CHAPITRE VII
LES DERNIERS VALOIS ET LE PREMIER BOURBON HENRI II ET SES FILS, HENRI IV
Henri II. — Henri II, le successeur de François i^"" , avait vingt- huit ans. C'était un homme d'esprit lourd et de caractère faible, mais de belle apparence. Il était gouverné par Diane de Poitiers et négligeait sa femme, Catherine de
5 Médicis. Il donna toute sa confiance au connétable de Montmorency et aux Guises et tint à l'écart les Bourbons. Les Guises étaient une branche cadette de la maison de Lorraine et descendaient par les femmes de la maison d'Anjou. Une fille du duc Claude de Guise était veuve de
lo Jacques V, roi d'Ecosse, et mère de la petite reine, Marie Stuart. Celle-ci fut fiancée au dauphin François et amenée en France pour être élevée à la cour.
Abdication de Charles-Quint. — Philippe II Malgré
l'incapacité d'Henri II les premières années de son règne
15 furent heureuses. Il racheta Boulogne aux Anglais et continua la politique de François i^'' , en faisant la guerre à Charles-Quint et en s'alliant contre l'empereur avec les protestants d'Allemagne. Les Français s'emparèrent des Trois Évêchés : Metz, Toul et Verdun, et Charles-Quint ne
20 put reprendre Metz, défendue avec héroïsme par le duc François de Guise. Peu après, en 1556, l'empereur abdiqua toutes ses couronnes : il donna l'empire à son frère
Ferdinand et ses autres Etats à son fils Philippe II, et il se retira au monastère de Saint- Just, où il mourut en 1558. Le nouveau roi d'Espagne avait épousé la reine d'Angleterre, Marie Tudor, et fort de cette alliance, il envahit la France avec une armée de cinquante mille hommes. Son 5 général, le duc Philibert-Emmanuel de Savoie, défit à Saint- Quentin (1557) le connétable de Montmorency, et Paris eût couru de grands risques, si Philippe II eût marché sur cette ville immédiatement après sa victoire. Heureusement pour la France que les Espagnols voulurent prendre Saint- 10 Quentin que défendit admirablement l'amiral de Coligny, et les Français eurent le temps de se préparer à une énergique résistance. Philippe II se retira, et le duc de Guise, rappelé d'Italie, fit capituler Calais (1558), que possédaient les Anglais depuis le règne d'Edouard III. Henri II eût pu 15 remporter de grands succès sur Philippe II, mais Montmorency, jaloux des Guises, fit conclure le traité de Cateau- Cambrésis, par lequel, disait Guise, le roi '' donnait en un jour ce que n'auraient pas enlevé trente ans de revers."
Mort d'Henri II, — Henri II donna de grandes fêtes 20 pour célébrer" le mariage de sa sœur avec le duc de Savoie et de sa fille avec le roi d'Espagne, et figura dans un tournoi devant l'hôtel des Tournelles. Il jouta contre le comte de Montgommeri, son capitaine des gardes, et celui-ci le frappa par accident du tronçon de sa lance et le blessa à 25 l'œil. Le roi mourut onze jours après. Henri II avait commencé contre les protestants des persécutions, qui continuèrent après sa mort et qui amenèrent les terribles guerres de religion du seizième siècle.
François II et Marie Stuart. — Le règne de François 30 II (15 59-1 5 60) est en réalité le règne des Guises, le duc
François et le cardinal de Lorraine. Le roi, qui n'avait pas seize ans, était marié à la belle Marie Stuart, nièce des Guises, et était gouverné entièrement par elle. Il y eut la conjuration d'Amboise, par laquelle les réformés, ou hugue- 5 nots, comme on les appelait, et les mécontents, ennemis des Guises, tâchèrent d'enlever le jeune roi pour gouverner en son nom. Les conjurés furent trahis et un grand nombre furent exécutés. Condé, lui-même, frère d'Antoine de Bourbon, roi de Navarre, fut arrêté en se rendant aux États
lo Généraux et ne fut sauvé que par la mort de François IL Charles IX. — Charles IX, âgé de neuf ans, succéda à François, et Catherine de Médicis, qui arrivait enfin au pouvoir, ne voulut pas détruire les Bourbons au profit des Guises et libéra Condé. Elle parut d'abord favorable aux protes-
15 tants et leur fit de grandes concessions, mais rien ne put empêcher la guerre civile ; elle éclata en 1562. Les deux partis étaient également aveuglés par leur intolérance et appelèrent l'étranger à leur aide. Les catholiques s'adressèrent à Philippe II, d'Espagne, et les protestants à Élisa-
20 beth, d'Angleterre. La ville de Rouen fut assiégée par les catholiques, et les protestants, pour obtenir des secours d'Elisabeth, lui livrèrent le Havre et lui promirent Calais. Le duc de Guise prit Rouen, où fut tué Antoine de Bourbon, et défit Coligny et Condé à Dreux, mais le vainqueur de
25 Calais fut assassiné devant Orléans. Il est malheureux que ce grand général n'ait pas vécu à une époque où il aurait pu être plus utile à sa patrie.
Massacre de la Saint-Barthélémy. — La première guerre de religion se termina par un traité favorable aux
30 huguenots, mais la paix ne fut pas de longue durée, et il y eut la bataille de Saint-Denis, où fut tué Montmorency;
puis, après une autre paix, ou plutôt une trêve, la bataille de Jarnac, où Condé fut assassiné après le combat; et la bataille de Montcontour. Ces deux dernières victoires avaient été gagnées par le duc d'Anjou, guidé par Tavannes, et Charles IX, jaloux de son frère, fît cesser la guerre et 5 accorda aux huguenots le libre exercice de leur culte. Le roi parut se prendre d'une grande affection pour Coligny et projeta une expédition contre les Espagnols aux Pays-Bas, mais ce prince violent et faible ne pouvait longtemps échapper à la domination de sa mère. Les principaux 10 chefs huguenots étaient venus à Paris pour assister au mariage d'Henri de Navarre avec Marguerite de Valois, et Catherine de Médicis voulut profiter de cette occasion pour faire mettre à mort les principaux huguenots. Elle prépara le massacre avec le duc d'Anjou et Henri de Guise et finit 15 par en arracher l'ordre à Charles IX, en lui faisant croire que les protestants en voulaient à sa vie. Le signal du massacre fut donné par la cloche de l'église Saint-Germain l'Auxerrois, la nuit de la Saint-Barthélémy, le 24 août 1572. Coligny, qu'on avait essayé d'assassiner peu auparavant et 20 qui était blessé, fut une des premières victimes, et il se passa des scènes de carnage horribles à Paris et dans un grand nombre de villes de France. Il est triste de dire que le fanatisme religieux et la haine politique étaient tels que le massacre de la Saint -Barthélémy, où périrent, à ce 25 qu'on croit, vingt mille Français, fut d'abord approuvé par la grande majorité des Français. L'intègre chancelier de l'Hospital en mourut de chagrin, et Charles IX, lui-même, qui, au lendemain de la Saint-Barthélémy, en avait assumé toute la responsabilité, fut plus tard bourrelé de remords et 30 mourut désespéré à vingt-quatre ans. C'était un homme
très intelligent et qui eût pu être un bon roi, s'il n'avait pas eu Catherine de Médicis pour mère et pour régente. C'est elle qui est surtout responsable de ce grand crime, mais la postérité ne peut excuser Charles IX, malgré ses remords et
5 sa fin pitoyable. Il agit comme un fou furieux, la nuit du massacre ; tira, dit-on, sur ses propres sujets, et menaça son beau-frère, le roi de Navarre, et le jeune prince de Condé, de les tuer, s'ils n'abjuraient la religion protestante. Cependant, malgré sa faiblesse et sa folie sanguinaire, Charles
lo IX valait encore mieux que son successeur, Henri III, le principal complice et le fils préféré de Catherine.
Henri III. — En 1573 le duc d'Anjou avait été élu roi de Pologne, et il était parti à grand regret pour ce lointain pays. Dès que mourut Charles IX il s'échappa de Pologne
15 et revint en France en passant par Venise. En devenant roi il semblait avoir perdu toutes les qualités viriles de sa première jeunesse. Il s'entourait de jeunes gens corrompus, qu'on appelait ses mignons, et il passait son temps en débauches et en pratiques superstitieuses. Sa cour, ce-
20 pendant, était brillante, et il avait le goût de François I^"" pour les lettres et les arts. Tout efféminés qu'ils étaient, lui et ses mignons, ils ne manquaient pas de bravoure, et tous les jours il y avait des duels sanglants entre les favoris du roi, ceux de son frère, le duc d'Alençon, et du duc
25 Henri de Guise. Ce dernier acquit une grande popularité par une victoire qu'il remporta sur les protestants, et, quand la Sainte- Ligue fut formée, il en fut, en réalité, le chef. Le duc d'Alençon, devenu duc d'Anjou, perdit la principauté des Pays-Bas, où on l'avait appelé pour résister aux Espa-
30 gnols, et mourut en 1584. Par cette mort Henri de Navarre devint l'héritier légitime du trône, puisqu'il descendait direc-
tement de saint Louis, et que les Bourbons et les Valois étaient les seules branches de la dynastie des Capétiens existant alors. Le royaume continua à être bouleversé, et Henri de Navarre gagna sur le duc de Joyeuse la bataille de Coutras, et Henri de Guise celles de Vimory et d'Auneau 5 sur les Allemands, venus au secours des huguenots. Henri in n'était plus respecté de personne, et le duc de Guise était plus roi à Paris que le roi lui-même. Il le fit bien voir en 1588, en entrant à Paris malgré les ordres d'Henri III. Le peuple éleva des barricades dans les rues et se 10 souleva en faveur du duc, que le roi n'osa inquiéter. Guise pensait à renverser Henri de Valois et à monter sur le trône, et ses partisans montrèrent tant de hardiesse aux États Généraux qu'Henri III avait convoqués à Blois, après s'être échappé de Paris, que le roi se décida à faire mettre 15 à mort Henri de Guise et son frère, le cardinal. Il fit tuer le duc au château de Blois par ses gardes, les Quarante-cinq. Le duc de Guise tomba percé de coups dans la chambre à coucher d'Henri III, et celui-ci poussa son corps du pied, comme Guise avait poussé le corps du grand Coligny la 20 nuit de la Saint- Barthélémy. " Henri III descendit chez sa mère, qui était au lit, malade de la goutte, précisément au-dessous de la chambre où s'était accompli le grand meurtre.
" — Madame, dit Henri III en entrant, ce matin je me 25 suis rendu roi de France ; j'ai fait mourir le roi de Paris !
— Vous avez fait mourir le duc de Guise ! s'écria Catherine frappée de stupeur. — Dieu veuille que cette mort ne soit cause que vous ne soyez roi de rien ! C'est bien 30 coupé; mais saurez-vous recoudre?"^
I Henri Martin, Histoire de France Populaire,
Mort de Catherine de Médicis et d* Henri III. —
Catherine de Médicis mourut peu après ce grand événement, qui devait, en effet, faire son fils "roi de rien." Elle avait fait un tort immense à la France et avait été la princi-
5 pale cause de la décadence des Valois. Henri HI ne sut pas recoudre ce qu'il avait si bien coupé, car les ligueurs, surtout à Paris, reçurent avec fureur et désespoir la nouvelle de la mort du duc de Guise. Le roi appela alors à lui Henri de Navarre, le reconnut pour son héritier, joignit son
lo armée à celle des huguenots et alla attaquer Paris, que défendait Mayenne, frère du duc de Guise, avec une faible armée. Henri III et le roi de Navarre eussent, sans nul doute, pris Paris, quand un moine nommé Jacques Clément, excité par les prédications des ligueurs contre le tyran Valois,
15 frappa Henri III à Saint-Cloud d'un coup de couteau, le 31 juillet 1589. L'assassin fut tué sur-le-champ, mais le roi mourut le lendemain, en recommandant aux nobles qui l'entouraient de reconnaître Henri de Navarre pour son successeur. Henri III fut le dernier des Valois. A ce
20 prince faible et méprisable succédait un roi vaillant, capable et humain.
Henri IV. — Henri IV fut abandonné d'une grande partie de l'armée royale à la mort d'Henri III et dut lever le siège de Paris. Mayenne et les ligueurs proclamèrent roi, sous le
25 nom de Charles X, le vieux cardinal de Bourbon, et furent vaincus par Henri IV à Arques et à Ivry. C'est à Ivry qiie le Béarnais dit à ses soldats : " Si vous perdez vos cornettes, ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez au chemin de la victoire et de l'honneur !" Il alla ensuite
30 assiéger Paris, qu'il fut sur le point de prendre par la famine, mais l'arrivée d'une forte armée espagnole, commandée par
Henri IV
le duc de Parme, força le roi à lever encore une fois le siège de la ville. Les ligueurs et le parti des Seize quarteniers étaient plus Espagnols que Français, et à la mort du cardinal de Bourbon, voulurent faire donner la couronne à la fille de Philippe II, petite-fille d'Henri II, et fiancée à un archi- 5 duc d'Autriche. Les bons Français se tournèrent alors vers le vrai roi et le supplièrent d'abjurer sa religion pour sauver la France. Henri n'avait pas une foi très ferme et comprit qu'il ne serait jamais roi de toute la France, s'il restait huguenot. Il abjura donc le protestantisme, en 1593, et 10 entra dans Paris en 1594. Il ne se vengea de personne et dit aux soldats espagnols qui quittaient Paris : " Bon voyage, messieurs ! Mes compliments à votre maître, mais n'y revenez plus." En 1596 il remporta sur les Espagnols la victoire de Fontaine- Française, leur reprit Amiens et signa avec 15 Philippe II, en 1597, le traité de Vervins, qui replaçait la France dans le même état vis-à-vis l'Espagne qu'à la fin du règne d'Henri IL Philippe II était encore vaincu. Henri IV a réussi à chasser les étrangers du royaume, voyons comment il a rétabli la paix à l'intérieur. 20
Fin des guerres de religion. — L'édit de Nantes
Pendant les guerres de religion la noblesse avait profité de l'abaissement de l'autorité royale, et beaucoup de grands seigneurs, gouverneurs de provinces, étaient aussi indépendants que les anciens grands vassaux. Mais ces nobles de 25 la fin du seizième siècle avaient l'esprit plus vénal que ceux du moyen âge, et la plupart se vendirent à Henri IV. II fallut que celui-ci payât de fortes sommes pour obtenir la soumission des Guises, des d'Épernon, des Joyeuse, des Villars, des Montmorency, et de bien d'autres seigneurs qui 30 avaient usurpé les droits du roi. Louis XI eût payé puis,
après avoir eu ses ennemis en son pouvoir, il eût mis à mort les plus redoutables. Henri IV fit la paix loyalement avec ses sujets révoltés ou indisciplinés et ne garda rancune à personne. Il punit Mayenne, qui était très gros, en le fai-
5 sant marcher rapidement à sa suite dans un parc, et lui dit : " Allez, touchez là, mon cousin ; car, par Dieu, voilà tout le mal et le déplaisir que vous recevrez jamais de moi." Il ne mit à mort que le maréchal de Biron, qui avait essayé de le faire tuer et avait trahi l'État. Encore lui eût-il pardonné,
lo si Biron avait témoigné le moindre repentir de sa faute. La clémence d'Henri IV lui ramena le cœur d'un grand nombre de ses adversaires, et il n'eut bientôt d'ennemis en France que les fanatiques parmi les catholiques et les huguenots. L'esprit de tolérance n'existait nulle part en Europe à cette
15 époque, et Elisabeth persécutait les catholiques presque autant que Philippe II les protestants. Henri IV témoigna la même confiance à tous ses sujets, quelle que fût leur religion, et mit fin aux guerres religieuses par le célèbre édit de Nantes en 1598. *'I1 accordait aux calvinistes le hbre
20 exercice de leur culte : 1° dans les châteaux des seigneurs hauts justiciers, au nombre de 3500; 2° dans deux localités par bailliage ou sénéchaussée ; 3° dans les villes et villages où l'exercice public du culte s'était établi avant l'année 1597. Il pourvoyait au traitement de leurs ministres et des
25 maîtres de leurs écoles et collèges par une allocation annuelle de 165,000 livres, qui feraient un demi-million de notre monnaie. Les réformés devaient jouir des mêmes droits civils que les catholiques : il était interdit à leurs parents de les déshériter pour cause de religion, interdit
30 aux prédicateurs ou professeurs catholiques de les attaquer en chaire, interdit de chercher à détourner leurs enfants de
leur culte. On prenait les plus grandes précautions pour qu'ils obtinssent une justice impartiale."* On permettait aussi aux protestants de conserver des places fortes, dites de sîîreté, parmi lesquelles se trouvaient la Rochelle, Montpellier, et Montauban. Cette dernière concession était 5 alors une nécessité politique et créait, jusqu'à un certain point, un État dans l'État, comme on le vit plus tard.
Henri IV et Sully. — Henri IV fut aussi sage comme administrateur que comme politique, et dans son règne, malheureusement trop court, il rendit la France plus pros- 10 père qu'elle ne l'avait jamais été. En 1594, les paysans, maltraités par les nobles, firent la révolte, dite des croquants, et le roi les calma par des remises d'impôts et des mesures de douceur, au lieu d'exterminer les vilains, comme on le faisait généralement, quand ces pauvres gens résis- 15 talent à l'oppression. Henri IV aimait le peuple, comme avant lui, saint Louis et Louis XII, et il disait : ** Vive Dieu ! s'en prendre à mon peuple, c'est s'en prendre à moi." Avec l'aide de son ami et ministre universel, Rosny, qu'il fit duc de Sully, il développa de la manière la plus éclairée, 20 l'agriculture, le commerce et l'industrie, et il fut en réalité, le créateur de l'industrie de la soie. Ce fut aussi sous son règne que fut fondée la Nouvelle France en Amérique, et comme les derniers Valois, il s'intéressa aux lettres et aux arts. Il avait hérité de l'esprit fin et charmant de sa grand'- 25 mère, Marguerite de Navarre, et ses lettres font partie de la littérature française. Il fut excellent père et mari débonnaire, mais il ne possédait pas la haute moralité de son admirable ancêtre, Louis IX.
Grands projets d'Henri IV.^Sa mort. — Henri IV 30
I Rambaud, Histoire de la Civilisation Française,
voyait que la maison d'Autriche était encore une menace pour la France et pour les autres États de l'Europe, aussi se préparait-il à faire la guerre à l'Espagne et à l'Empire quand il fut assassiné en 1610 par Ravaillac, un misérable
5 fanatique. La mort du grand roi de France fut un immense malheur, non seulement pour son pays, mais pour toute l'Europe. S'il eût vécu, il eût, sans peine, abaissé la puissance de la maison d'Autriche et eût épargné à l'Europe les horreurs de la guerre de Trente ans. Il eût aussi fait
10 prévaloir dans d'autres Etats que le sien, ses idées de tolérance religieuse, et la liberté de conscience eût été établie bien avant notre ère. Saint Louis fut le meilleur roi de France, mais Henri IV fut le plus grand et le plus populaire de tous les roi de l'ancien régime. On aime à contempler
15 sur le Pont Neuf, à Paris, la figure martiale, fine, et bienveillante du Béarnais.
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