triumvirat révolutionnaire. L'autorité pontificale fut restaurée sous la protection des troupes étrangères qui continuèrent d'occuper Rome.
Le traité de paix, conclu le 6 août à Milan, entre T,; la Sardaigne et l'Autriche rétablissait aussi l'ancien L\s"
M I Autriche.
t;tat Je choses; le Piémont renonçait à toutes les conséquences de sa fusion éphémère avec les provinces lomhardo-vénitienues, et les frontières respectives des deux États étaient exactement rétablies comme avant la guerre; l'Autriche recevait en (mtre 75 millions comme indemnité de cette guerre.
Venise sous la patriotique impulsion de Daniel \ Manin, résistait encore aux forces de l'Autriche^);
(1) Daniel Manin était président delà république et le général Guillaume Pepe commandai! les troupes.
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\c Cavour.
mais quand la Hongrie soulevée eut été vaincue, il fallut renoncer à toute espérance. Venise se rendit le 22 août.
Le 12 avril 1850, Pie IX rentrait à Rome et, le 12 octobre suivant, l'homme d'État qui devait recommencer avec succès l'œuvre des grands patriotes italiens, le comte de Cavour était associé au gouvernement de la monarchie sarde.
Cewessioni
en Prusse.
Soulèvements
de Vienne . t d.- Befiin.
La révolution française du 24 février 1848 exerça une influence irrésistible au delà du Rhin. Dans tous les États germaniques, des concessions immédiates attestèrent les appréhensions de ceux qui détenaient le pouvoir. Dès le 5 mars, le roi de Prusse accordait la périodicité de la diète générale de la monarchie. De son côté, la diète germanique déclarait, le 8, qu'une révision de la constitution fédérale était indispensable pour la mettre en harmonie avec les exigences de l'époque et satisfaire aux vœux de la nation.
Le 13 mars, à la suite des troubles qui éclatent à Vienne, le prince de Metternich abandonne le gouvernail. Deux jours après, l'empereur d'Autriche (Ferdinand Ier) décrète la liberté de la presse, établit la garde nationale, et convoque les députés de tous les États provinciaux pour délibérer sur
la nouvelle constitution qu'il a résolu d'accorder aux peuples des pays héréditaires. Le 18, des troubles éclatent également à Berlin, ,qui devient le théâtre d'une lutte sanglante; l'ordre est enfin donné aux troupes de se retirer et de nouvelles et importantes concessions annoncent la transformation de la monarchie. Le 2 avril, la diète se réunit à Berlin pour préparer la formation d'une constituante où les représentants du peuple doivent discuter la nouvelle constitution de la Prusse. L'assemblée constituante se réunit le 22 mai ; elle sera dissoute le 5 décembre, mais le même jour le roi promulguait la constitution prussienne (î). Le 25 avril précédent, l'empereur Ferdinand avait également octroyé la charte promise aux pays héréditaires d'Autriche.
Le 18 mai, le parlement national de l'Allemagne, que la diète germanique elle-même avait convoqué et qui était issu du suffrage universel, avait commencé ses orageux travaux à Francfort sur le Mein. Ce fut cette assemblée qui publia les droits parlement fondamentaux du peuple allemand. Des peuples, jusqu'alors exclus de la vie politique, eurent le droit de se mouvoir, d'écrire, de parler, de s'associer. Le progrès pénétrait partout, et partout les institutions étaient modifiées dans un sens con-
(1) C'est la constitution révisée depuis 1848 qui régit maintenant la Prusse. Le 6 février 1850, le roi Frédéric-Guillaume IV prête serment au statut définitif.
national e Franefc
stitutionnel et progressif. Le parlement national avait aussi pour mission de fonder l'imite* allemande : c'était une tâche que rendait difficile l'ancienne rivalité du nord et du midi. L'empire germanique, sorti des délibérations de Francfort, ne fut qu'une œuvre éphémère, et l'archiduc Jean, nommé vicaire de cet empire, lutta vainement contre des obstacles insurmontables.
Quand le vicaire général de l'empire voulut prendre le commandement de toutes les armées allemandes, la Prusse résista. C'était, au surplus, sur la Prusse que les peuples d'outre-Rhin comptaient pour fonder le nouvel empire. Le parlement de Francfort prit enfin le parti de rejeter l'Autriche Frédéri* hors de l'Allemagne, et, le 28 mars 1849, le roi de
GniUnnnie IV ^ , . ,, , , , . ...
Prusse était élu empereur. Fredenc-Guillaume IV
la couronne ,
inouïe, déclina cette élévation. Dans la crainte de provoquer des crises violentes, il ne refusa pas ouvertement, mais il ajourna sa décision jusqu'à l'heure où les souverains de l'Allemagne régulièrement convoqués auraient exprimé leur avis. 11 avait écrit quelque temps auparavant : « Si la couronne dix fois séculaire de la nation allemande, après un interrègne de quarante-deux ans, doit être une nouvelle fois donnée, c'est moi et mes pareils qui la donnerons. Et malheur à celui qui usurperait ce qui ne lui appartient pas! »
L'Autriche profita des irrésolutions et de la politique loyale mais faible de Frédéric-Guillaume
pour rétablir sa suprématie en Allemagne. Quand on la croyait abattue, presque anéantie, elle allait se relever sous l'énergique impulsion -du prince Félix de Schwarzenberg. Il avait pris la direction upnm» du ministère le 22 novembre i 848 et le 27 il lisait «****&■ son programme à la diète de Kremsier : « Nous avons, disait-il, à guérir les blessures du passé, à terminer les embarras du présent, à édifier dans un prochain avenir un nouvel ordre de choses. » Le 2 décembre suivant, l'empereur Ferdinand Ier, trop faible pour tenir le sceptre dans ces temps périlleux, abdiquait sagement en faveur de son neveu, l'archiduc François- Joseph. . FwP0;!8'
Tandis que la Prusse réprimait les insurrections de Dresde, de Bade et du Palatinat, le jeune empereur François-Joseph était contraint d'appeler la Russie à son aide pour vaincre les Magyars. R^ite
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dirigés par Kossuth dans une formidable révolte. '■ Hongrie. La Hongrie succomba (août 1849), mais le prestige de l'Autriche était-de nouveau affaibli. « Si la Prusse, a dit M. de Radowitz (i), eût voulu faire prévaloir alors ses idées politiques et organiser l'unité allemande comme elle l'entend, rien ne pouvait l'arrêter. Les petits États de la confédération avaient trop besoin de nous pour nous refuser leur assentiment ; l'Autriche avait trop d'embarras
(1) Il était le conseiller de Frédéric-Guillaume, qui ne l'écoutait pas toujours, et il lut plus tard ministre.
chez elle pour s'opposer à nos projets. Le gouvernement du roi Frédéric-Guillaume tint à honneur de ne pas exploiter à son profit la crise de la maison de Habsbourg. » Le chef du cabinet autrichien ne lui en tint pas compte; il poursuivit son œuvre avec énergie et ténacité.
Le piment Frédéric-Guillaume avait fait signer (26 mai dErfurt. |S49) au roj de Hanovre et au roi de Saxe un traité qui associait les trois royaumes à une existence politique commune. D'après ce traité, un parlement devait se réunir à Erfurt pour reprendre avec le collège des princes la question de l'unité allemande. Le 10 mars 1850, s'assemblèrent effectivement des députés des États qui devaient faire partie un jour de la confédération de l'Allemagne du Nord; mais, par suite des démarches du cabinet de Vienne, on n'y vit pas les représentants de la Saxe royale et du Hanovre. V\\ projet de constitution fédérale ayant été soumis à ce parlement restreint, les discussions demeurèrent sté- Rét-iu.sse riles. La Prusse éprouvait un nouvel échec, à la i.. h diète suite duquel la diète germanique, instituée en
jrcTmanique. ■ «j x
1815 et dissoute en 1848, était rétablie à Francfort (t).
Pour vaincre l'antagonisme persistant de l'Autriche, M. de Radowitz, devenu ministre, conseil-
(I) Voir L. Ranke, Aux dem Briefwechsel Friedrich Wilhenu IV mit Bmuen, et Saini-Reiie Taillandier, Dix nus de l'hittoire d'Allemagne (1847-1857).
lait de lui déclarer la guerre; n'ayant pu triompher des irrésolutions du roi, il donna sa démission et fut remplacé par M. de Manteuffel. Cet homme d'Etat se soumit (29 novembre 1850) à la convention d'Olmutz par laquelle la Prusse s'engageait à évacuer la Hesse électorale, après avoir annoncé l'intention de s'y maintenir malgré la diète et l'Autriche. Devant cette humiliation, grande fut la douleur des patriotes qui avaient rêvé pour la Prusse les plus glorieuses destinées. Un futur ministre écrivait : « Un grand État, aussi puissant que pas un autre en Europe, sans embarras intérieurs, appuyé sur l'esprit de la nation, avec des finances bien ordonnées, lèche la poussière des pieds de son adversaire sans faire seulement une tentative de résistance, et cela sur une simple menace de guerre que des ennemis fanfarons, l'angoisse au cœur, ont proférée avec fracas. » C'était comme le prologue du drame dont l'Allemagne devait être le théâtre seize années plus tard (1).
(i) Le prince Félix de Schwarzenberg, qui aurait pu devenir le Bismarck de l'Autriche, mourut prématurément (5 avril 1852, M. de Raduwitz le suivit au tombeau L'aimée suivante.
UouYenti is iTOimutz.
le.
toup d'Étal
§ iv