ALBERT DURER
Berengario fut un anatomiste clair et exact autant quou pouvait l’être à son époque, mais on lui attribue plus de découvertes qu’il n’en a réellement faites. C’est ainsi quon lui rapporte la connaissance des valvules tricuspides et sigmoïdes, des cartilages arythénoïdes , des ventricules du cerveau , des tubercules quadrijumeaux , organes que Galien avait déjà décrits; des points et des conduits lacrymaux, du canal nasal, découverts par Zerbi ; du bulbe lombaire observé par Achillini: de la membrane du tympan, décrite par Hippocrate. On s’accorde cependant généralement à lui accorder la découverte de l’appendice du cæcum , ainsi que des sinus sphénoïdaux. Il rectifia l’opinion de Galien sur le jeu des intercostaux, en disant qu’ils servent tous les deux à soulever les côtes. (. Isagagæ brèves in anatomiam corporis humant. Aliquot cum figuris anatomicis. Bononiœ. 1522.) j
Parmi les anatomistes du commencement du 16me siècle on remarque encore Albert Durer, plus célèbre comme ^ peintre. On lui doit un traité des proportions aux divers âges, qu’on peut consulter avec d'autant plus de confiance que Durer était compétent dans la matière. De symetria partiurn hwnanarum, seu de proportione corporis humant, lib. IV, Norimbergœ. 1528, in-fol.
Jusqu’ici 1 Italie avait joui du monopole des sciences; c’était de ses écoles qu’étaient sortis les anatomistes les plus célèbres. François 1er voulant en attirer quelques-uns dans sa capitale, fonda le collège de France en 1550 et appela, pour y enseigner la médecine, Guidi Guido, plus généralement connu sous le nom de Vidus Vidius. Vers le même temps, un Allemand, Gonthier d’Andernach, reçu docteur à Paris , introduisit en France la connaissance de 1 anatomie des Grecs, puisée dans les originaux. A leur école se formèrent Charles Estiennes, Rondelet, Servet, Jacques Dubois, dit Sylvius , qui lui-même devait avoir l'insigne honneur de