ERASISTRATE
pour ien guérir. Galien nous apprend que ce fui à un âge assez avancé cl lorqu il eul renoncé à la pratique , qu’Erasislrale se livra à 1 élude de l’anatomie. 11 résulla de ees éludes tardives, qu’il eut à rélracter beaucoup de ses anciennes opinions : il le fil avec beaucoup de franchise, comme ou le voil clans Galien, qui nous dit qu’après avoir enseigné pendant longtemps que les nerfs liraient leur origine de la dure-mère cl non du cerveau , Erasistrate déclara plus tard qu il s était trompé . cl que des recherches plus exactes lui avaient démontré le contraire.
Erasistrate fixa particulièrement son attention sur le centre circulatoire, et reconnut que tous les vaisseaux en partaient. 11 découvrit les valvules placées à ses orifices et fil connaître comment leur disposition mécanique favorise l’entrée ou l’expulsion des fluides cpic le cœur reçoit ou de ceux qu’il émet : il leur donna le nom qu elles ont conservé , de tricuspides. Du resle Erasistrate fut un médecin soliclistc , cl scs doctrines eurent plus d’un rapport avec celles que Boerhaave professa quelques siècles plus tard. Il croyait que les veines seules contenaient du sang , cl les artères de 1 air introduit du dehors pendant 1 inspiration : l’air, disait-il , fait équilibre au sang et empêche celui-ci de refluer dans les artères ; lorsqu’un de ces vaisseaux est ouvert, l’esprit vital s’échappe, et le sang pénétrant dans tout le système par les branches collatérales, s’écoule par la plaie. 11 réfutait de cette manière ceux qui opposaient à son système le fait des hémorragies artérielles. Ou conçoit que sa palhogénie était une conséquence de scs idées physiologiques ; selon lui 1 inflammation était due à ia présence du sang dans les artères. 11 attribuait la digestion à une trituration des aliments par l estomac; les sécrétions à une filtration à travers les glandes et les membranes: les hydropisies et fanasarque à dos obstructions du foie. cto.
ÉRASISTRATE.
On doit également à Érasistrate plusieurs découvertes en névrologie. Il étudia particulièrement le cerveau; décrivit ses circonvolutions , ses anfractuosités , ses cavités venLriculaires, l’origine des nerfs et leur distribution par tout le corps. Il admit deux espèces de nerfs, ceux du sentiment, plus mous, et ceux du mouvement , ayant une consistance plus grande, distinction qui a été admise depuis par la plupart des physiologistes.
Érasistrate découvrit avec Hérophile les vaisseaux chylifères sur des chèvres tuées peu de temps après avoir mangé; cependant il ne put en indiquer ni le trajet ni la terminaison , et sa découverte resta stérile jusqu’à l’époque où Aselli retrouva ces vaisseaux dans des circonstances analogues et appela sur eux l’attention des anatomistes.
Tels sont en résumé les travaux des deux chefs de 1 école d’Alexandrie , travaux importants , puisqu’ils rapportèrent à leur véritable source les phénomènes de 1 innervation et de la circulation du sang, qu’Aristote avait confondus et attribués à un même centre organique, le cœur.
Après Hérophile et Érasistrate , la marche de l’anatomie éprouva un temps d’arrêt sensible: on cessa de l’enseigner sur des cadavres humains , et l’on se borna à de simples démonstrations sur le squelette ou sur des animaux. Ce mode d’enseignement semble s’être continué pendant longtemps , car Galien nous apprend que de son temps on se rendait à Alexandrie pour étudier un squelette conservé dans son école. De cette époque date la fameuse dispute des empiriques et des dogmatiques, les uns rejetant 1 anatomie comme une science inutile et sans intérêt pour la médecine pratique , les autres au contraire soutenant qu’on ne peut guérir les maladies qu’autant qu’on connaisse la structure du corps et le mécanisme de scs fonctions ,
KUFUS DEPllÈSE.
dispute que beaucoup d’empiriques seraient tentés de renouveler de nos jours, si ce notait la peur de voir considérer leurs prétentions comme la preuve de leur ignorance.
Les Romains en étendant leur domination en Asie et en Grèce , contribuèrent à effacer les traditions de l’école d’Alexandrie; la sévérité de leurs lois sur la sépulture des cadavres enleva aux médecins toute occasion d’augmenter leurs connaissances anatomiques ; cependant nous trouvons cà et là quelques noms à citer , entre autres celui de Soranus AÊphèse^ un des principaux sectateurs de l’école méthodique; celui de Marinus , qui vivait sous le règne de Néron et que Galien considère comme le restaurateur de l’anatomie , et enfin celui de Rufus d’Éphèse quoique ce dernier se soit occupé principalement de l’anatomie des animaux.
Rufus donna le premier une attention particulière à la nomenclature anatomique , comme on le voit dans son ouvrage : Appellationes partium humant corporis ; Venetiis apud Juntas. 1552, in-4°. On lui doit quelques travaux sur les maladies des reins et de la vessie : ( De Vesicœ renumque morbis. — De Purgantibus medicamentis . — De Partibus corporis humant. Accessit Soranus de utero et muliebri pudendo , Grœcè , 1554). C’est dans cet ouvrage que l’on trouve la désignation des trompes utérines qui sont, dit Rufus, des vaisseaux variqueux naissant des testicules (ovaires) et qui vont aboutir dans la cavité de la matrice ; quand on les comprime if en soi t une humeur gluante; l’on croit que ce sont des vaisseaux séminaires de l’espèce de ceux qu on appelle variqueux {op.cit.) Il a fait sur les testicules ('l leurs cordons des observations analogues: il distingue quatre vaisseaux spermatiques , deux variqueux et deux glanduleux. On lui doit encore la connaissance de la commissure des nerfs optiques au niveau de l'infundibulum ; il a démontré la différence d ampleur et