LA CRUSSE ET LAITRICHE
ministration provisoire du royaume. Mais comme cette délégation devait être renouvelée de trois mois en trois mois, il avait cru prudent de ne rien innover et il conserva le ministère dirigé par M. de Manteuffel. Il prit toutefois une attitude plus décidée vis-à-vis du cabinet de Vienne. Il choisit pour plénipotentiaire auprès de la diète de Francfort M. de Bismarck-Schônhausen, déjà signalé comme l'adversaire immuable de la prépondérance autrichienne. Le 9 octobre 1858, Guillaume, étant devenu définitivement régent, forme un nouveau ministère sous la présidence du prince de Hohenzollern-Sigmaringen et fait entrevoir sa volonté de soustraire la Prusse et l'Allemagne à la suprématie de l'Autriche.
Frédéric-Guillaume IV s'éteint au château de Sans-Souci le 2 janvier 1861, et le prince royal lui succède sous le nom de Guillaume Ier. Le Guaian»ei-
loi de Prusse.
18 octobre, il est couronné à Rœnigsberg. On prévoit qu'une impulsion nouvelle va être donnée à la monarchie.
Le 23 septembre 1862, le conseiller privé M. de Bismarck-Schônhausen (ancien ambassadeur de Prusse à Francfort, à Saint-Pétersbourg et à Paris) tut appelé à la présidence du conseil. Poursuivant ses desseins avec une intelligence hors ligne jointe à une puissante énergie et à une merveilleuse ténacité, cet homme d'État devait non-seulement compléter l'œuvre de Frédéric le Grand, mais
M. de ismarck.
encore rétablir l'ancien Empire germanique sous l'hégémonie de la Prusse.
La principale préoccupation du roi Guillaume et de son gouvernement était la réorganisation militaire; pour la réaliser, M. de Bismarck ne recula point devant un redoutable conflit avec la chambre Réo.ga des députés. Trois fois la chambre fut dissoute,
Disation r
binaire, g trois fois la même majorité se retrouva pour protester contre les prétentions autocratiques du gouvernement. Celui-ci ne voulait point reconnaître à la chambre le droit de fixer le budget ni se soumettre aux traditions de la monarchie représentative. « Un ministère anglais, de quelque nom qu'il se nomme, disait M. de Bismarck (27 janvier 1863), est un ministère parlementaire, représentant la majorité des chambres, tandis que nous sommes les ministres de S. M. le roi (i). »
«.ire La guerre dite des duchés avait éclaté sur ces
entrefaites et allait avoir un denoument qui devait
(i) Dans la même séance, ML de Bismarck nia d'avoir prononcé ces paroles fameuses : La force prime le droit. « Je ne me souviens pas d'avoir réellement employé de pareilles expressions.... J'ai conseillé un compromis, parce que, sans cela, doivent se produire des conflits, que ces conflits sont des questions de puissance, et que la vie de l'Etat ne pouvant subir de temps d'arrêt, celni qui se trouve en possession du pouvoir se voit dans la nécessité d'en user... Le Ier février 18G8, il déclarait de nouveau qu'il n'avait jamais prononcé les mots : La force prime le droit. Voir Les discours du prime de Bismarck, i. I1'. p. 19 et zti, et t. 11, p. \)1.