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RESTAURATION DES BOURBONS

258 députés payant mille francs de contributions directes, et choisis par une élection à deux degrés, d'arrondissement et de département. Le pays appela à la nouvelle chambre des hommes modérés qui répondaient à la pensée du cabinet. La liberté individuelle cessa d'être suspendue, mais la presse périodique resta soumise à la censure.

Le dernier acte du ministère présidé par le duc de Richelieu fut la libération du territoire. Cet événement marqua le cours de l'année 1818. Les souverains alliés, alors réunis en congrès ^.è»^ à Aix-la-Chapelle, consentirent à rappeler leurs armées. En vertu d'un traité conclu le 9 octobre, l'armée d'occupation devait se retirer le 30 novembre et la France payer 265 millions pour compléter l'exécution de l'article 4 du traité du 20 novembre 1815. Les troupes d'Autriche, de Russie, d'Angleterre et de Prusse quittèrent en effet leurs quartiers généraux de Colmar, Maubeuge, Valenciennes, Sedan, après trois ans d'occupation. Avant de se dissoudre, le congrès publia (22 novembre) une déclaration où il était dit que les souverains alliés se concerteraient, le cas échéant, sur les moyens les plus propres à prévenir les funestes effets d'un nouveau bouleversement révolutionnaire dont la France serait menacée, se rappelant toujours que le progrès des maux qui avaient si longtemps désolé l'Europe

i-helieu.

M. Dccazea

n'avait été arrêté que par l'intimité des rapports et la pureté des sentiments qui unissaient les quatre souverains pour le bonheur du monde.

LedacdeRi- Le duc de Richelieu, qui avait eu besoin naguère de l'appui des libéraux, vit avec crainte leurs progrès croissants, attestés par l'élection de Lafayette et de Manuel. L'empereur de Russie aussi se montra inquiet et insista même pour que le duc de Richelieu se rapprochât des royalistes. Mais cet homme d'Etat, après avoir échoué dans ses tentatives pour former un nouveau ministère, se retira de la scène politique. M. Decazes devint alors ministre de l'intérieur et l'âme du nouveau cabinet; partisan d'un système de bascule, il ne sut se rallier franchement à aucun parti. On le vit, dit un historien, montrer la même absence d'énergie, les mêmes incertitudes et les mêmes contradictions qu'il avait fait blâmer dans ses anciens collègues. Aussi finit-il par se brouiller aussi bien avec les libéraux qu'avec les royalistes. Mollement soutenu par les premiers, combattu à outrance par les ultra-royalistes, s'appuyant principalement sur la faveur du roi, M. Decazes ne pouvait, comme ministre constitutionnel, fournir une longue carrière, Il eut pourtant le mérite d'avoir servi de rempart contre les assauts des ultra-royalistes. Mais l'assassinat du duc de Berry (1) vint enfin

(1) Le 13 lévrier 1820, au sortir de l'Opéra, le duc de Berry

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