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ROYAUME DES PAYS-BAS

1815), Guillaume Ier, s'adressaut aux représentants de la nation, fit de nouveau ressortir les avantages de l'union intime et solide des Pays-Bas,' qui avait été, trois siècles auparavant, le but de Charles- Quint, dont l'œuvre fut ensuite reprise par le Taciturne. « Aujourd'hui que l'édifice existe, poursuivit le descendant des stathouders, c'est nous qui sommes responsables de sa conservation et de son affermissement envers nos compatriotes et envers la postérité. »

L'avenir promis au nouveau royaume paraissait heureux, mais il ne fallait pourtant pas se dissimuler que la consolidation de l'édifice rencontrerait de grands obstacles. Si la domination française n'avait pas laissé de regrets dans les provinces méridionales, la majorité des Belges voyait cependant avec méfiance s'établir une sorte de suzeraineté hollandaise. Les efforts du gouvernement auraient dû tendre à détruire cette méfiance et à établir l'union intime prévue dans le protocole de Londres. Mais, d'une part, les préventions de Guillaume Ier, et, de l'autre, l'attitude de l'épiscopat, empêchaient l'union intime et complète qui était désirée par tous les hommes clairvoyants.

Au lendemain de la promulgation de la loi fondamentale, les évêques publièrent un Jugement doctrinal pour déclarer qu'aucun de leurs diocésains ne pouvait, sans se rendre coupable d'un grand crime, prêter serment à la constitution. « Jurer de

maintenir la liberté des opinions religieuses et la protection égale à tous les cultes, qu'est-ce autre chose, disaient les évêques, que de maintenir, de protéger l'erreur contre la vérité? » Des fonctionnaires, en grand nombre, obéirent aux injonctions de l'épiscopat, et on put redouter un instant la désorganisation des services publics dans les provinces méridionales. Pour faire cesser cet état de choses, il fallut l'exemple du prince de Méan, nommé membre de la première chambre et désigné pour le siège archiépiscopal de Malines, alors vacant; il prêta le serment constitutionnel moyennant certaines réserves dont le gouvernement ne s'offusqua point. Mais, d'un autre côté, le prince Maurice de Broglie, évêque de Gand, fut l'objet de poursuites criminelles comme instigateur du Jugement doctrinal et comme chef de l'opposition. Menacé d'un mandat d'amener, il se réfugia à Paris Pro^s (avril 1817). Jugé ensuite par contumace aux VcaDd.1' assises du Brabant, il fut condamné à la déportation. Le 19 novembre, la sentence était affichée par le bourreau, au marché aux grains de Gand, sur un échafaud où deux malfaiteurs, condamnés aux travaux forcés à perpétuité, subissaient en même temps la peine de l'exposition publique et de la flétrissure.

Guillaume Ier se défiait des Belges, c'est-à-dire qu'il les soupçonnait de regretter la domination de la France : idée fausse qui l'entraîna vers des

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