LETTRE DE JEAN IV, COMTE D'ARMAGNAC
A LA PUCELLE d'oRLÉANS.
« Ma très cliiere dame , je me recommande hum- « blement à vous, et vous supplie pour Dieu, que, « attendu la division qui en présent est en saincte t( Eglise universal sur le fait des papes, car il ia trois « Gontendarisdu papat : l'un demeure à Romme, qui « se fait appeler Martin Quint, auquel tous les rbys « xhrestpiens obe'issent; l'autre demeure à Paniscole au « royaume de Valence, lequel se fait appeller pape « Clément XII ; le tiers , on ne scet où il demeure , « se non seulement le cardinal de Saint Estienne, et « peu de gens avec lui, lequel se fait nommer pape « Benoist XIV : le premier qui se dit pape Martin « fu eslu à Constance par le consentement de toutes « nacions des xhrestpiens; celui qui se fait appeller K Clément fu esleu à Paniscole, après la mort du « pape Benoist XIII , par trois de ses cardinaulx ; le « tiers, qui se nomme pape Benoist XIV, à Panis- « cole fu esleu secrètement mesme par le cardinal « de Saint Estienne. Veuillez supplier à nostre sei- « gneur Jhesucrist , que par sa miséricorde infinité « nous veulle par vous declarier qui est des trois « dessusdiz vray pape, et auquel plaira que on obéisse « de ci en avant, ou à cellui qui se dit Martin, ou à « cellui qui se dit Clément, ou à cellui qui se dit « Benoist, et auquel nous devons croire, si secre- « tcmentj ou par aucune dissiniulacion , ou publique « manifeste. Car nous serons tous prestz de faire le
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a vouloir et plaisir de nostre seigneur Jhesucrist. Le « tout vostre conte d'Armignac. »