‹ Précis de l'histoire de France, avec des notes explicatives en anglaisChapitre 28 sur 43 · LOUIS XVIII ET CHARLES X, LOUIS-PHILIPPE, LOUIS-NAPOLÉON · texte numérisé non relu

LOUIS XVIII ET CHARLES X, LOUIS-PHILIPPE, LOUIS-NAPOLÉON

Louis XVIII. — Après Waterloo il y eut une faible tentative pour faire nommer Napoléon II avec un conseil de régence, mais Louis XVIII remonta sur le trône. Le rôle de ce monarque, aux idées modérées et réellement patriote, fut

5 bien plus difficile qu'en 1814. Les alliés étaient exaspérés de la campagne de Waterloo et firent payer cher à la France l'engouement qui l'avait jetée dans les bras de Napoléon, après son retour de l'île d'Elbe. Une indemnité de guerre de plus d'un milliard de francs fut exigée, les œuvres d'art

10 enlevées par Napoléon, des différents pays conquis, furent renvoyées à leurs anciens possesseurs, le territoire fut mutilé, Nice et la Savoie furent perdues, et une armée étrangère devait occuper le sol de la France pendant trois ans. La Belgique et la Hollande formèrent le royaume des Pays-Bas,

15 et toutes les puissances alliées furent agrandies aux dépens de la France.

La Terreur blanche. — Richelieu, Decazes. — A l'intérieur il y eut une réaction terrible contre les hommes de la Révolution et de l'Empire, et des assassinats et de nom-

20 breuses exécutions eurent lieu. Le brave Labédoyère fut fusillé, et, crime impardonnable, Ney, le brave des braves ^

tomba sous des balles françaises. La chambre de 1815 fut plus royaliste que le roi et se livra à de tels excès qu'elle fut dissoute par Louis XVIIL Celui-ci n'approuvait pas la Terreur blanche, mais n'eut pas assez de force pour empêcher bien des actes criminels. L'histoire lui sait gré de 5 son administration généralement sage et éclairée, mais ne peut lui pardonner le meurtre du maréchal Ney. Un de ses ministres, le duc de Richelieu, obtint du tzar Alexandre que les troupes étrangères fussent retirées du territoire français, et un autre ministre, Decazes, fut un homme aux 10 idées libérales. Malheureusement, le 13 février 1820, le duc de Berry, second fils du comte d'Artois, frère du roi, fut assassiné. Le fils aîné du comte d'Artois, le duc d'Angoulême, avait épousé la fille de Louis XVI et n'avait pas d'enfant. En tuant le duc de Berry l'assassin avait cru 15 anéantir la race des Bourbons, mais la duchesse de Berry donna naissance à un fils qui fut nommé duc de Bordeaux, et plus tard, comte de Chambord.

Guerre d^Espagne en 1823. — Mort de Louis XVIII. — Decazes tomba et eut pour successeur Richelieu, qui ne fut 20 pas aussi libéral qu'en 18 15. Puis avec Villèle vint le triomphe des ultra-royalistes jusqu'à la fin du règne de Louis XVIIL Le roi ne résista que faiblement à un grand nombre de mesures d'oppression, dont la plus étrange fut la guerre d'Espagne, en 1823. Ferdinand VII s'était 25 montré un monstre de cruauté, et ses sujets s'étaient révoltés pour obtenir de lui un gouvernement constitutionnel. La France joua le triste rôle d'aider un roi à opprimer son peuple. Une armée, commandée par le duc d'Angoulême, ne rencontra presque pas de résistance en Espagne, excepté 30 à la prise du Trocadéro, près de Cadix, et Ferdinand VII

fut rétabli sur son trône. Louis XVIII mourut Tannée suivante, le 16 septembre 1824. Il est le seul souvrain qui soit mort en France depuis la chute de Louis XVI. Comme Charles II d'Angleterre il était las de voyager et avait 5 réussi à mourir roi. Son frère, Charles X, ne fut que trop comme Jacques II, et, comme le dernier des Stuarts, fut chassé de son royaume et mourut dans l'exil.

Charles X. — Le nouveau roi avait soixante-sept ans ; c'était un homme peu intelligent et à l'esprit étroit. Il se

10 fit sacrer à Reims en grande pompe, et pendant tout son règne tâcha de revenir aux principes de l'ancienne monarchie. Malgré l'opposition de libéraux tels que le général Foy et autres hommes éclairés, beaucoup de lois réactionnaires furent passées, entre autres l'indemnité d'un milliard

15 aux émigrés. Une action glorieuse, la victoire de Navarin (16 octobre 1827), gagnée par les escadres de la France, de l'Angleterre et de la Russie, sur la flotte turque, donna un moment de popularité au gouvernement de Charles X. La France fut heureuse de voir la Grèce acquérir son indé-

20 pendance. Néanmoins Villèle tomba en 1828 et fut remplacé par Martignac, qui essaya en vain de revenir à des idées libérales. En août 1829, Charles X forma un ministère où entrèrent l'émigré Polignac, et Bourmont qui avait trahi Napoléon et la France à Waterloo. Les Bour-

25 bons marchaient à la ruine et semblaient avoir oublié les terribles leçons de la Révolution. Charles X profita de la nouvelle de la glorieuse prise d'Alger par la flotte française, envoyée pour venger une insulte faite au consul français par le dey, et, le 26 juillet 1830, parurent les ordonnances

30 qui ramenaient la France en grande partie aux institutions de l'ancien régime : " 1° dissolution de la chambre des dé-

Victor Hugo

pûtes ; 2° modification des conditions électorales ; 3° suppression de la liberté de la presse."

La Révolution de Juillet 1830. — Dès que furent publiées les ordonnances de Charles X l'insurrection commença à Paris et devint une Révolution. Il y eut trois 5 jours de combats, 27, 28 et 29 juillet; le roi et son fils furent faibles et indécis et le maréchal Marmont ne sut pas les défendre ; l'Hôtel de Ville et le Louvre furent pris, la garde nationale fut rétablie sous le commandement de La Fayette, et quoique Charles X eût abdiqué en faveur du 10 duc de Bordeaux, il fut obligé de consentir à quitter la France. Le malheureux roi s'embarqua à Cherbourg pour l'Angleterre. Il avait voulu être roi de droit divin comme son ancêtre, Louis XIV, et n'était pas de son temps. Son petit-fils fut appelé Henri V, mais il ne régna jamais sur 15 la France et fut toute sa vie un Prétendant honnête et consciencieux.

<*Hernani.*' — La chute de Charles X termine cette période de l'histoire qu'on appelle la Restauration. Ce fut une époque pleine de luttes politiques, mais qui fut brillante au 20 point de vue littéraire. Il y eut une vraie renaissance en littérature, et Lamartine et Victor Hugo écrivirent d'admirables poèmes. L'année 1830, qui marque la chute des Bourbons, vit paraître ce beau drame de l'école romantique, "Hernani," digne d'être comparé à l'immortel " Cid" 25 par les vers forts et harmonieux et le sentiment chevaleresque.

Louis-Philippe. — Le trône ayant été déclaré vacant par l'abdication de Charles X, le duc d'Orléans fut élu roi par la chambre des députés, " non parce que Bourbon, mais 30 quoique Bourbon." Le roi accepta une charte plus libérale

que celle de Louis XVIII et prit le nom de Louis-Philippe I^"", roi des Français. Il admettait qu'il tenait ses droits du peuple, et la monarchie de droit divin fut dès lors impossible en France. Le gouvernement de Juillet fut une 5 monarchie constitutionnelle où, selon le mot de Thiers, " le roi règne et ne gouverne pas." Louis- Philippe ne put se résigner à ce rôle passif, et trop souvent il essaya de gouverner sous le nom de ses ministres. Il était un homme habile et avait de grandes vertus domestiques. Il éleva ses

10 fils dans les lycées publics et ils devinrent tous des hommes de mérite.

Casimir Périer. — La duchesse de Berry. — La Révolution de Juillet eut un immense retentissement en Europe : la Belgique se sépara de la Hollande, la Pologne se révolta

15 contre la Russie, les libéraux s'agitèrent en Italie, et il y eut une réforme électorale en Angleterre. Louis-Philippe soutint l'indépendance de la Belgique et refusa l'annexion de ce pays à la France et la couronne de Belgique pour un de ses fils. Il voulut la paix avec l'Europe, presque à tout

20 prix, et humilia parfois la France pour atteindre son but. Après le ministère Dupont et le ministère Laffitte, Casimir Périer devint président du conseil, en 1831. C'était un homme d'une grande capacité et d'une grande énergie et il ne permit pas au roi de gouverner. Il réprima d'une main

25 ferme tous les troubles à l'intérieur, et son administration des affaires étrangères fut habile et digne. Il mourut malheureusement du choléra en 1832. Cette même année la duchesse de Berry pénétra en Vendée pour organiser une insurrection en faveur de son fils. Elle déploya beaucoup

30 d'héroïsme mais n'eut pas de succès. En 1832 aussi mourut le fils de Napoléon, que son père avait nommé roi de Rome

à sa naissance et qui fut duc de Reichstadt en Autriche. Cette mort enlevait un compétiteur qui eût pu être redoutable à Louis-Philippe.

Thiers et Guizot. — Pendant plusieurs années les principaux ministres de la monarchie de Juillet furent le màré- 5 chai Soult, le duc de Broglie, Mole, Guizot, et Thiers. Ce dernier fit ramener en France en 1840 les restes de Napoléon et ranima la légende impériale. On érigea au grand Empereur un admirable mausolée sous le dôme des Invalides. 10

La Révolution de Février 1848. — En 1840 l'Angleterre, de concert avec la Russie, l'Autriche et la Prusse, força Méhémet-Ali, vice-roi d'Egypte, à rendre la Syrie à la Turquie. La France n'avait pas été consultée, et Thiers fit des préparatifs de guerre. Louis-Philippe voulut la paix, 15 et Thiers fut remplacé par Guizot. Ce grand historien ne fut pas un grand homme d'Etat, et son administration, de 1840 à 1848, fut souvent anti-libérale et faible à l'extérieur. Le duc d'Orléans, fils aîné de Louis-Philippe, un patriote sincère, un homme brave et éclairé, périt par un accident 20 de voiture en 1842. Sa mort était un grand malheur et laissait héritier du trône un enfant de quatre ans, le comte de Paris. En 1848 l'opposition contre Guizot et contre le roi devint très vive, et l'on organisa dans les différents arrondissements des banquets populaires où l'on attaquait le 25 gouvernement. Le 22 février 1848 un banquet, qui devait avoir lieu dans le douzième arrondissement, fut défendu. Une insurrection éclata: on se battit le 23 et le 24, et le roi abdiqua, le 24 à midi, en faveur du comte de Paris. Ce fut en vain, cependant, que la duchesse d'Orléans alla à la 30 Chambre des députés pour revendiquer les droits de son

fils, un gouvernement provisoire fut formé et la République fut proclamée à l'Hôtel de Ville. Louis- Philippe tomba

' avec moins de dignité que Charles X et, comme celui-ci, se réfugia en Angleterre.

5 La Conquête de PAlgérie. — L'événement le plus important et le plus glorieux du règne de Louis- Philippe fut la conquête presque complète de l'Algérie. Après la prise d'Alger, en 1830, le gouvernement français résolut de conquérir toute l'Algérie. Un gouverneur général fut nommé

10 et la conquête fut poussée avec énergie. La ville de Constantine fut prise et l'on fit une rude guerre au brave et habile émir Abd-el-Kader. Celui-ci remporta souvent des succès sur les Français, mais le général Bugeaud, ayant été nommé gouverneur général, s'occupa de la colonisation aussi bien

15 que de la guerre. Le duc d'Aumale, fils de Louis-Philippe, enleva la smalah, la famille et les troupeaux d'Abd-el-Kader, en 1843, et l'émir s'enfuit dans le Maroc qu'il souleva contre les Français. Bugeaud gagna en 1844 sur l'empereur du Maroc la bataille d'Isly, et Abd-el-Kader fut fait prisonnier

20 en 1848 par le général Lamoricière. Il fut libéré en 1852 et fut depuis un ami sincère de la France. La conquête de l'Algérie fut complétée en 1857 par le maréchal Randon, qui soumit la grande et la petite Kabylie. L'Algérie est divisée aujourd'hui en trois départements : Alger, Oran, et

25 Constantine, et envoie des représentants à la Chambre des députés et au Sénat.

Lamartine et le drapeau tricolore. — Le gouvernement provisoire, nommé après l'abdication de Louis-Philippe, était composé de Lamartine, Dupont de l'Eure, Arago,

30 Marie, Garnier-Pagès, Ledru-Rollin et Crémieux. Ce fut Lamartine qui fut le héros de la Révolution de 1848. Au

milieu de l'émeute à l'Hôtel de Ville il fit écarter le drapeau rouge et remplacer le drapeau blanc des Bourbons par le drapeau tricolore. Ses paroles furent réellement grandioses : " Je repousserai jusqu'à la mort ce drapeau de sang ... Le drapeau rouge n'a jamais fait que le tour du Champ 5 de Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 : le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la Patrie."

Le suffrage universeL — Une des principales mesures du gouvernement provisoire fut l'établissement du suffrage 10 universel. Tous les Français âgés de vingt et un ans devenaient électeurs. La France n'était pas prête pour un pareil ordre de choses et il y eut de grands troubles en 1848. On voulut assurer le travail à l'ouvrier et l'on ouvrit des ateliers nationaux, où l'on donnait un salaire d'un franc 15 par jour. Cent mille ouvriers se présentèrent, et l'utopie des ateliers nationaux dut être abandonnée, ainsi que bien d'autres projets chimériques.

Le général Cavaignac. — Le 4 mai eut lieu l'ouverture de l'Assemblée Constituante, élue en avril par le suffrage 20 universel. Le pouvoir exécutif fut confié par l'Assemblée à Lamartine, Arago, Garnie r- Pages, Marie, et Ledru-Rollin, mais après une émeute, le 15 mai, et une insurrection, le 23 juin, la dictature fut confiée, le 24 juin, au général Cavaignac. Il y eut des combats terribles à Paris pendant 25 quatre jours, mais Cavaignac réussit à vaincre les insurgés. Pendant l'insurrection Monseigneur Affre, archevêque de Paris, fut tué en portant des paroles de paix aux insurgés. Les journées de juin 1848 furent parmi les plus terribles de l'histoire des révolutions en France et furent d'un triste 30 présage pour la nouvelle République.

La Deuxième République. — Cavaignac maintint l'ordre jusqu'à ce que la nouvelle constitution eût été proclamée, le 12 novembre 1848, et jusqu'à l'élection présidentielle du 10 décembre. La constitution était des plus défectueuses et

5 devait amener un conflit entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Il y avait une seule Assemblée, nommée directement par le suffrage universel pour trois ans et indissoluble. Il devait y avoir aussi un Conseil d'État, élu par l'Assemblée pour six ans. Le Président était élu,

10 comme l'Assemblée, par le suffrage universel. Il devait rester en fonctions quatre ans et n'était rééligible qu'après un intervalle de quatre ans. Il était responsable, et ses ministres nommés par lui l'étaient aussi. La revision de la constitution était rendue si difficile qu'elle était presque im-

15 possible. Avec Cavaignac pour Président le pays eût été assuré contre un coup d'État, mais au lieu de ce républicain sincère et intègre, de cet homme loyal et patriote, ce fut Louis-Napoléon Bonaparte qui fut élu Président de la République par une immense majorité. Lamartine, si populaire

20 en février, n'eut que quelques milliers de voix.

Louis-Napoléon Bonaparte. — Le nouveau chef de la nation, le Prince- Président, était fils de Louis Bonaparte et d'Hortense de Beauharnais. Dans sa jeunesse il avait combattu en faveur de l'indépendance italienne, et en

25 1836, à Strasbourg, et en 1840, à Boulogne, il avait essayé de renverser Louis-Philippe. Ces deux entreprises étaient insensées, et il avait été enfermé en 1840 au château de Ham. Il s'évada six ans après et alla vivre en Angleterre. Après la Révolution de Février il avait été élu membre de

30 l'Assemblée Constituante. Il dut son élection à la présidence à^ la légende napoléonienne, ranimée en partie par

les chansons de Béranger et par les vers vraiment épiques que consacra Victor Hugo à la mémoire du grand vaincu de Waterloo. Le nom de Napoléon représentait aussi aux yeux du peuple un principe d'autorité et d'ordre, et, après l'insurrection de juin, on voulut d'un gouvernement fort. 5

Affaires d* Italie. — Le premier ministère de Louis- Napoléon fut présidé par Odilon Barrot, un homme de mérite, mais il n'y eut guère d'accord entre le Président et l'Assemblée Constituante, dont le mandat n'était pas encore expiré. Les affaires d'Italie excitaient un grand 10 intérêt en France. La Révolution de 1848 avait eu encore plus d'influence en Europe que celle de 1830. Les États italiens sujets à l'Autriche avaient tâché de se libérer, et Charles-Albert, roi de Piémont, était venu à leur secours. L'Autriche fut victorieuse, et Charles-Albert abdiqua en 15 faveur de son fils Victor Emmanuel, qui devait, longtemps après, réaliser les projets de son père et rendre l'Italie indépendante, grâce à l'aide qu'il reçut de la France. A Rome le pape Pie IX fut renversé et une république proclamée sous le fameux Mazzini. La France intervint, Rome fut 20 prise par le général Oudinot et Pie IX rétabli, à condition qu'il accorderait des réformes à son peuple. Le pouvoir temporel du pape dura jusqu'à la chute de l'empire de Napoléon III.

Le Coup d*État du Deux Décembre. — L'Assemblée 25 Législative, qui succéda à l'Assemblée Constituante, fut composée, en grande partie, de monarchistes et fut bientôt en désaccord complet avec le Président. Celui-ci voulut obtenir une revision de la constitution, pour qu'il pût être réélu après l'expiration de son mandat de quatre ans. 30 N'ayant pas réussi dans son projet de revision, Louis-

Napoléon pensa à se faire nommer empereur, tandis que la majorité de l'Assemblée voulait le rétablissement de la monarchie sous le comte de Chambord ou le comte de Paris. Le Prince-Président enleva au général Changarnier

5 le commandement de l'armée de Paris, et, le 2 décembre 1851, il fit arrêter les députés qui lui étaient hostiles et déclara l'Assemblée dissoute. Il réprima toute résistance et fit tirer dans les rues de Paris sur le peuple insurgé. Par un plébiscite il fit fixer ses pouvoirs à dix ans, et, le 2

10 décembre 1852, il fut proclamé empereur. Le peuple avait approuvé par son vote le Coup d'État de 185 1. Louis- Napoléon avait voulu imiter le 18 Brumaire, mais il fut bien plus coupable que le général Bonaparte. Celui-ci n'avait pas juré de maintenir le gouvernement qu'il ren-

15 versait, et la France avait besoin de son merveilleux génie. La déloyauté apparente des membres de l'Assemblée, en 185 1, n'excusait pas le parjure du Prince-Président. Il était de son devoir de s'opposer à une restauration monarchique et de défendre la République. L'homme vraiment loyal

20 est fidèle à son serment, quoi qu'il arrive.

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