‹ Précis de l'histoire de l'anatomieChapitre 33 sur 101 · LIBER III · texte numérisé non relu

LIBER III

Quo venarum arteriar unique per universuvi corpus sériés descrihitur, et peçuliares ipsi figuras, quibus potissimum conveniunt, capitibus prœponuntur.

Quid voici et quæ ipsius substantiel et usas.

Jusqu’ici Yésale n’a fait que contrôler Galien de la manière la plus sévère : il n’en est pas de même à 1 égard des organes circulatoires pour lesquels, il faut le dire, il a adopté la plupart des erreurs physiologiques qui avaient cours alors

VÉSALE

dans les écoles. Il regarde les veines comme des conduits chargés de porter à toutes les parties le sang nutritif mêlé au principe vital. Vcna igitur pars est instrumentaria ; tores , fistulœquc instar cavata et sancjuinem corporis partes cniitriturum , una cum naturali spiritu, insigniter ( si quis modo s il ) caliginoso , déférons ; elles sont formées par une seule membrane à fibres contractiles qui se croisent dans leur direction , les unes transversales, les autres obliques, les troisièmes longitudinales, chargées d imprimer le mouvement au sang , et présentant dans leur intérieur de petites membranes ou valvules. En pénétrant dans le parenchyme des organes , ces vaisseaux se dépouillent de leur enveloppe : Cœtcrum venœ viscen alicui insertæ , aut per musculi corpus digestœ , hujusmodi tunica toto inseriionis progressif destituuntur , caque neutiquam indigent, quod ahunde in illis corporibus firmentur , quodque ea tunica impedimento esset, quo minus prompte sanguis ex venis sudaret.

De notre temps cette opinion a été reproduite par quelques physiologistes. On sait que M. Doellinger entre autres, qui pense que les vaisseaux ^ à leurs dernières extrémités , cessent d avoir des parois et que le sang se meut à nu dans la substance solide ou muqueuse du corps.

Quid sit arteria, quœque ipsius suhstantia et usus.

Les artères sont, comme les veines, des conduits membraneux qmhus vitalis spiritu s et impelu ru eus , calidusque sanguis per universum corpus diffunduntur , quorum hcneficio , accedenle arteriœ ipsius motu ( qui dilalatione et conlraclione fit') naluralis singnlarum partium calor, vitalisque spiritus refocillantur .

VÉSALE

Elles ont deux tuniques, lune externe, correspondant à celle des veines , l’autre interne plus épaisse , comme cartilagineuse et composée de fibres transversales.

CAPUT III

Ouïs venarum et arteriarum numerus ?

Il décrit dans ce chapitre la distribution générale de chaque ordre de vaisseaux. Toutes les veines du corps naissent de quatre troncs principaux , dont deux sont situés dans l’abdomen, la veine porte et la veine ombilicale, (chez le fœtus) ayant le foie pour aboutissant ; deux dans la poitrine, venant du cœur; la veine cave et la veine artérieuse (artère pulmonaire} . La connexion entre ces deux systèmes est établie par les veines sus-hépatiques et le canal veineux.

Les artères proviennent de deux troncs, l’aorte, et la veine artérieuse (veines pulmonaires) : le premier présente à son origine des valvules sigmoïdes.

j De (jlandulis vasorum diductibus roboris gratta im-

missis.

Les anciens n’admettant pas une circulation mais une simple oscillation du sang dans les vaisseaux , on conçoit quelle attention ils ont du donner à toutes les circonstances capables de prévenir les obstacles à la distribution uniforme et régulière du liquide. En effet, dans leur système ces obstacles devaient être bien plus nombreux que dans celui d’un mouvement circulatoire , et le sang eût été arrêté à chaque instant sans certaines précautions qu’il leur semblait que la nature avait prises. Parmi ces dernières la plus efficace était la division des vaisseaux , qui en multipliant les issues par où le fluide pouvait s’échapper, diminuait en même

VÉSALE

temps le volume et l’étendue de ses colonnes. Ils étaient ainsi arrivés à celte idée que les membranes très-vasculaires de leur nature , comme la pie-mère , les muqueuses en général, le tissu cellulaire, la membrane choroïde, mais surtout les glandes, n’avaient d’autre but que de soutenir ces trames capillaires. Celte opinion subsista jusqu’à l’époque de la découverte de la circulation du sang ; aussi ne fau t-il pas s’étonner de la trouver dans Vésale; disons cependant quelle ne s’éloigne pas beaucoup de celle admise par des physiologistes modernes sur les diverticulums , tels que la rate pour l’estomac, le corps thyroïde ou le thymus poulies voies respiratoires , les capsules surrénales pour les reins , etc., etc. Vésale a soin d’observer que toutes les glandes ne sont pas réduites à ces usages purement mécaniques , que le plus grand nombre sert à séparer de la masse du sang des fluides appropriés à différents usages dans l’économie. Chacune de ces glandes est décrite d’une manière spéciale dans le chapitre suivant.

Le chapitre V est consacré à la veine porte. On sait que Galien avait considéré toutes les veines comme prenant leur origine dans le foie dont il avait fait le centre et en quelque sorte le principal agent de la vie nutritive. C’était là que s élaborait le sang, et que se préparaient la plupart des maladies , suite d’une hématose viciée ou incomplète ; aussi sa médecine fut-elle essentiellement humorale. Vésale restreignit beaucoup cette opinion , en ne laissant au système biliaire que le soin de débarrasser le sang des matières grasses et fuligineuses dont il est chargé. En cela il fut mieux servi par 1 anatomie , et l’on peut dire que si ses aperçus physiologiques manquent quelquefois de justesse , il n y a rien à reprendre à ses démonstrations anatomiques. Rien nest admirable, en effet, comme la description du système porte. Aucune partie de ce système

VÉSALE

n’y est omise et toutes sont indiquées avec une précision et une clarté qu’il a été impossible de surpasser. Telle qu’il la décrit , la veine porte subsiste encore aujourd’hui dans nos livres : il la considère d’abord dans le foie , et constate sa communication avec la veine cave par 1 intermédiaire des veines sus-hépatiques, ensuite il la décrit dans ses différentes divisions abdominales.

Voici cette description que donnée par Lauth.

VÉSALE

In jecoris substantia, ab omnibus demissioribus , et quæ orbiculatim consistant, extremis ipsius partibus , exiguæ admodum , numerosœque venarum propagines incipiunt, quæ versus jecoris medium porrectæ , sensim in majores suboles , et inde in grandiores adbuc lantisper coeunt , donec omnes (quæ profecto sunt quam frequentissimæ) in cava jecoris regione, versus (jus medium, adinteriora tamen etposteriora, juxta dorsum magis , unitæ , ac in majores ramos congressæ; unam grandem , et impensè amplam constituant venam , quæ nobis portæ vena nuncupabitur. Hæc ad eum modum ex jecoris cavo enata, aut (si non minus vere, quam clare loqui voles) omnes nuper dictos ramos, soboles et propagines

nous rapprocherons de celle

LAUTH

La veine porte constitue un système sanguin particulier, en ce qu’elle nait à la manière des autres veines , des viscères abdominaux de la digestion , et qu’elle se divise ensuite dans le foie à la manière des artères, pour s’y continuer avec les radicules des veines hépatiques.

La portion artérielle de la veine porte commence quand le tronc est parvenu dans le sillon horizontal du foie; elle y est enveloppée par la capsule de Glisson, avec l’artère hépatique, les canaux hépatiques, les vaisseaux lymphatiques et les nerfs du foie. Le tronc se divise en cet endroit en deux branches , qui s’en éloignent à angle droit, et que l’on désigne sous le nom de sinus de la reine porte. La branche droite est plus courte et plus volu-

XÉSALE.

lis

in jecoris substantiam dispergens, oblique sinistrorsum descendit , in multos venarum sureulos , ad bilis vesiculam , ventriculum, intestina, lienem , omentum , mesenterium , enarranda jam sérié digesta. Primum duos valde exiguos ramulos ex superiori, seu anteriori sui corporis parte , bilis vesiculæ cervici distribuit. ( veine cystique.) Post bocaliquanto inferius ab elatiori quoque et anteriori venæ corporis sede, versus dextrum tamen latus magis, abus promitur ramus , nuper commemoratis insignior , qui humilius ventriculi orificium , et ventriculi portionem , huic juxta dorsum proximam , aliquot ramulis adit, nulla prorsus sobole anteriorem ventriculi sedem perreptans ( veine coronaire stomachique). Portæ venæ caudex, postquam eos diffudit ramos, deorsum magis protensus, in duos maximos bipartitur truncos : sinister , ( tronc splénique ) propemodum universus in ventriculum et omentum , et quamdam coli intestini regionem , quæ secundum humiliorem ventriculi sedem fertur , deinde et in lienem absumitur.

Aller qui et humilior et grandior est , ac dexter mérité appellabitur, ( grande mesurai que) , tolus per unarri aut alteram sobolem,

mineuse que la gauche; chacune d’elle se dirige dans le lobe correspondant du foie, et s’y divise en rameaux qui acconr pagnent ceux de l’artère hépatique et se terminent enfin dans les granulations du foie; en s’y continuant avec les veines hépatiques.

La portion veineuse de la veine porte correspond à peu près aux divisions des artères cœliaques, àl’exception desbranches que l’artère hépatique fournit au foie ( mésentérique supérieure, inférieure) en sorte qu’on trouve toujours un rameau veineux accompagnant un rameau artériel :

1°. Veine cystique. Cette petite veine s’unit à la veine porte quand celle-ci est arrivé dans la scissure horizontale du foie.

2°. Veine coronaire stomachique. Elle s’unit au tronc de la veine porte dès son origine.

3° Veine splénique ou liènalc , formée par la réunion de la splénique proprement dite ,

VÉSALE

in mesenterium et intestins exhauritur. Abhujus namque dex- (ro latere , juxta ipsam caudicis portæ in duos truncos distributionem , ntcunque insignis soboles venave ventriculo exporrigitur ( veine gastro-épiploïque droite ) , quæ ornenti membrana superiori suffulta, et sub dextra ventriculi fundi sede transversim producta , exiguas frequentesque venulas certo ordine , ac quodammodo geniculatim ventriculo divaricat , qui et anteriorem et posteriorem fundi ventriculi rcgionem multis surculis aliquousque intertexunt...

Porro innumeras venularum soboles per totam dextram superioris membranæ omenti regionem diffundit , illis fere numéro (quanquam non longitudine, et vario per omentum implexu) correspondentes , quas in ventriculi fundum spargi, paulo ante dicebam. Yerum præsens vena interdum , neque id sane infrequenter , a portæ vena, supra quam ilia in duos grandes truncos bipartitur, originem obtinet: imo quandoque a sinistro portæ trunco non semel hanc ipsam pronasci observavimus. Quemadmodum vero liæc subinde in ortu variât, ita etiam vena quæ ipsam subsequitur , non idem semper princ.ipium exigit. IN une enim a

et de la veine mésentérique inférieure , etc. Elle nait de la rate par un nombre de branches qui varie depuis trois ou quatre jusqu’à sept ou huit, lesquelles, après un court trajet , se réunissent sur le pancréas en un seul tronc. Moins flexueuse que l’artère quelle accompagne, la veine splénique se porte alors transversalement de gauche à droite, et au-dessous d’elle audevant du pancréas, pour s unir à la mésentérique supérieure , au niveau de la colonne vertébrale. Dans sa marche elle reçoit les veines correspondantes » .

aux vasa breviora ; les veines

gastro-épiploïques droite et gauche, duodénales, pancréatiques, et petite mésaraïque ou mésentérique.

Cette dernière rapporte le sang de la partie gauche du colon transverse, du colon descendant et du rectum. Ses racines correspondant aux branches immédiates de l’artère mésentérique inférieure dont ellemême accompagne le tronc jusqu’au-dessus de l’S du colon.

Alors elle l’abandonne, remonte verticalement derrière le péritoine de la région lombaire gauche , passe entre le mésocolon transverse et la colonne vertébrale , s’engage sous le pancréas et s’unit à angle

VÉSALE

dextro dextri trunci latere , nunc vero a latere dextro venæ portæ caudicis , priusquam is in duos ejusraodi truncos dirimitur, vena quædara originem ducit, quæ priraum intestinorura, quod duodénum vulgo vocanms , numerosa sérié implicat. Hoc enim intestinum id ad medium fere ipsius longitudi nis primum contingens, deorsum ad reliquam intestini longitudinem paulo post ultra jejuni principium exporrigitur, et superiori membrana omenti, et glandoso corpore huic intestino adnato sufFulta, geniculatim intestinorum sedi , quam perreptat, ramulos dispergit , non negligens intérim glandulosum , quo sustinetur corpus, nam et illi et membranæ, qua prorepit, surculos quosdam impartitur.

presque droit avec la veine splénique.

•4°. Veine mésentérique supérieure entièrement disposée comme l’artère de ce nom. Elle est formée par toutes les veines de l'intestin grêle, et par trois veines qui sont désignées par la même dénomination. Ses racines constituent , dans l’épaisseur du mésentère, un réseau semblable à celui des ramifications de l’artère. Parvenu au bord adhérant du mésocolon transverse, son tronc s’engage sous le pancréas, et se réunit a angle obtus avec la veine splénique, après avoir reçu plusieurs veines duodénales et pancréatiques.

Nous n étendrons pas la citation au-delà, les autres parties du système de la veine porte étant décrites avec le même soin et les mêmes détails. Nous ne savons pas si nous nous trompons, mais nous sommes portés à croire que la comparaison que nous venons de faire entre la démonstration de l’anatomiste belge et celle de Lauth est toute à l’avantage du premier.

VÉSALE

CÀ.PUT. VI

Qvonam paclo venœ cavœ soholes in jecoris substantiel, portai venœ propaginibus committantur , quaque rations vena cavajecori cas soboles offerat.

Vésale démontre, contrairement à l’opinion de Galien, que la veine cave ne procède pas du foie, mais bien des cavités droites du cœur, et il expose les raisons qui viennent à l’appui de son opinion : Imo si non nimis anxie in Galeni verba mecum juraveris, procul dubio asseres , venant cavarn a corde deorsum per jecoris postenora ferri, atque ab hujus anteriore sede duas insignes vena s pullulare, numerosa sérié in jecoris substantiam diffusas, portœque venœ ramulis continuatas .

Ici Vésale trouve une nouvelle occasion de prouvei que l’anatomie de Galien ne s’applique qu’au singe. On sait que chez l’homme le péricarde adhère intimement au ccntu tendineux du diaphragme par le moyen cl un tissu cellulaire serré ; il n’en est pas de même chez les mammifères , à l’exception peut-être de l’orang , placé, après l’homme, le plus haut dans l’échelle. Chez eux le cœur est séparé du diaphragme par un assez grand intervalle:, il résulte de cette disposition que la veine cave inférieure présente beaucoup plus de longueur que chez l’homme. C’est ce que Vésale lait observer : In caudatis vero sirniis , et magis adh uc in canibus, amplum occurrit intervallum, inter septum

transver sum, et involucri cordis mucronem Proinde

quando Galeni descriptioncm canibus , nostram autem hominibus conférés, utramque veram esse fatebere.

Les chapitres VII et VIII traitent de la veine cave supérieure. On y admire surtout une description claire et concise de la veine azygos et de la demi-azygos.

VESA LE.

Les chapitres IX et X sont consacrés à la veine cave inférieure; le XI à la veine ombilicale; ce dernier chapitre est remarquable , et mérite de fixer l’attention des ovologistes. Vésale , prenant la veine ombilicale à son origine , nous la montre au moment de son apparition sur le chorion où elle forme la base du placenta : Quum itaque sernen tam maris quant fœminœ in uteri sinum receptum est } ac velutiformationem intégrant in se primum assmnit , etiam ab ipso membranula generatur, qnœ semini tanquam crassiori quopiam jam refrigerescenti jusculo circumdata , alicui uteri parti validius novoquodam vasorum interventu adnascitur. Arrêtons-nous ici un instant pour faire voir que ce passage renferme clairement l’indication de la membrane que l’on a cru depuis avoir été découverte par Hunter, et que l’on désigne encore aujourd’hui sous son nom de membrane caduque de Hunter. En effet , Vésale dit que l’œuf, immédiatement après sa formation dans l’utérus (1) s’enveloppe d une gelée ou d’une couenne , quœ semini tanquam crassiori quopiam jam refrigerescenti jusculo circumdata.

La veine ombilicale se trouve ainsi formée par les radicules qui se développent sur le point de l’œuf qui adhère à la matrice, radicules qui se mettent en rapport, ou plutôt s abouchent avec les vaisseaux utérins , de manière que dès ce moment l’enfant devient une partie intégrante du corps de la mei e . Uteri euiin vence ac arterioe sese in In jus nexus rcgione aperiunt , et communes statim fiant cum vasis in membranula ea formationem assumentibus , quœ toi numei o primum sunt} quoi vasorum ora inuterum tune

(1) Il aurait du dire, d’après son arrivée dans l’utérus.

YESALE.

sese aperiunt , vasisque illis novis continuantur ; cideo ut Inc fore umbilici nobis vocatœ venœ staluendum sit milium.

Quant à la terminaison de la veine ombilicale dans le corps du fœtus voici comment Yésale en parle : Post ipsum autem per umblicum ingressum } venu ab arteriis eoepte meatu recedit : et unteriori peritionœi sedi in internet ejus superficie nexa , versus jecur confondit , et hominiper p> opriam pcculiaremque rimant , oc dein foramen in jeciu fertur, ad ipsius usquecavum illuc pertinçjens, quaportœ venœ caudex ejecore labitur. Ubi heee umbilici vena bipartite scissa (si quid judico) in quemdam portee venœ ramum inseritur , illiusve ramis communis efficitur , perinde atque in canibus } et quibusdam alus animalihus . ab umbilici vena ,posteaquam umbilicum subiit, ramum quoque ad mesenteriieentrum deduci cernimus qui porta: venœ prœcipuo franco in mesenterium disperso committitur. On regrette de ne pas trouver dans cette description l’indication du canal veineux.

CAPUT XII

Unde arteria magna principium ducat , et in quos ramos ipsius ascendens pars digeratur.

Comme de nos ]Oui's, Yésale divise les artères en celles qui naissent de l’aorte, 1° à son origine, 2° de sa portion thoracique ; 5° de sa portion abdominale. Afin de mieux faire connaître cette partie importante de son anatomie , nous procéderons par citations , en ayant soin de mettre ses démonstrations en regard de démonstrations modernes.

VESA LE.

VÉSÀLE , 1542.

Magna igitur arteria in hoc ortu (a sinistro cordis ventriculo ) orbicularis est , hicque ipsius amplissima sedes et durior et cartilaginosior consistit.

Ipsaaulem arteria simula tqne enascitur, duos graciles promit surculos , qui coronæ modo , cordis basim una cum coronali vena amplectentes, cordi secundum ipsius longitudinem ramulos transfundunt

Coronalium arteriarum ortus post membranulas consistit , quas resumptionem spiritus sanguinisque , ex ipsa arteria in sinistrum cordis sinum proliibere credimus.

Postquam vero coronales deprompsit , à cordis basis cenlro sursum quodammodo sub venæ arterialis ( artère -pulmonaire) caudice conscendit : ac cordis involucrum perforons, bipartito scinditur, ac unam ipsius partent, quæ grandior est, deorsum ad quintam tboracis vertebrain et deinde per reliquam dorsi sedem detorquet, in omnes quæ cordi subsunt regiones , ramos exhibitura

At minor pars ( aorte as-

LAUTH, 1855

Artère aorte. L’artère aorte provient du ventricule gauche du cœur. Elle monte de gauche adroite, puis se dirige en arrière et à gauche du corps des vertèbres, de manière à décrire une courbe dont la concavité est dirigée en bas et à gauche; cette partie de l’artère a reçu le nom de crosse de l’aorte. La portion placée entre le cœur et la partie la plus élevée de sa courbure, est appelée aorte ascendante ; la portion qui redescend , est l’aorte descendante. C’est à peu près au niveau de la deuxième vertèbre dorsale que se trouve le point le plus élevé de la crosse.

Cette artère donne les branches suivantes :

Artères coronaires. Elles sont au nombre de deux et naissent de l’aorte dès son origine au cœur, au-dessus des valvules semi-lunaires.

Al tère innommée ou brachiocéphalique. Elle est la première de celles qui naissent de la convexité de la crosse de l’aorte.

Ce tronc artériel se dirige en haut et à droite , et après un trajet d’un pouce ou de dixhuit lignes , il se divise en deux branches : l’une ascendante qui est la carotide droite ; l’autre

VÉSALE

cendante ) sedibus supra cor repositis distnbuenda , sursum contendit : ac statim in progressu asperæ arteriæ innitens, ac venæ cavæ inter membranas tlioracem intersepientes substrata , ex sinistro ipsius latere raraum distribuit ( artère sous-clavière gauche ) , oblique sursum ad primant sinistri lateris costam exporrectum ; qui quidem , qua pulmoni accumbit, atque sinistræ tlioracem intersepienti membranæ alligatur , nullas dérivât propagines : verum simulatque primara thoracis attigit costam ab humiliori ipsius sede propaginem deorsum diffundit, quüc costarum radicibus attensa , in tria quatuor superiorum costarum sinistri lateris intervalla singulas soboles spargit ( première intercostale): a quibus rursus surculi in dorsalem medullam , et musculos thoraci vertebrisque hinc instratos excurrunt.

Cæterum ab elatiori sede ejus oblique ad primam costam conscendentis rami , alia enascitur propago , nuper commemorata multo amplior, quæ ad sinisjtrum septimæ cervicis vertebræ latus repens, in liujus lateris transversi processus foramen se inscrit : ac deinde per transversorum reliquarum vertebrarum processuum foramina

transversale ou sous - clavière droite.

Artère carotide gauche. Elle provient de la crosse de l’aorte à côté et à gauche de la précédente, et monte presque verticalement le long de la partie latérale du cou.

Artère sous-clavière gauche , fournie par la crosse , plus à gauche que la précédente et se dirige en dehors et en haut ; les branches qu’elle fournit sont :

La première intercostale. . . .

La vertébrale. Elle s’en détache au niveau de la première vertèbre dorsale ; elle monte ensuite pour s’engager dans le trou percé dans la base de l’apophyse transverse de la septième ou de la sixième vertèbre cervicale, et dans ceux des vertèbres placées au-dessus. Dans chaque espace inter- vertébral elle donne des rameaux externes poulies muscles du cou, et des rameaux internes ou artères spinales cervicales ; celles-ci liassent par les trous de conjugaison , dans le canal vertébral , ^ pour se ramifier sur la moelle épinière. Ensuite l’artère entre dans le canal vertébral.

Artère mammaire interne. 1 Elle est une des premières branches que fournit la sous-

VÉSALE

conscendens, perinde atque hac excurrens vena digeritur. Nam in progressa dorsali medullæ sureulos communicat, ea subingredientes foramina , quæ nervis emittendis rerum Opifex exsculpsit ( artères spinales cervicales ). Deinde et musculis cervicem hic occupantibus , ab ilia propagine ramuli quoque sparguntur ( artère cervicale ascendante )

Præter liane propaginemvertebris exporrectaiu , aliam ab anteriori ipsius sede pullulât, quæ pectoris ossis summum aceedens,ac sinistræ thoracem intersepientis membranæ adhærens, declivis perfertur secundum pectoris ossis sinistrum latus, qua ipsi costarum coarctanturcartilagines.Hæcpropago in eosdem omnino ramos digeritur, in quos venam bac repentem dispensari retulimus, præterquam quod nullæ soboles a præsenti propagine cutem accédant: nisi forsitan obscurissimæ et mihi hactenusparum repertæ in mamillæ corpus pertingant ( artère mammaire externe). Qua itaque liæc arteriæ propago pectoris ossi exporrigitur, verarum costarum cartilaginum intervallis ramos offert, a quibus alii ramuli in musculos assurgunt , cartilaginibus incumbentes. Deinde et ab hac

clavière. Après avoir donné quelques rameaux dans l’intérieur de la poitrine, elle descend à trois lignes en dehors du sternum , derrière les cartilages des côtes , et couchée sur la plèvre et sur le triangulaire du sternum; dans chaque intervalle intercostal l’artère mammaire interne fournit des rameaux appelés artères mammaires externes. Ces rameaux se dirigent en dehors , se distribuant aux muscles intercostaux , au grand et au petit pectoral , au triangulaire du sternum, «à la partie supérieure de l’oblique externe et du muscle droit , à la glande mammaire, à la peau, et s’anastomosent avec les branches antérieures des artères intercostales et des artères thoraciques.

Quand l’artère mammaire interne est arrivée au niveau du sixième cartilage costal , elle se divise en deux branches, dont l’une appelée artère musculoplirénique, se porte en dehors à angle droit , se distribue dans le diaphragme, dans les muscles obliques et transverses, et commun ique avec les rameaux des artères intercostales, lombaires et circonflexes iliaques.

L’autre branche est la continuation de la mammaire interne ; elle pénètre dans les

VÉSALE

propagine in 6ui lateris membranam, quæ thoracis cavitatem intersepit, et in glandium in jugulo repositum, surculi mittuntur.

Quod autem ipsius reliquum est, secundum sinistrura mucronatæ cartilaginis latus, thoracis cavitatem egreditur : et recto hic abdominis musculo subnatum, adumbilici quodammodo regionem concedit , in progressu utrinque 5 ad superiores abdominis partes ramulos offerens et juxta ombilicum in plures dissectum soboles ( artère mammaire interne ).

Nous devons relever ici une erreur qui tient peut-être à ce que Alésai e n’eût pas la ressource des injections qui rendent la démonstration des artères si facile. Il dit que l’aorte, après s’être dégagée du péricarde se divise immédiatement en aorte ascendante et aorte descendante , de manière qu’il place sa crosse au niveau de la cinquième vertèbre dorsale; considérant comme aorte ascendante la partie la plus élevée de cette crosse, d’où se détachent le tronc brachio-céphalique et les artères carotide primitive et sous-clavière gauches. Toutefois on voit qu’il y a peu d’artères que Yésale n’a pas connues et décrites; et cependant presque toute cette partie de l’anatomie a dû être refaite par lui. Admirables travaux accomplis à une époque où les autres hommes commencent à peine à apprendre ! !

parois du bas-venti’e , placée d’abord derrière le muscle droit et y prend le nom d’artère épigastrique supérieure . Ses rameaux se perdent dans les muscles du bas-ventre, descendent jusque vers l’ombilic et s’anastamosent avec ceux de l’épigastrique inférieure, de la musculo-phrénique et des lombaires.

VÉSALE

CAPUT XIV

Venarum nrteriarumque cercbri séries. Duree cerebri membranes sinuum usus.

Cujusmodi cerebri membranarum sint sinus.

Une très-ancienne opinion, puisqu’elle remonte jusqu au temps d’Hérophile , avait fait considérer les sinus de la duremère comme des pressoirs, servant a la fois a fouler dans le cerveau le sang et les esprits vitaux : c est cette opinion que nous voyons reproduite dans ce chapitre. Yesale commence par faire connaître la disposition de ces sinus ; il les présente comme des canaux triangulaires et compris dans les différents replis de la méninge fibreuse ; « Dura igitur cerebri mem- » brana, ubi quadam ipsius portione seu processu inter » dextram et sinistram cerebri partent consistit, ac dein inter » cerebrum et cerebellum implicatur, penitusque velut sep- » tum quoddam subintrat, sinus quosdam obtinet } venarum » modo oblongos, et venis calvariam petenlibus capaciores , » sed intérim venarum modo neutiquam teretes. Horum enim » sinuum cavitas , secundum ipsorum cluctus longitudinem )) insinuata , trianguli speciem exprimit , qui tribus costis » longitudine paribus , et instar quartæ partis circuli incur- » vatis constat. » Ces sinus ne font pas seulement l’office de veines , mais aussi d’artères ; examinés dans un animal vivant, ils présentent des pulsations manifestes. « Sinus isti » non solum venarum usum, sed et arteriarum quoque » præstant. Quanquam id a Galeno, cœterisque dissectionum » professoribus , liaud animadversum fuerit, quum illi hos » sinus venarum munere tantum fungi arbitrentur : neque » sinus eos arteriarum ri tu pulsare , et vivorum seclione, aut » vulneratorum inspectione observaverint. »

Ici Yésale est sous l’empire d’une erreur d’observation

VÉSALE

manifeste, et il prend pour des pulsations propres aux sinus les mouvements d’élévation imprimés à toute la masse cérébrale à chaque systole du cœur, comme Bichat la prouvé plus tard par ses belles expériences.

Venœ et arteriœ inprimum durœ memhranœ sinum eæhaustœ , ipsîus que sinus sériés.

Malheureusement une première erreur en entraine d autres à sa suite; c’est ainsi que Vésale crut que les sinus recevaient également les artères et les veines intra-crâniennes : Ouin etiam ipsis non videtur perspectum fuisse , in istos sinus et venus et arterias pariter exliauriri, suamque quant amplexantur et continent , niateriuni infundere. Les uns faisant office de veines, les autres d’artères. Vésale commence par décrire les veines qui se rendent aux sinus, d’où, comme d’un centre d’impulsion nouveau , elles doivent se distribuer aux differentes parties de l’encéphale. Pour plus d’intérêt nous rapprocherons ici la description qu’il donne des sinus latéraux ou transverses, de celle de Lauth.

VÉSALE

Sinus hic ocoipitis os.si semper attensus , secundum cerebelli circumscriptionem ex prioribus versus exteriora oblique retrorsum conscendit , et ilico in progressu quartam assurait vcnara , quam ab externa jugulari proprio foraraine calvariarn ingrcdi recensuimus.

( Veine émissaire qui traverse le trou mastoïdien pour communiquer avec les veines de l occiput.)

LAUTH

Sinus latéraux ou transverses.

Il y en a un de chaque côté , qui se contourne en dehors le long de la partie adhérente de la tente du cervelet , puis il se porte en bas et en dedans vers le trou déchiré postérieur, où il se termine dans le golfe de la veine jugulaire. Dans ce trajet le sinus latéral communique , au moyen d’une forte veine émissaire qui traverse le trou

VÉSALE

Præsens sinus hinc rursus mastoïdien , avec les veines de retrorsum modiceque sursum l’occiput.

instar quartæ circuli partis Pressoir d’Hérophile. Place protenditur, quousque elatissi- contre la protubérance occipimam cercbelli partem occipitis taie interne ; il reçoit le sinus ossi contiguam attingat : ibi- longitudinal supérieur et les dem enim dextri lateris sinus sinus droits, et donne naissancum sinistro coit, atque ex am- ce aux sinus latéraux, bobus una communis cavitas efficitur. Iste amborum sinuum congressus , occipitis ossi , quemadmodum et sinus ipsi , contiguus est, non quidem adamussira sub elatissima parte ejus suturæ, quam 1 assimilamus , verum multo liumilius , et propemodum in media regione consistit , quæ inter postremam foraminis , quo dorsalis medulla ducitur, sedem, et dictæ modo suturæ verticem habetur. Ex mutuo boc amborum sinuum congressu , alii duo exoriuntur sinus, etc

Ceux-ci sont les sinus longitudinaux supérieur et inférieur : Unus longior secundum ccipitis longitudinem

antrorsum procédât et deinde sub frontis ossis mcdio,

sinus ille protenditur usqne ad osseum septum } ah ossc etlimoîdali in calvariœ cavitatem deducto.

Le sinus longitudinal inférieur n’était pas connu des anatomistes , Yésale lut le premier à le décrire : Consistit m dura cerebri memhrana } ubi secundum cerebelli longitudinem , id est cerebrum , ad cas usque cerebri sedes intercedit , quas testium et clunium imagini assimilamus.

Le quatrième sinus est le droit. Vésale fait connaître

VÉSALE

ensuite les veines qui se rendent dans ces différents sinus . les veines cérébrales supérieures dans le sinus longitudinal supérieur ; celles de la surface plane des hémisphères dans le sinus longitudinal inférieur; les veines de Galien, les cérébelleuses supérieures et inférieures dans le sinus droit ; les cérébrales latérales et inférieures dans les sinus latéraux. Les veines émissaires auxquelles on a attaché cà tort le nom de Santorini, ne sont pas oubliées dans cette démonstration : Deinde ex elatissima tertii sinus sede , tenues admodum portiunculœ illis committuntur venis, quœ ex verticis cute in calvariam perexigua ipsorum

occasione insculpta foravnina procedunt.

Nous avons vu que Yésale croyait que les artères et les veines de la tête allaient également se rendre dans les sinus; parmi ces dernières, il distingue 1° la vertébrale qu’il poursuit depuis son insertion dans la jugulaire interne à travers les trous des apophyses transverses des vertèbres cervicales : Quce per transversos cervicis vertehrarum processus conscendens calvariam petit. 2° La jugulaire interne : Quœ cœteris calvariœ immissis venarum propaginibus crasswr ampliorque visitur, ac per grande foramen , quod etiam sexto cerebri nervorum pari paratum est , calvariam inqreditur. 3° La veine condyloïdienne , qui fait communiquer la veine jugulaire interne avec les sinus du cerveau. 4° La grande veine émissaire qui traverse le trou mastoïdien, et qui lait communiquer les sinus latéraux avec les Aeines jugulaires externes , par l’intermédiaire des veines occipitales. 5° La veine ophthalmique. 6° La veine orbitaire interne qui rentre dans la cavité de l’orbite par le trou orbitaire interne pour se rallier à la veine ophthalmique, mais à laquelle Yésale assigne un cours contraire. Les artères sont 1° les vertébrales : Yésale suppose qu’à leur entrée dans le crâne, clics vont se dégorger dans les sinus laté-

VÉSALE

raux. 2° La carotide interne : elle est bien décrite dans son trajet dans le canal carotidien, et à sa sortie, où elle fournit l'artère opbthalmique : les artères cérébrales antérieures et moyennes sont assez nettement indiquées, mais après l’avoir fait circuler par un grand nombre d’inflexions et de divisions dans les ventricules latéraux où elles contribuent à former les plexus clioroïdiens , Vésale les fait rentrer dans le sinus droit, conjointement avec les veines de Galien. De cette manière , comme nous l’avons déjà dit , il fait du confluent des sinus le grand pressoir d’où sont refoulés dans le cerveau le sang veineux et l’esprit vital destiné à l’élaboration des esprits animaux.

On voit qu’à côté de beaucoup de vérités on trouve dans ce chapitre plusieurs erreurs qu’il n’a pas été possible à Vésale d’éviter, tant à cause des doctrines reçues alors, qu’à cause de l'ignorance où l’on était de l’art des injections. Nous devrons remonter jusqu’à Willis pour trouver une description exacte des artères du cerveau.

De venci arteriali, et arteria venait.

Nous avons déjà vu que les anciens anatomistes, à partir dHerophile ont donné le nom de veine artérieuse à l’artère pulmonaire, se fondant sur la structure de ce vaisseau, et sur la nature du sang qu’il charie. Vésale définit cette artère : Venu itaque arterialis vas dicitur, ex elatiori sede dextri cordis ventriculi tn pulmonem numerosissima ramorum seme dkjestinn , sanguinemque in co cordis ventnculo elahoratum, pulmoni subministrans. Les veines pulmonaires que l’on croyait s’ouvrir dans l’oreillette droite du cœur par un seul tronc, reçurent le nom d artere veineuse , non plus cette fois à cause de leur

V ÉSALE .

structure , mais à cause clu fluide qu’elles rapportent au centre circulatoire. Vésalc la définit : Vas a sinistre latere basis sinistri cordis ventriculi egressum , sparsa etiam sohole in pulmonem discinditur, ac acre ex pulmone in sinistrum cordis ventriculum deferendo potissimum famulatur. On voit que cette définition est l’expression de la doctrine galénique ; de cette doctrine qui admet trois centres d’activité vitale, le foie, le cœur, et le cerveau, à l’exclusion des poumons auxquels il n est concédé qu une part tout-à-fait secondaire, celle de maintenir une uniformité de température , et d’empêcher celle-ci de trop s’élever. Les progrès de la chimie n’avaient pas permis encore de reconnaître la véritable action de ces viscères ; et ce ne fut que bien plus tard que l’immortel Lavoisier devait mettre

sur la voie de la source de l’hématose.

Yésale ne fait qu’indiquer dans ce chapitre la disposition générale de l’artère et des veines pulmonaires, se réservant d’y revenir dans le Vlme livre.

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