LIBER II
Ligamentù ossa cartilaginesque invicem committentibus , et muscîdis voluntariorum motuum instrumentis dedicatxis : et figuras ipsi proprias , uti nunc descrihetur proponens.
Quid ligamentum, ac quis ligamenti usas et differenliaf
A ésale définit le ligament : Ligamentum itaque, quod nervi generatirn dicti noniine etiam comprehendimus , Grœcisque çyv&arpjv nuncupatur , corpus est similare, primario ex osse , aut cartilagine principium ducens , durutn sed tamcn cartilagine mollius , album , variasquc in colligando } continendo , ohtegendo , dirimendo , et muscîdis constituendis , usus prœstans.
Il les distingue selon leurs usages; 1° en ceux qui servent à maintenir les articulations (ligaments proprement dits) , à diriger les tendons des muscles ( gaines, arcades ou anneaux) ; à envelopper les membres (aponévroses); 2° en ceux qui servent à agrandir les cavités articulaires , ou qui sont intermédiaires entre les surfaces de rapport (fibro-cartilages); o° en ceux qui servent à envelopper et garantir les parties, comme les séreuses, le péritoine, les plèvres, l’arachnoïde, etc; 4° en ceux qui servent à former des cloisons ou des intersections aux muscles; 5° en ceux qui constituent leurs tendons.
S’il est une idée que nous pouvions croire moderne, c’est celle de la généralisation des tissus sous le rapport de leurs conditions vitales, physiques et organiques; or, cette idée si grande, et qui a suffi pour donner à la science le caractère philosophique qui la distingue, nous en trouvons ici le germe dans Yésale. Il est bien clair qu’en réunissant dans un même
VÉSALIi.
cadre tous les tissus albuginés, il a senti que tous avaient des points de rapport , puisqu’ils sont formés par un élément commun, le celluleux. Nous verrons comment Bordeu a repris cette idée.
Yésale décrit ensuite les différences des ligaments ah USU} ah ortu, a partibus quas connectant , a partihus quibus committuntur , a substantia , a situ , a forma.
Le propre des ligaments, dit-il, c’est de n avoir qu une sensibilité très-obtuse. Il parle aussi de la synovie qui humecte les articulations et des bourses muqueuses des tendons. Afin de compléter cet examen de la squelettologie de Yésale, nous allons reproduire en entier une de ses démonstrations que nous mettrons en regard (I une démonstration moderne. Il sera curieux de comparer ainsi des tableaux tracés à peu près à deux siècles et demi d intervalle. Nous prendrons au hasard et de préférence les parties qui présentent le plus de difficultés à décrire.
YÉSALE, 1542. LAUTH , 1855.
De capitis et primée secundccquc cervicis vertebrarum liejamentis.
(Caput XXX, lib. II.)
Capitis cum prima cervicis vertebra articulationem , et secundæ item vertebræ cum prima , secundæque rursus cum capite conjunctionem , omni dionas esse admiratione , libri superioris decimum quintum caput explicavit. Præsens autem ligamenta articules lios eontinenlia perstringit. Quum itaque primam cervicis verte-
Articulations de la tète avec la colonne vertébrale.
Ces articulations ont lieu d’une part entre la tète et l'atlas; de l’autre entre la tète et l’axis: elles sont retenues par des ligaments multiplies; on y remarque en effet :
1) La membrane de l’arc antérieur, étendue entre l’arc antérieur de l’atlas, et la demicirconférence antérieure du grand trou occipital.
VÉSALE
bram capiti copulari necessum fuit , merito universum articula m ambiens ligamentum (quod et cœteris articulis commune censetur) forte robustumque natura procreavit: rarum tamen nihil , aut peculiare , præter robur crassitiemque , id ligamentum adipiscitur. Quod verô secundam cervicis vertebram capiti committit, teres et validissimum est , et cartilaginis naturam participât, etexvertice dentis enatum , oecipitis ossi inseritur, qua anteriorem foraminis, quo dorsal is medulla delabitur, regionem constituit.
fd ligamentum firmissime secundam vertebram oecipitis ossi colligans, una cura dente veluti axem efformat , secundum quarn caput primæ vertebræ interventu. in gyrum agitur. Verùm ne dens ille quandoque ex suo sinu in vehementioribus capitis motibus deviet, luxeturve, atque tune medullam dorsalem comprimât , aut frangat , aliud ligamentum rerum Opifex procreavit , quod ex uno latere interioris regionis primæ vertebræ prodiens, alteri lateri inseritur , posteriori dentis sedi transversim obductum, et egregie robustum , cartilaginisque naturæ compos. Reliquum est aliud ligamentum, primam vertebram secundæ colligans, quod
2) La membrane de l’arc postérieur.
3) L’appareil ou le surtout ligamenteux .
C’est une forte bande ligamenteuse, qui commence à la face crânienne de l’apophyse basilaire de l’occipital , et qui descend dans le canal vertébral pour s’attacher à la deuxième , troisième et quatrième vertèbre cervicale , et se continue en partie avec la longue bande postérieure.
■4) Les ligaments entre la première et la deuxième vertèbre.
L’arc antérieur de l’atlas est uni au corps de l’axis par un ligament à fibres perpendiculaires ; l’arc postérieur par une membrane celluleuse.
5) Le ligament croisé de la dent. 11 a la forme d’une croix; ses deux brancheslatérales, aussi appelées ligament transversal de l atlas , constituent un faisceau fibreux assez fort, passant en arrière sur la dent de l’axis , et s attachant au côté interne des apophyses articulaires de l’atlas.
6) Les ligaments latéraux de la dent sont deux cordons fibreux très-forts, qui s’attachent aux côtés et vers le sommet de 1 apophyse odontoïde, et se terminent à la partie interne des condyles de l’occipital.
7) Le ligament droit, moyen
VÉSALE
ejusdem cura aliis membranis ou suspenseur de la dent: trousarticuloscontinentibus ligamen- seau ligamenteux qui , de lexti fabricæ et usus censetur. trémité de l’apophyse odontoïde
se porte a la partie antérieure du bord du grand trou occipital.
En comparant ces deux descriptions qu’un si grand nombre d’années sépare, l’on verra que de part et d autre elles sont complètes, mais que cependant la supériorité est constamment du côté de Yésale. Lautli ne fait qu indiquer les objets, tandis que l’anatomiste belge les décrit d’une manière tellement saisissante, que même celui qui n’aura jamais vu les articulations en question, pourra se faire une idée fort juste de leur mécanisme. On remarquera que Yésale ne fait pas mention du surtout ligamenteux, ou du ligament axoïdo-occipital ; c’est qu’il le considère comme faisant partie du grand ligament vertébral postérieur. Il comprend également dans un seul ligament ( odontoïdien ) les ligaments latéraux et le droit, moyen ou suspenseur de la dent , que Lauth a cru devoir séparer.
CAPUT Yï.
Ouid musculus, ipsiusque compositionis ratio secundum aliorum anatomicorum sententiam ?
De toutes les parties de l’anatomie, la myologie était peutêtre la moins avancée au temps de Yésale. Hippocrate et Aristote, tout en rapportant à ces organes la production des mouvements volontaires n’avaient rien pu dire de précis sur leur organisation , ni sur le mécanisme de leur contraction. Ils s’étaient contentés d’établir en termes généraux, quils étaient formés de chair. Les anatomistes de l'Ecole
VÉSALE
d'Alexandrie les ont mieux connus , et ils en ont nommé quelques-uns; nous avons vu jusqu’où Galien est allé sous ce rapport ; on peut dire qu’on lui doit le fond de cette partie de 1 anatomie. Cependant scs études se bornèrent au singe et à quelques autres mammifères , et comme depuis on ne fit plus que le copier , il s’ensuit que réellement la myologie de 1 homme restait à faire. Galien avait dit que le muscle était formé par le nerf et le ligament divisé en fibrilles , et formant un tissu quil nomme stœbe, rempli par la chair: Perficitur autem nervi ac ligamenti in fibras distributio in hune modum: nervus accedit ligamentum } ac simul commixta in fibras duas quodammodo digeruntur , illœ rursus singulœ in alias, et hœ iterum inplures tanquam hœ ad extremum diffusionis pervenere , rursus ut divisœ fuerunt , mutuo concursu coalescentes et commixtœ in unum colliguntur. Vésale le premier rectifia cette opinion : il lit voir qu’il n’y a aucun rapport entre le volume d’un muscle et le volume ou le nombre des nerfs qui s y distribuent ; que souvent de gros muscles reçoivent de minces filets nerveux, et viee-versa; que la fibre musculaire est d une nature spéciale , et que c’est elle qui en se raccourcissant produit le mouvement; vero musculorum carnem cui alia nulla in universo corpore est similis . prœcipuum auctorem esse mihi persuadée , cujus hcneficio ( non deficientihus intérim nervis , animalium facultatum nunciis ) musculus crassior effiectus , sese breviat et colligit , itaque partem cui inseritur ad se allicit et movet; et cujus dein occasione se rursus laxat et educit , attractamque partem remittit. Il serait impossible, pensons-nous, de mieux décrire le phénomène de la contraction musculaire.
VÉSALE
CAPUT III
De musculorum diffcrentüs.
Il déduit ces différences : 1° a substantiel , ou de la proportion respective de leurs éléments constitutifs : les uns recevant un grand nombre de nerfs, d autres moins, les uns étant riches en vaisseaux sanguins , d’autres pauvres : quelquels muscles se composant d’une partie aponévrotique , et d’une partie charnue (diaphragme) ; d autres ayant leurs tendons très-développés par rapport au corps musculaire (demi-tendineux) , etc .
2° Ab ovtu j ah insertions j a forma ; a foraminihus : a magnitudine j a colore ; a fibrarum genere ; afihiarum compactione ; a musculorum capitibus j a ventribus; a musculor um impressionibus j a tendinihus j a mu tua musculorum in officio oppositionc j a munere.
Musculorum numerum non prompte defmiri.
Yésale observe avec raison que le nombre des muscles ne peut être déterminé d’une manière rigoureuse, parce que souvent un muscle se divise en un grand nombre de muscles secondaires (sacro-lombaires); que quelquesuns partagent un même tendon et que d autres enfin s’unissent si intimement, qu’il serait difficile de dire s’ils forment un ou plusieurs muscles; c’est là en effet une des causes qui ont le plus fait varier les auteurs dans leurs déterminations.
VÉSALE
Da cute , cuticulci et membrana per univers uni corpus cuti subjecta , prœterea et adipe inter cutem viernbranamque illam reposito.
Dans la description des muscles Vésale procède patcouches ; il commence donc par la peau et son pannicule charnu. La définition qu’il donne de la première est ingénieuse . est enim cutis veluti scinejwine proeditus nervus 5 il la considère comme intermédiaire entre le nerf et le muscle : nous devons dire cependant qu’à part ses conditions générales de souplesse, ou de rigidité, du nombre des nerfs, des poils et des ouvertures quelle présente pour le passage de la matière de la transpiration insensible, il ne fait rien connaître de particulier sur sa texture , ou 1 arrangement intime de ses éléments constitutifs.
Dans les chapitres suivants , A II à LXII , il donne la description de chaque muscle en particulier. Il procède par régions, d’abord ceux de la tète. Parmi les muscles de 1 œil , il n a connu ni le sourcillier ni le releveur de la paupièie supérieure ; il décrit et ligure un muscle impair enveloppant le nerf optique, et destiné à tirer l’œil en arrière. Ce muscle existe effectivement chez les mammifères où il foi me une espece d entonnoir autour du nerf optique 1 les quadrumanes et l’homme en sont seuls privés ; Vésale 1 avait donc admis pas analogie. 11 n’a pas connu la poulie de réflexion de l’oblique interne ; et il commet l’erreur de di\ isci le muscle orbiculaire des paupières en deux portions distinctes.
Les muscles de la mâchoire inférieure sont divisés en élévateurs, (temporal , masseter, et ptérygoïdien interne musculus delitescens ), et abaisseurs (digastriques). Il fait
VÉSALK.
observer que la proportion est bien conservée entre ces muscles, peu de force suffisant pour 1 ouverture de la bouche, le poids seul de la mâchoire favorisant ce mouvement, au lieu qu’il faut une grande puissance pour amener la mâchoire inférieure contre la supérieure et opérer la mastication; à l’égard du digastrique, il commet l’erreur de le faire partir de l’apophyse styloïde. Il comprend les muscles mylo-hyoïdiens parmi ceux de la mâchoire inférieure. Yésale n’a donc pas connu le ptérygoïdien externe. Il décrit exactement les muscles hyo , gémo et stylo-glosses et ceux qui viennent des cornes de 1 os hyoïde (cérato-glosses et basio-glosses d’Albinus) ; il parle aussi des muscles intrinsèques de la langue , de la distribution
et delà direction de leurs fibres.
Il ne détermine point les muscles du voile du palais et de ses piliers, ni ceux du pharynx : parmi ceux du larynx il fait quatre muscles croisés de l’arythénoïdien , et il admet des muscles hyo-épiglottiques , ce qui ferait croire qu’il a disséqué des larynx de grands mammifères, ces
muscles n’existant pas chez 1 homme.
Dans la description des muscles des extrémités, \esale a adopté l’ordre physiologique. Ainsi il fait voir que les mouvements de l’humcrus dans son articulation scapulaire sont au nombre de cinq , l’adduction , 1 abduction , l’abaissement et la rotation en dedans et en dehors : les muscles qui correspondent à ces mouvements sont : le grand pectoral {adduction)^ ‘deltoïde ( élévation ) le grand rond, le large du dos ( abduction ) le sous-épineux {rotation en dehors ) le sous-scapulaire {rotation en dedans ); il confon
le petit avec le grand rond.
L’omoplate a quatre muscles, le petit pectoral, le trapeze,
) angulaire , le rhomboïdal.
Neuf paires de muscles meuvent la tète sur le tronc:
les splenius , complexus , grands droits postérieurs de la tète, petit et grand obliques, sterno-mastoïdicns, les rausdroits antérieurs et longs du cou.
Les muscles de l’abdomen sont au nombre de sept : les pyramidaux, n’y sont pas compris, mais ils sont clairement clés exprimés dans les planches.
Avant Vésale on n’avait pas d’idée précise sur l’origine des crémasters; Galien les avait fait provenir des branches pubiennes et ischiatiques ; depuis on les avait considérés comme venant du péritoine 5 l’anatomiste belge rectifia cette erreur en les rapportant aux muscles petit oblique et transverse.
11 admet aussi dans les ligaments de la matrice des fibres musculaires qui y existent réellement et proviennent du corps de cet organe.
Dans les muscles de la poitrine il comprend les intercostaux , le diaphragme , les sous-claviers , les scalènes , les dentelés latéraux et postérieurs, supérieurs et inférieurs. Quant aux intercostaux, contre l’opinion de Galien, il leur attribue l’usage de rapprocher les côtes.
Les muscles de la colonne vertébrale sont , indépendamment de ceux qui meuvent la tête , les transversaires du cou , les sacro-lombaires , les longs du dos , les carrés des lombes , les épineux du dos.
Les muscles des extrémités supérieures sont décrits de la main au bras ; ils sont pour la première au nombre de vingt-six, parmi lesquels on remarque les fléchisseurs sublime et profond, les lombricaux, et les interosseux les muscles des régions palmaires interne et externe. Vésale est le premier qui ait donné une description exacte du ligament transverse du métacarpe, de l’aponévrose palmaire, des capsules articulaires phalangiennes et métacarpo-phalangiennes.
VÉSALE
Les muscles de l’avant-bras sont les cubitaux , les radiaux , les supinateurs, les pronateurs.
Ceux du bras, les fléchisseurs, (biceps, brachial-antérieur), les extenseurs, (triceps) : le coraco-bracliial est omis.
Les muscles de la verge sont bien décrits, moins le transverse du périné.
L’anus a un sphincter et deux releveurs.
Les mouvements de la cuisse sont ceux d adduction d abduction, de flexion et de rotation; quatorze muscles sont chargés de produire ces mouvements. Les fessiers (abduction) le pectiné et les adducteurs (adduction) les psoas et iliaques réunis (rotation en dedans.) Les pyramidaux, 1 obturateur interne et ses accessoires (jumeaux), le carré (rotation en dehors), le triceps (extension.) 11 décrit aussi le tenseur de l’aponévrose.
Les muscles qui agissent sur la jambe sont . le di oit antérieur et triceps , le droit interne , le couturier , le biceps , le demi-tendineux et le demi-membraneux.
Le pied exécute ses mouvements sur la jambe pai neuf muscles, cinq en arrière, quatre en avant . ce sont les jumeaux, soléaire et plantaire grêle; Yésale fait obsenei que celui-ci ne produit pas 1 aponévrose plantaire , pas phis qu’à la main, le petit palmaire l’aponévrose du même nom ; le cinquième est le jambier postérieur ; trois sont couchés le long du péroné; le neuvième est le jambier antérieur.
Les muscles qui meuvent les doigts des pieds sont au nombre de vingt : le long fléchisseur commun des doigts, et l’accessoire ; le court fléchisseur, l’extenseur propre et du gros orteil ; le court extenseur , l’extenseur commun des doigts; les muscles interosseux et lombricaux, 1 adducteur du pouce et ses abducteurs (oblique et transverse).
Le relevé que nous venons de faire prouve qu il y a peu de muscles que Yésale n’ait pas connus et décrits; sous ce rap-
VÉSALE
port il a laissé peu à faire à ses successeurs. Ce qui lui a manqué pour être plus bref et plus explicite, c’est une technologie appropriée aux descriptions; la langue anatomique n était pas encore créée , et on conçoit les difficultés qu il lui a fallu vaincre pour rendre , sans cet instrument commode et précis , les détails si nombreux de nos organes musculaires. Comme en ostéologie, Yésale trouve plus d’une fois l’oceasion de relever des erreurs de Galien quant à la détermination de muscles qu’il attribue à l’homme et qui appartiennent au singe ou à quelques mammifères voisins : tels sont les droits antérieurs de l’abdomen, les scalènes postérieurs, les grands dentelés de la poitrine, etc. (Voir Galien.)
Comme nous l’avons fait pour l’ostéologie, nous allons terminer cet examen de la myologie en reproduisant une des démonstrations de Vésale , celle du muscle diaphragme, que nous mettrons en regard de celle donnée par Laulh.
VÉSALE
Septum transversum , seu musculusutrique lateri communis.
Est autem is, quem Græei Scxfpo typa : Latini vero septum transversum , nonnunquam et præcordia vocarunt. Hic neque situ, neque forma, ulli totius corporis musculo respondet :
si quidem amplus est , et oibicularis, et in ipsius medio caput suum , principiumve gerit.
Inibi enim ampla latitudine exacte membraneus exislit,ex qua Fibræ instar linearum ex centro ad circuli circumferentiam educ-
LAUTH
Muscle diaphragme.
Muscle large et mince, situe entre la poitrine et l’abdomen.
On y distingue une portion costale et une portion lombaire ; la première forme une espèce de voûte qui s’attache au cartilage xiphoïde et aux six côtes inférieures de chaque côte, par des chefs qui alternent avec des digitations du muscle transverse.
Ces chefs se réunissent en un plan musculeux concave en bas et qui se porte en arrière vers
YÉSALE.
tarum excurrunt, iis quibus septum inseritur, partibus exporrectæ. Hcc peculiari musculorum carne adauctæ , reliquam musculi partem carnosam efficiunt quæ paulatim in progressu densior carnosiorque, pro fibrarum ductus longitudine redditur. Procedunt itaque fibræ ex membraneo circulo, ad inferiorem ossispectoris regionem, juxta mucronatcc cartilaginis radicem, deinceps aliæ sese succedentes ordine, ad spuriarum costarum extrema inseruntur : non quidem exteriori
cartilaginum sede , at interiori, ut costarum cartilagines simul cum mucronata pectoris ossis cartilagine , tutissimum septi transversi propugnaculum efiiciantur.
Duodecimæ autem costcc carlilagini non solum insei’itur, sed toti costæ longitudini carnosus adnascitur, et adinferiorum costarum extrema , oblique ascendente abdominis musculo, et longe magis transverso admodum unitur. Cœterum septi fibræ , ad vertebras dorsi prorepentes , non in undccimam thoracis vertebram , quam spectant , insertioncm moliuntur, quod magna arteria sub septo transverso repens , et sextus fémur movens musculus, (grand psoas) adeo undccimæ vertebræ
la colonne vertébrale où il se transforme en une grande aponévrose qui a à peu près la forme d’une feuille de trèfle, et à laquelle on adonné le nom de centre phrénique. Cette aponévrose est percée à son milieu et un peu à droite d’une ouverture arrondie ou légèrement carrée, appelée trou carré, et par où passe la veine-cave inférieure. Vers la partie postérieure externe de la voûte du diaphragme on remarque un érailment des fibres musculaires où la plèvre est à nu et où elle touche au péritoine. La partie postérieure du centre phrénique se continue avec la portion lombaire du diaphragme , plus épaisse et plus alongée que l’autre , et qui présente près de son origine , et un peu à gauche , une ouverture appelée trou orale, par où passe l’œsophage avec les nerfs de la huitième paire.
Bientôt après, la portion lombaire se divise en deux piliers, entre lesquels passe l’artère aorte , la veine azygos et le grand canal thoracique. Chacun de ces piliers se divise en quatre chefs qui s’attachent aux trois ou quatre premières vertèbres lombaires, et à la dernière dorsale. Le pilier droit descend un peu plus bas que le gauche.
Entre le premier chef (le chef
VÉSALE
obducantur, ut septum ipsi connasci nequeat. Ac proinde septi fibræin duos membraneos, sed perquam validos desiuunt teudines : qui deorsum ad magnæ arteriæ latera protensi, lumborum musculis inibi coliærent. : et sensim arctiores redditi, ac arteriæ non nihil sese subjicientes, tantisper porriguntur, donec lumborum vertebras excarnes reperiant , ipsisque robustissime et Ion go ductu inserantur. Universum itaque septum paulo minus toto orbiculare est, situmque obli-
quum commonstrat
Gæterum universum septi transversi corpus duabus obducitur membranis : totam enim inferiorem ipsius amplitudinem , qua nulritionis organa spectat, peritonæum succingit : superior vero universa latitudo , cor pulmonemque respiciens, membrana costas subcingente obducitur.
Dans le cours de la description, Vésale relève l’erreur commise par Hippocrate et par Galien sur les ouvertures du diaphragme : « Quin etiam contra aliorum musculorum na- » turam, paucis demptis , septum transversum quibusdam » foraminibus perviumest, quæGalenusex Hippocratis sen- » tentia duo esse recensuit: unum, quod vertebris, arteriæ » magnæ, et descendenli ad ventriculi orificium stomacho » viam præbet: alterum quo vena cava in thoracem Lranscen- » dit. INobis vero tria esse observantur : primum, ubi ab invi-
interne) et le second, passent les nerfs splanchniques.
Par sa contraction le diaphragme tend à effacer sa courbure et par-là à agrandir la poitrine dans le sens vertical, et à diminuer dans le même sens la capacité abdominale. Ce muscle est donc inspirateur, et il contribue en outre à l’expulsion du fœtus, à l’excrétion des urines et des fèces , au vomissement , etc. ; dans les grands efForts musculaires, le diaphragme sert à fixer les côtes, sur lesquelles d’autres muscles viennent prendre un point d’appui solide.
(A l’égard de l’action du diaphragme , l’anatomiste belge entre dans les plus grands details , et nous pouvons assurer qu’il n’y a aucune comparaison à établir entre sa démonstration et celle de Lauth. )
VESALE.
» cem deducuntur tendinum illorum principia , quæ solam » transmittunt arteriam , et fmem venæ pari carentis, el » ramos deinde scxti paris nervorum cerebri , qui ad costa- » rum radices , sub membrana costas succingente propagan- » tur, ac postmodum jecori , lieni , renibus , intestinis , el
» omenlo numerosa sevie inseruntur Secundum fora-
» men ad septi transversi medium , versus dextrum ta- » men consistit, venæ cavæ in thoracem reptanti extructum, » cujus corpori septum firmissime membranarum ipsi ob- » natarum beneficio connascitur : quemadmodum et hæ » membranæ reliquis quoque , quibus septum iter præbet, » pertinaciter committuntur. Tei'tium foramen, inferius » quam media septi sedes , ad sinistrum latus modice ver- » gens liabetur, quo stomacbus , et sexti nervorum paris » rami , ad ventriculi orificium dimittuntur, etc. »
Dans toute cette description il n’y a qu’une inexactitude à reprendre , c’est celle qui concerne le passage des nerfs grands splanchniques dans l’abdomen, que Yésale dit avoir lieu par l’ouverture aortique, tandis que ces nerfs traversent directement les libres des piliers du diaphragme.