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LA GUERRE D'ITALIE

le trône impérial, ne se borna point à des mesures défensives contre les adversaires de sa dictature, il reprit les projets qu'il avait toujours caressés; il chercha, pour accroître sa puissance et son prestige, une nouvelle guerre contre un des grands Etats de l'Europe. L'Autriche était alors dans une sorte d'isolement, brouillée avec la Russie, qui ne lui pardonnait pas son attitude pendant la guerre de Crimée, et mal vue aussi de la Prusse, qui aspirait toujours à lui disputer l'hégémonie des États allemands. C'était donc l'Autriche que Napoléon III se proposait maintenant d'abaisser en prenant pour prétexte l'émancipation de l'Italie. A l'accomplissement de cette œuvre qui devait, croyait-il, rendre son nom populaire, il associa le Piémont.

En faisant décider naguère l'alliance du Piémont avec les puissances occidentales, le comte de Ca- ,Proiete

1 uu comte

vour avait voulu se concilier la sympathie de l'An- de Cavour gleterre et de la France afin de s'en servir un jour pour contrecarrer la politique de l'Autriche en Italie et prendre enfin la revanche de Novare. « ... Les exemples historiques, disait-il à la chambre des députés (26 janvier 18oo), la prévision de l'avenir, les nobles traditions de la maison de Savoie, tout contribuait à dissuader le ministère d'une politique timide, paresseuse ; tout nous poussait vers les chemins suivis jadis par nos pères, qui savaient bien que la sagesse véritable consiste à rechercher l'honneur des sacrifices et

des dangers courus pour la justice, afin de partager ensuite la renommée et les bénéfices que donne la victoire (1). »

Une entrevue eut lieu à Plombières entre Napoléon III et Cavour. L'empereur des Français promit son appui éventuel pour la création d'un royaume d'Italie du Nord, qui s'étendrait jusqu'à l'Adriatique. Le Piémont, en retour, devait céder à la France Nice et la Savoie.

■ m Lorsqu'il ouvrit, le 7 février 1859, la session lag^erre législative de France, Napoléon III, malgré quelques réticences, laissa apercevoir clairement le but qu'il voulait atteindre. « Depuis la conclusion de la paix, mes rapports avec l'empereur de Russie, disait-il, ont pris le caractère de la plus tranche cordialité, parce que nous avons été d'accord sur tous les points en litige. J'ai également à me féliciter de mes relations avec la Prusse qui n'ont cessé d'être animées d'une bienveillance mutuelle. Le cabinet de Vienne et le mien, au contraire, je le dis avec regret, se sont trouvés souvent en dissidence sur les questions principales, et il a fallu un grand esprit de conciliation pour parvenir à les résoudre. Ainsi, par exemple, la reconstitution des principautés danubiennes n'a pu se terminer qu'après de nombreuses difficultés qui ont nui à la pleine satisfaction de leurs désirs

(1) QEuvre parlementaire du conti\ </< Cavour, $. 255.

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