‹ Précis de l'histoire contemporaineChapitre 36 sur 59 · FRANCE (18.Ï · texte numérisé non relu

FRANCE (18.Ï

glorieux du chef de ma famille, et le titre régulier, quoique éphémère, de son fils, que les chambres proclamèrent dans le dernier élan du patriotisme vaincu. Ainsi donc, le titre de Napoléon III n'est pas une de ces prétentions dynastiques et surannées qui semblent une insulte au bon sens et à la vérité; c'est l'hommage rendu à un gouvernement qui fut légitime, et auquel nous devons les plus belles pages de notre histoire moderne. Mon règne ne date pas de 1815, il date de ce moment même où vous venez me faire connaître les suffrages de la nation. »

Prévoyant le rétablissement prochain de l'empire, les quatre grandes puissances s'étaient mises secrètement d'accord pour reconnaître cette restau • ration, pourvu quelle ne portât atteinte ni au repos général ni à l'intégrité des autres États. Or, Louis- Napoléon s'était annoncé comme un empereur pacifique. Allant au-devant des appréhensions de l'Europe, il avait dit, dans un discours célèbre prononcé à Bordeaux : « L'empire, c'est la paix. » Lorsque, avant le coup d'État, il recherchait l'alliance de la Prusse, il feignait aussi de répudier les traditions du premier empire. M. de Persigny, envoyé à Berlin, disait à M. de Badowitz : « Nous ne désirons pas de conquêtes; la France est assez puissante pour diriger le monde, avec quelque peu d'habileté. Nous ne chercherons donc pas à nous approprier le moindre territoire ; si l'opinion pu-

Les traités de 1815.

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blique en France nous force à tirer quelque avantage matériel de nos sacrifices (il s'agissait de s'allier avec la Prusse contre la domination autrichienne en Italie), nous songerons à la Savoie ou à Landau. » Ayant échoué à Berlin, M. de Persigny s'efforça, avec aussi peu de succès, de négocier une alliance franco-autrichienne contre la Prusse.

Pourrait-on contester que, dans la pensée de Louis Bonaparte, le coup d'État du 2 décembre J Soi était aussi bien dirigé contre les traités de 1815 que contre l'assemblée nationale? Un décret d'annexion de la Belgique a la France avait été signé peu de jours après le 2 décembre et envoyé au Moniteur; cent mille hommes devaient occuper les provinces belges. Mais les représentants les plus puissants des intérêts conservateurs, ralliés au nouveau régime, s'étant ligués pour empêcher l'exécution de ce projet, le décret d'annexion fut déchiré (î).

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