‹ Précis de l'histoire contemporaineChapitre 6 sur 59 · RESTAURATION DES BOURBONS · texte numérisé non relu

RESTAURATION DES BOURBONS

lité et de réciprocité entre les puissances européennes que d'ériger en maxime que la France avait pu s'étendre, acquérir et se fortifier-par les armes ou les traités, tandis qu'elle jouirait seule du privilège de ne jamais décroître ni baisser, soit par sa mauvaise fortune dans la guerre, soit par les vicissitudes ultérieures delà politique... » Il fut d'abord question d'un démembrement qui aurait embrassé l'Alsace, la Lorraine, une partie de la Franche-Comté et de la Champagne, l'Artois, le Hainaut français et la Flandre française. « L'idée qui domine ici, écrivait de Londres lord Liverpool, chef du cabinet britannique, à lord Castlereagh, c'est que nous sommes parfaitement en droit de nous prévaloir des conjonctures pour enlever à la France les principales conquêtes de Louis XIV (i). » Mais une politique moins exigeante prévalut encore une fois dans les conseils des monarques confédérés. Ils reprirent cependant Philippeville, Marienbourg et le duché de Bouillon, qui furent ajoutés au royaume des Pays- Bas ; Sarrelouis et Saarbruck furent donnés à la Prusse ; Landau fut rattaché à la Bavière ; enfin le roi de Sardaigne rentra dans la possession de la partie de la Savoie que le premier traité de Paris du 30 mai 1814 avait laissée à la France. Outre

(1) Memoirs and correspondence of mcount Castlereagh, 2e série, t. Il, p. 431.

ces cessions territoriales, une contribution de guerre de 700 millions de francs, dont 60 devaient être employés à la fortification des frontières du nouveau royaume des Pays-Bas, était imposée à la nation vaincue. Enfin, un corps de troupes alliées, ne dépassant pas 150,000 hommes, devait occuper, pendant cinq ans au plus, des positions militaires le long des frontières de la France.

« I es alliés, disait plus tard lord Castlereagh à la Chambre des communes, n'admirent point que le caractère militaire et les ressources de la France seraient matériellement affectés par le démembrement de ses provinces, et ils reconnurent que rien n'était plus impolitique que d'abattre par de tels moyens une grande puissance militaire; à moins d'en prendre un tiers ou la moitié, il ne fallait rien prendre du tout. En ôtant deux à trois millions d'âmes à une nation de vingt-huit millions, on ne diminuait point effectivement sa force. L'on exaspérait tous les sentiments. »

Louis XVIII finit par s'effrayer de l'exaltation des ultra-royalistes. Cédant aux conseils de l'empereur Alexandre, il publia, le o septembre 1816, ni.solutir.n une ordonnance qui dissolvait la Chambre dite teu^SlT introuvable et déclarait qu'aucun article de la charte ne serait révisa ; en même temps le commandement de la garde nationale était retiré au comte d'Artois.

La nouvelle législature devait être composée de

d'Aix-'a-Cha pe le.

Page 1