LE DIX-HUITIÈME SIÈCLE LOUIS XV ET LOUIS XVI
Le Régent. — Le successeur de Louis XIV n'avait que cinq ans, aussi la régence fut-elle confiée au duc d'Orléans, premier prince du sang. Le régent était un homme admirablement doué, intelligent, instruit, bon, et brave. Mal-
5 heureusement il était indolent et débauché et s'entourait de compagnons corrompus, avec lesquels il se livrait à de honteuses orgies. Il se laissa gouverner par l'abbé Dubois, un misérable qu'il fit archevêque de Cambrai et qui déshonora la pourpre romaine. Philippe V, roi d'Espagne, aspira à
lo être régent de France et à recouvrer les provinces italiennes que lui avait fait perdre le traité d'Utrecht. Il voulut aussi remettre le Prétendant sur le trône d'Angleterre. On vit alors un fait étrange, la France faire la guerre au petit-fils de Louis XIV, après s'être presque ruinée pour lui faire
15 obtenir la couronne d'Espagne. Il fallut que Phihppe V renvoyât son ambitieux ministre, Albéroni, et qu'il renonçât à tous ses rêves.
Le système de Law. — Louis XIV, par ses longues guerres, par son faste inouï, avait laissé une dette immense,
20 et le régent ne savait où prendre de l'argent. Ce fut alors que se présenta un Écossais, John Law, avec un projet de
finance qui eut d'abord un grand succès, l'établissement d'une banque publique, de crédit public. Il y eut un agiotage effréné rue Quincampoix et bientôt une banqueroute complète. Le système de crédit de Law reposait, en grande partie, sur les richesses imaginaires de la colonie de la Loui- 5 siane, où l'on venait de fonder en 17 18 la ville de la Nouvelle-Orléans, destinée à être la métropole du sud des États- Unis. La faillite du système de Law amena de grands désastres, bouleversa toutes les classes de la société et donna naissance à des financiers rapaces et grossiers tels que 10 l'immortel Turcaret de Le Sage.
Louis XV. — Philippe d'Orléans mourut en 1723; le roi était déjà majeur mais trop jeune pour régner par lui-même, et le pouvoir fut confié au duc de Bourbon, qui maria Louis XV à Marie Leczinska, fille de Stanislas, l'ancien protégé 15 de Charles XII, de Suède, et chassé de la Pologne par Auguste de Saxe. Le duc de Bourbon fut disgracié en 1726, et le cardinal Fleury, ancien précepteur du roi, devint ministre et gouverna la France pendant près de vingt ans. Louis XV était intelligent et comprenait ce qu'il aurait 20 fallu à son peuple ; son indolence, son égoïsme, sa sécheresse de cœur, l'empêchèrent de faire le bien, et plus tard ses vices amenèrent la ruine de la monarchie des Bourbons.
Guerre de la succession d* Autriche. — Fontenoy. — Le cardinal Fleury était économe, mais il avait l'esprit 25 étroit, et il ne sut pas maintenir au dehors l'honneur de la France. Il n'aida que faiblement Stanislas Leczinski dans la tentative que fit celui-ci pour recouvrer sa couronne ; néanmoins Stanislas acquit le duché de Lorraine, qui devait être réuni à la France à sa mort. L'empereur Charles VI 30 avait fait de grandes concessions pour assurer ses États à sa
fille Marie -Thérèse, mais quand il mourut en 1740 plusieurs prétendants réclamèrent son héritage. Ce fut alors que parut sur la scène du monde cet homme extraordinaire, Frédéric II, roi de Prusse. La France eut le tort de se 5 joindre aux ennemis de Marie-Thérèse, et Fleury ne sut pas faire la guerre avec vigueur. Pendant que Frédéric s'emparait de la Silésie et faisait la paix avec Marie-Thérèse en gardant la province qu'il avait conquise, l'armée française, qui avait pénétré jusqu'à Prague, était forcée de faire une
10 retraite glorieuse mais désastreuse sous le maréchal de Belle- Isle, et la France se trouvait avoir à combattre outre l'Autriche, l'Angleterre et la Hollande. Georges II gagna la bataille de Dettingen, et les revers de la fin du règne de Louis XIV semblaient devoir se répéter quand parut un
15 grand général à la tête de l'armée française, le maréchal de Saxe. Il fit diriger les principaux efforts vers les Pays-Bas, et le roi se joignit à lui. Louis XV avait été secoué de son apathie par la duchesse de Châteauroux qui, comme autrefois Agnès Sorel avec Charles VII, encouragea le roi à com-
20 mander lui-même son armée. Louis XV ne manquait pas de courage personnel et, après avoir failli mourir de maladie à Metz, il se trouvait avec le maréchal de Saxe et le maréchal de Richelieu à Fontenoy en 1745. Là, les Français remportèrent une victoire complète sur l'armée anglo-alle-
25 mande commandée par le duc de Cumberland. Louis XV se conduisit bravement et son peuple l'acclama. Ce fut la dernière action honorable de ce roi qui, à partir de ce moment, se livra à d'indignes débauches et ne mérita plus que le mépris de la postérité.
30 Paix d'Aix-la-Chapelle. — Après Fontenoy le maréchal de Saxe eut encore des succès, ainsi que le prince de Conti
et le maréchal de Maillebois ; le Prétendant Charles-Edouard, petit-fils de Jacques II, fit une expédition héroïque et aventureuse en Angleterre, fit trembler Georges II sur son trône et fut enfin vaincu à Culloden ; Frédéric II, redevenu aUié de la France, s'empara de Dresde ; la marine française fut 5 détruite par la marine anglaise. La fortune de la guerre avait été en général favorable à la France, cependant la victoire ne lui assura aucun profit, et la paix d'Aix-la- Chapelle, en 1748, fut honorable mais stérile. Marie-Thérèse avait fait preuve d'énergie et de courage, et Frédéric 10 II avait commencé la carrière qui devait lui mériter le surnom de Grand. Quant au Bourbon de Versailles il était tombé sous le joug d'une nouvelle favorite, Mme de Pompadour, et il allait lui permettre de gouverner la France.
Conflits entre les Anglais et les Français dans les 15 colonies. — Dès que la guerre fut terminée le pays redevint prospère : le commerce et l'agriculture se développèrent, la marine fut reconstituée et les colonies prirent une grande extension en Amérique, et surtout dans l'Inde sous le brave Dupleix. Le conflit avec l'Angleterre était inévitable. De- 20 puis l'établissement de la Louisiane les possessions françaises en Amérique s'étendaient du Saint- Laurent et des grands lacs jusqu'au golfe du Mexique, en suivant le cours du Mississipi. Le Canada et la Louisiane avaient été négligés par la mère patrie, mais, malgré tout, ces colonies étaient appelées à un 25 grand avenir. L'inepte gouvernement de Louis XV ne sut pas défendre des colons sincèrement attachés à la France. Le conflit entre les colonies anglaises et les colonies françaises dans le Nouveau Monde commença par une expédition du jeune major Washington dans la vallée de l'Ohio, et 30 bientôt commença la guerre de Sept ans (1756). La
France et l'Angleterre se combattirent en Europe, en Amérique, dans l'Inde et sur toutes les mers.
Guerre de Sept ans. — Frédéric le Grand. — En Europe la France eut l'Autriche pour alliée et l'Angleterre eut la 5 Prusse. Frédéric II remporta de grandes victoires sur les Autrichiens et défit complètement à Rosbach, en 1757, l'armée du maréchal de Soubise, général incapable nommé par Mme de Pompadour. Les Français eurent de rares succès sur le continent, mais furent vaincus partout sur mer.
10 Au Canada Montcalm, après une héroïque résistance, fut tué à Québec, qui fut prise par le vaillant Wolf, blessé lui aussi mortellement. Dans l'Inde Clive fit capituler Lally- Tollendal à Pondichéry. Les généraux français dans les colonies ne recevaient aucune aide de la mère patrie, et en
15 Europe ils étaient entravés par la mauvaise administration du roi et de Mme de Pompadour et par une inepte et tortueuse diplomatie. Aussi le traité de Paris, signé en 1763, fut-il désastreux. La France cédait à l'Angleterre, le Canada, la vallée de l'Ohio, la rive gauche du Mississipi, plusieurs
20 îles des Antilles, tout l'Hindoustan moins Chandernagor, Pondichéry, Mahé et Karikal, la rivière du Sénégal, et Gorée. Louis XV donnait aussi à son cousin Charles III, d'Espagne, la Louisiane et la Nouvelle-Orléans, dont les habitants firent en vain d'héroïques efforts pour rester
25 Français.
Choiseul. — Ce honteux traité était bien l'œuvre de Louis XV, et on ne peut blâmer le ministre de cette époque, le duc de Choiseul. C'était un homme habile, qui fit signer le Pacte de famille, alliance entre les Bourbons, de France,
30 d'Espagne, et d'Itahe. Il réorganisa l'armée et la marine, acheta la Corse en 1768 de la ville de Gênes, et annexa la
Lorraine à la France à la mort du roi Stanislas. Il déplut cependant à la favorite toute-puissante, Mme du Barry, et fut destitué en 1770.
Ignominie de Louis XV. — Louis XV avait perdu toute dignité et était tombé dans l'ignominie d'Henri IH. Il 5 laissa démembrer la Pologne par la Russie, la Prusse et l'Autriche ; il détruisit le Parlement et le remplaça par une cour flétrie ; il laissa prodiguer les lettres de cachet par lesquelles on emprisonnait les hommes et les femmes sans , jugement; il assista impassible à la misère publique, en 10 disant : " Cela durera autant que moi, après moi le Déluge." Il mourut enfin en 1774, exécré de son peuple.
Influence de la France au XVIIIe siècle. — Ce misérable roi ne put, cependant, empêcher le développement des lettres, des arts et des sciences, et l'influence de la France, 15 la civilisation française, continua à se faire sentir dans toute l'Europe. "Jamais la nation," dit M. Rambaud, "n'a été plus grande qu'au moment où la royauté semble amoindrie. Notre langue a l'universalité qu'avait au moyen âge le latin : elle l'a remplacé comme langue de la diplomatie, des cours, 20 de la philosophie, des sciences, de la société, au point que les aristocraties européennes en oubhent leur langue nationale." " Surtout, ajoute M. Rambaud, elle est la langue de la raison, cette maîtresse des temps nouveaux, une sorte de langue sacrée pour les libéraux de tous pays comme 25 l'arabe l'est encore pour tous les sectateurs du Koran."
Louis XVI et Marie- Antoinette. — La France fut heureuse de la mort de Louis XV et eut grand espoir, lorsqu'elle vit monter sur le trône un jeune homme de vingt ans, de bonnes mœurs et animé d'excellentes intentions. Malheu- 30 reusement Louis XVI était faible et indécis de caractère et ^
ne pouvait réparer le mal qu'avait fait son aïeul. S'il eût vécu à une autre époque il eût pu être un Louis XII. Il fut la victime de son éducation et des fautes de Louis XV. Il croyait en son droit divin, mais n'avait pas assez de fer-
5 meté pour se faire obéir. Sa femme, Marie-Antoinette, fille de Marie-Thérèse, n'avait pas hérité du sens politique de sa mère et se rendit très impopulaire par ses folles dépenses et sa frivolité. Elle ne manquait pas de cœur, cependant, comme on le crut, et ainsi que son mari, elle eût
lo voulu voir le peuple heureux. Le sort de Louis XVI et de Marie-Antoinette fut si triste que l'on peut être indulgent pour leurs défauts et leur tenir compte de leurs bonnes intentions.
Turgot. — Louis XVI fit un mauvais choix en nommant
15 Maurepas premier ministre, mais en revanche il ne pouvait trouver d'hommes plus compétents et meilleurs que Vergennes, Malesherbes et Turgot. Ce dernier fut aussi grand que Colbert et eût pu retarder longtemps la chute de la monarchie. Il n'en eut pas le temps, car, ayant voulu dans
20 ses plans de réforme s'attaquer aux privilèges du clergé et de la noblesse, il rencontra une telle résistance que le roi eut la faiblesse de le renvoyer. Le Parlement, qui avait été rétabli, s'était opposé aux réformes de Turgot, ainsi que la reine et les frères du roi, Monsieur ^ comte de Provence, et
25 le comte d'Artois. Ces deux princes furent plus tard rois, longtemps après le malheureux Louis XVI.
Guerre d* Amérique. — La Fayette. — Peu après Turgot un banquier genevois, Necker, administra bien les finances. Il fut le père de la célèbre Mme de Staël et mérita le culte
30 que sa fille eut pour lui et l'estime de la France. Sa prudente administration des finances permit à Louis XVI de
Marie-Antoinette
venir en aide aux colonies anglaises en Amérique dans leur lutte contre la mère patrie. Il n'y eut jamais de cause plus noble que celle des Américains. L'Angleterre ayant voulu les asservir, ils proclamèrent leur indépendance et combattaient glorieusement lorsque la France conclut un traité 5 d'alliance avec les États-Unis. C'était Benjamin Franklin, homme d'État et savant, qui avait obtenu ce grand succès diplomatique, et l'on peut considérer cet homme remarquable, à l'esprit si fin et si sensé, comme un des principaux fondateurs des États-Unis. L'alliance avec la France donna 10 un appui matériel et aussi un immense appui moral aux révolutionnaires américains, commandés par l'illustre Washington, et assura l'indépendance de la nouvelle république. Déjà La Fayette était parti pour l'Amérique et combattait pour la liberté à côté de Washington. Les Américains, 15 quoi qu'on dise, n'ont jamais oublié la dette de reconnaissance qu'ils doivent à La Fayette et à la France.
Indépendance des États-Unis. — La flotte française remporta d'importants succès, et malgré la défaite du comte de Grasse par l'amiral Rodney, la suprématie des Anglais 20 sur mer fut vivement disputée. Dans les Indes Sufïren fut victorieux, et en Afrique le Sénégal fut reconquis. A Yorktown Washington et Rochambeau firent capituler lord Comwallis, et Georges III, en dépit de son aveugle obstination et de son orgueil despotique, fut obligé de reconnaître l'indé- 25 pendance des États-Unis par le traité de Versailles, en 1783. L'Espagne avait été l'alliée de la France dans la guerre d'Amérique, et les Louisianais de race française se distinguèrent sous Galvez, leur jeune et héroïque gouverneur, à Bâton Rouge, à Pensacole et à la Mobile. Le traité 3a de Versailles effaçait la honte du traité de Paris, mais ne ren-
loo Précis de THistoire de France
dit pas à la France ses colonies perdues par Louis XV. Un roi au pouvoir despotique avait aidé à la fondation d'un pouvoir démocratique, et les jeunes seigneurs, qui avaient combattu avec La Fayette et Rochambeau pour la cause de 5 l'indépendance américaine, répandirent en France des idées libérales qui devaient faire perdre la couronne et la vie à Louis XVI et enlever à la noblesse ses privilèges séculaires. La Fayette avait dit, après Yorktown : " L'humanité a gagné son procès, la liberté ne sera plus jamais sans asile." Le
lo compagnon d'armes de Washington voulait parler des États- Unis ; la France, elle aussi, après de prodigieux efforts et une lutte de près d'un siècle, devait établir la république comme forme définitive de gouvernement.
Nécessité des États Généraux en 1789. — Le faible
15 Louis XVI avait disgracié Necker, avant la fin de la guerre d'Amérique, et avait confié le pouvoir à l'incapable Calonne. Celui-ci appela une assemblée des notables. Les notables ne représentaient pas les trois ordres de la nation et n'étaient pas élus ; c'étaient des conseillers nommés par le roi. Ils
20 n'accomplirent rien et Calonne fut renvoyé. Son successeur, Loménie de Brienne, fut encore plus incompétent, et il fallut de nouveau recourir à Necker. Ce fut ce ministre qui convoqua les États Généraux. L'ancien ordre de choses ne pouvait durer. Il n'y avait en France ni égalité devant la
25 loi, ni liberté politique, ni liberté religieuse, ni même de liberté individuelle, car il y avait encore en 1789 un grand nombre de serfs, et les hommes qui étaient censés être libres étaient exposés à des arrestations arbitraires par lettres de cachet. Quant au gouvernement les lois étaient selon le bon plaisir
30 du roi, et Louis XVI lui-même avait dit : " Cela est légal, parce que je le veux." L'ancien régime devait disparaître,
Précis de l'Histoire de France lOi
la Révolution était inévitable. Elle avait été préparée par le "Contrat Social" de Jean-Jacques Rousseau et par d'autres œuvres hardies, et fut hâtée par la Révolution Américaine.
L'Assemblée Nationale. — Mirabeau. — Les États Gé- 5 néraux se réunirent à Versailles le 5 mai 1789. Les députés du tiers-état étaient aussi nombreux que ceux du clergé et de la noblesse réunis ; ils voulurent que l'on votât par tête et non par ordre, comme en 16 14, et refusèrent de se conformer à d'anciennes et humiliantes coutumes. Ils se 10 couvrirent après le discours du roi, comme leurs confrères des deux autres ordres, et ne permirent pas que leur orateur se mît à genoux devant le roi. La cour et les ordres privilégiés se montrèrent hostiles aux idées des députés du tiers, et ceux-ci, le 17 juin, sur la proposition de l'abbé Sieyès, 15 prirent le titre à.' Assemblée Nationale. Louis XVI crut dissoudre l'Assemblée, le 20 juin, en fermant la salle des séances, comme on l'avait fait pour le tiers aux États Généraux de 16 14, mais les hommes de 1789 ne représentaient pas seulement un ordre de la nation, ils représentaient la nation tout 20 entière. Ils errèrent quelque temps dans Versailles, puis se réunirent dans un jeu de paume, et là, sur la proposition de Mounier, ils jurèrent " de ne jamais se séparer jusqu'à ce que la Constitution du royaume fût établie et affermie sur des bases solides." Le 22 la majorité du clergé se joignit 25 au tiers, et le 23 il y eut une séance royale où se réunirent tous les députés. Louis X\^I exprima des idées peu libérales et ordonna aux députés de " se séparer tout de suite et de se rendre, demain matin, chacun dans la chambre afïectée à son ordre." La noblesse et une partie du clergé obéirent 30 au roi et sortirent après lui, mais les autres députés n'obéirent
I02 Précis de l'Histoire de France
pas à un ordre qui eût dissous l'Assemblée Nationale, et lorsque le grand-maître des cérémonies, le marquis de Dreux-Brézé, vint réitérer l'ordre du roi, Mirabeau lui dit : " Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici
5 par la volonté de la Nation, et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." Mirabeau, tout comte qu'il était, affirmait la souveraineté du peuple. Il fut le plus grand orateur que la France ait produit et était devenu un homme d'État, malgré une jeunesse orageuse, passée en
lo grande partie dans les prisons par ordre de son père. Louis XVI céda à la volonté de l'Assemblée, si nettement exprimée par Mirabeau, et pria la majorité de la noblesse de se réunir avec les deux autres ordres. Le 27 juin l'Assemblée fut complète. Le roi avait abdiqué sa souveraineté
15 et il ne pouvait plus dire, selon le mot attribué à Louis XIV : " L'État, c'est moi." La Révolution commençait.